|
|
| |
Le scepticisme l’emporte
La presse arabe de cette semaine revient sur le débat
relatif aux amendements constitutionnels proposés par le
président Moubarak.
« Ces amendements représentent un grand bond en avant dans
la vie politique égyptienne », « Ces propositions
s’adressaient aux ambitions du peuple de renforcer la
démocratie et le rôle du Parlement », « Attention aux
modifications formelles de la Constitution », « Les
amendements constitutionnels, un pas en avant, et deux pas
en arrière », « La fantaisie des amendements
constitutionnels », « Les illusions des amendements
constitutionnels », a notamment titré la presse de cette
semaine.
Entre scepticisme pour les uns et optimisme pour les autres,
le débat sur les amendements constitutionnels est loin de
faire l’unanimité. Certains, tels Mohamad Al-Hawari dans
Al-Akhbar, qualifient ces amendements constitutionnels de «
base et de fondement de toute réforme politique ». Le
chroniqueur Mahmoud Al-Tohami considère, quant à lui, les
amendements constitutionnels de simple « pas positif vers le
processus démocratique, et un plus dans la vie politique
égyptienne ».
Dans le magazine hebdomadaire Akher saa, Ahmad Kamal
Aboul-Magd, vice-président du Conseil national des droits de
l’homme, souligne que « les amendements constitutionnels
ouvrent la porte à d’autres réformes politiques pouvant se
réaliser à travers ces amendements ».
Mais tout le monde n’est pas aussi optimiste. Dans le
quotidien d’opposition Al-Wadf, Mohamad Elouane qualifie le
débat de « mensonge des amendements constitutionnels », où
il affirme que « le vrai problème n’est pas les amendements
constitutionnels ou même une loi pour les élections, mais
surtout d’entreprendre un changement radical dans les
institutions de l’Etat au niveau constitutionnel et
juridique ».
Pour de nombreux éditorialistes comme Gouda Abdel-Khaleq,
dans l’hebdomadaire Al-Ahali : « Ces articles en question ne
pourront jamais réaliser la démocratie tant que l’article 77
subsiste ». Rappelons que les articles 76 et 77 sont
relatifs respectivement aux conditions de l’élection du
président de la République et au nombre de mandats
présidentiels (l’article 77 doit limiter à deux le nombre de
mandats d’un président).
Dans le même ordre d’idées, l’éminent écrivain Gamal Badawi
s’interroge : « Comment parler d’amendements sans toucher à
l’article 77 ? Comment parler de maturité de la vie
politique avec un poste de président intouchable ? ».
« Y a-t-il une différence entre les amendements
constitutionnels et la réforme politique ? », titre le
quotidien indépendant Nahdet Misr.
Dans le quotidien Al-Ahrar, Abdel-Moncef Ismaïl appelle à «
un mécanisme permettant à l’opinion publique de s’exprimer
sur les amendements constitutionnels ». Dans ce même
quotidien, l’écrivain Nabil Zaki estime que « le PND amende
la Constitution pour le PND ». Et l’éditorialiste Magdi
Al-Daqqaq d’ajouter que « la réforme ne peut se faire sans
véritable participation politique ».
« L’appel à une réforme constitutionnelle n’est rien d’autre
que de la fantaisie politique ... Savoir qui a demandé ces
amendements n’a pas d’importance, car ils sont annoncés pour
être approuvés et appliqués et non pour être discutés et
ouvrir un dialogue. Le pouvoir exécutif ne doit pas avoir la
mainmise sur les deux autres pouvoirs judiciaire et
législatif », écrit Ibrahim Yousri sur un ton ironique, dans
l’hebdomadaire nassérien Al-Arabi. De sa part, Ahmad Taha,
dans le quotidien indépendant Al-Masri Al-Yom, craint que «
la mission des amendements constitutionnels ne soit laissée
aux tailleurs de lois du parti au pouvoir, car cela serait
alors un crime contre l’Egypte ».
Plus nuancé, Amr Al-Hamzawi explique dans le quotidien
londonien Al-Hayat que « les amendements ne constitueront
pas le passage vers une véritable réforme démocratique, car
la stratégie du parti au pouvoir reste sans limites, et
l’opposition nationale concède ses droits de résistance,
alors la porte des changements positifs reste suspendue ».
Le débat est loin d’être terminé .
Hoda
Ghali
|
|

|
 |
|
Plan Bush pour l’Iraq, l’échec annoncé
« Le Plan Bush pour l’Iraq, échec inévitable », « Bush,
c’est toi qui ne comprend rien », « Une stratégie d’échec
annoncée », « L’Iraq et l’arrogance de Bush », « La nouvelle
stratégie de Bush en Iraq est un message clair à Téhéran et
Damas », « La stratégie empoisonnée de Bush », titre la
presse. Nombreux experts, commentateurs et chroniqueurs ont
prédit, un peu partout dans le monde arabe, l’échec de la
plus récente mouture de la stratégie de déploiement
militaire américain en Iraq.
Pour sa part, l’écrivain Gamal
Badawi écrit, dans le quotidien
d’opposition Al-Wafd, qu’il
s’agit d’une « stratégie de l’idiotie ». « Bush a décidé
d’envoyer plus de 20 000 soldats, ignorant totalement le
refus du Congrès pour plus d’aventures vouées à l’échec,
désavouant le rapport Baker-Hamilton,
tout en bouchant les oreilles à toutes les opinions des
experts, penseurs et politiques qui ont très bien compris
que la situation militaire américaine en Iraq se détériore
de jour en jour », conclut Badawi.
D’autres éditorialistes voient dans la nouvelle stratégie de
Bush en Iraq, une « militarisation de la région ». « La
nouvelle stratégie que Bush a annoncée pour l’Iraq est en
fait un plan global pour la militarisation de la région afin
de la mettre en état de guerre », souligne pour sa part
Mohamad Al-Chebh, dans le
quotidien indépendant Nahdet
Misr. « La nouvelle guerre du président Bush n’est pas une
guerre contre le terrorisme en particulier, mais contre
l’Iran, la Syrie et leurs partisans au Hezbollah et au Hamas
», conclut Al-Chebh sur un ton
alarmant.
Dans la presse arabe, le ton n’est pas moins critique. Plus
agressif, le quotidien émirati Al-Khalij prédit aussi
l’échec, critiquant le président Bush qui, estime-t-il,
cherche par « une logique renversée » à commercialiser sa
nouvelle stratégie, oubliant que c’est sa guerre contre
l’Iraq qui a engendré la violence et l’extrémisme. Dans le
même contexte, Guéhad Al-Khazen écrit dans le quotidien
londonien Al-Hayat que « la nouvelle stratégie du président
Bush de la guerre contre l’Iraq et non en Iraq est une
stratégie vouée à l’échec, tout comme la précédente ». « Il
est facile d’affirmer avec certitude que l’avenir de la
nouvelle stratégie du président Bush en Iraq sera l’échec »,
déplore Elias Harfouche dans Al-Hayat, où il accuse les
dirigeants iraqiens d’être aussi responsables de la
situation dans laquelle se trouve l’Iraq actuellement.
Alors que le quotidien syrien Téchrine hausse le ton : « La
situation en Iraq est catastrophique, la stratégie de Bush
est catastrophique. Le peuple iraqien est le seul perdant »,
le quotidien qatari Al-Charq souligne pour sa part : « La
nouvelle stratégie en Iraq aurait dû pousser à une entente
avec la résistance iraqienne, qui s’étend de plus en plus,
et fixer un calendrier du retrait américain de l’Iraq ».
Dans le même contexte, l’éditorialiste d’Al-Alam Al-Yom,
Saad Hagrasse, affirme que le « président américain Bush est
noyé dans le bourbier iraqien ... mais on demande une
initiative pour sauver l’Iraq et non pas pour sauver les
forces d’occupation en Iraq ».
Enfin, le quotidien qatari Al-Raya rappelle pour sa part que
l’Iraq n’a pas besoin de davantage de troupes étrangères sur
son territoire, soulignant que « la solution n’est pas
militaire, mais politique ». « Il l’a détruit, et il nous
demande de le reconstruire ! », s’étonne Moustapha Chordi
dans Al-Wafd.
H.
Gh.
|
|