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 Semaine du 17 au 23 janvier 2007, numéro 645

 

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Opinion

Le drame somalien

Salama A. Salama

L’Italie s’est vivement opposée à l’attaque barbare lancée par les forces américaines contre la Somalie, pour la simple raison que ce pays était l’une de ses colonies. De plus, l’Union européenne l’a critiquée à cause de la mort de dizaines d’innocents et parce que cette attaque ne sert nullement à instaurer la paix dans l’est de l’Afrique. Le secrétaire général de l’Onu, Ban Ki-Moon, a aussi exprimé ses craintes envers le recours à la force armée. Par contre, les pays arabes et islamiques ainsi que la Ligue arabe dont la Somalie est membre, n’ont donné aucun signe de vie. C’est le silence de l’impuissance, car ils ont pris l’habitude de voir les pays étrangers s’ingérer dans leurs affaires internes et régionales.

Le fiasco de l’ingérence militaire américaine s’est répété à plusieurs reprises au cours des deux dernières décennies sous différents prétextes et arguments. Cependant, ils tournaient toujours autour de la défense des intérêts américains face au pouvoir soviétique dans l’est de l’Afrique avant le changement des conjonctures mondiales. En 1992, Washington avait lancé une opération appelée Rendre l’espoir (Restore hope) sous prétexte d’aider les victimes de la famine et de réinstaurer la paix dans une Somalie déchirée par des batailles sanglantes entre les chefs de guerre. L’Onu avait d’ailleurs pris part à cette campagne. Mais elle a abouti à un fiasco et 30 soldats américains ont été tués dans des batailles dirigées par Mohamed Farah Aïdid et leurs corps ont été exhibés à travers les rues de Mogadiscio. C’est alors que Clinton avait décidé de retirer ses troupes.

Puis, en 1998, à la suite de l’attaque des ambassades américaines au Kenya et en Tanzanie, la Somalie a été placée sous un vif contrôle, accusée d’abriter des éléments terroristes d’Al-Qaëda.

Les Etats-Unis n’ont jamais été loin des conflits internes en Somalie. Des conflits qui ne se sont jamais éteints entre les chefs de guerre d’une part et les islamistes d’autre part. Washington s’était alors empressé de soutenir les chefs de guerre qui ont pillé la Somalie et suscité l’hostilité de leur peuple. L’ingérence américaine a abouti à un échec flagrant et les Tribunaux islamiques sont sortis victorieux alors que l’on comptait des centaines de morts des deux côtés. Ce dont nous sommes témoins aujourd’hui est le dernier épisode de l’ingérence militaire américaine par procuration via l’Ethiopie. En effet, les Etats-Unis soutiennent financièrement et militairement ce pays pour lancer une offensive écrasante contre les islamistes. Ils ont participé à des raids aériens pour poursuivre ceux qui fuyaient et les empêcher de s’échapper à travers les frontières du Kenya.

Comme ce fut le cas en Iraq, les Américains ou les Ethiopiens ont apporté sur leurs chars un nouveau président somalien qui n’avait pas mis les pieds en Somalie depuis 1978. Sa première déclaration fut que les Etats-Unis avaient le droit de frapper n’importe où afin de poursuivre Al-Qaëda.

Chaque intervention militaire américaine survenait loin de la légitimité internationale. Puis, les Etats-Unis demandaient à des forces de l’Onu ou à des forces africaines de servir leurs objectifs. Mais, ils ne parvenaient toujours pas à instaurer la paix. Le fait qui se répètera certainement cette fois-ci. La présence des forces des Tribunaux islamiques a suscité la crainte de l’Egypte qui a béni l’intervention éthiopienne. Dans ce contexte, plusieurs questions s’imposent. Ce sont d’ailleurs les mêmes questions posées par le président érythréen dont le pays a subi des attaques éthiopiennes ces dernières années. Est-ce que l’Ethiopie est devenue la seule force régionale reconnue dans l’Afrique de l’Est ? Quelles sont les conséquences des équilibres fragiles autour d’elle ? Ceci signifie-t-il que l’influence égyptienne et arabe a entièrement disparu de l’est de l’Afrique ? .

 

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