Al-Ahram Hebdo,Kiosque | Le scepticisme l’emporte 
  Président Salah Al-Ghamry
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 17 au 23 janvier 2007, numéro 645

 

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Le scepticisme l’emporte  

La presse arabe de cette semaine revient sur le débat relatif aux amendements constitutionnels proposés par le président Moubarak.

 

« Ces amendements représentent un grand bond en avant dans la vie politique égyptienne », « Ces propositions s’adressaient aux ambitions du peuple de renforcer la démocratie et le rôle du Parlement », « Attention aux modifications formelles de la Constitution », « Les amendements constitutionnels, un pas en avant, et deux pas en arrière », « La fantaisie des amendements constitutionnels », « Les illusions des amendements constitutionnels », a notamment titré la presse de cette semaine.

Entre scepticisme pour les uns et optimisme pour les autres, le débat sur les amendements constitutionnels est loin de faire l’unanimité. Certains, tels Mohamad Al-Hawari dans Al-Akhbar, qualifient ces amendements constitutionnels de « base et de fondement de toute réforme politique ». Le chroniqueur Mahmoud Al-Tohami considère, quant à lui, les amendements constitutionnels de simple « pas positif vers le processus démocratique, et un plus dans la vie politique égyptienne ».

Dans le magazine hebdomadaire Akher saa, Ahmad Kamal Aboul-Magd, vice-président du Conseil national des droits de l’homme, souligne que « les amendements constitutionnels ouvrent la porte à d’autres réformes politiques pouvant se réaliser à travers ces amendements ».

Mais tout le monde n’est pas aussi optimiste. Dans le quotidien d’opposition Al-Wadf, Mohamad Elouane qualifie le débat de « mensonge des amendements constitutionnels », où il affirme que « le vrai problème n’est pas les amendements constitutionnels ou même une loi pour les élections, mais surtout d’entreprendre un changement radical dans les institutions de l’Etat au niveau constitutionnel et juridique ».

Pour de nombreux éditorialistes comme Gouda Abdel-Khaleq, dans l’hebdomadaire Al-Ahali : « Ces articles en question ne pourront jamais réaliser la démocratie tant que l’article 77 subsiste ». Rappelons que les articles 76 et 77 sont relatifs respectivement aux conditions de l’élection du président de la République et au nombre de mandats présidentiels (l’article 77 doit limiter à deux le nombre de mandats d’un président).

Dans le même ordre d’idées, l’éminent écrivain Gamal Badawi s’interroge : « Comment parler d’amendements sans toucher à l’article 77 ? Comment parler de maturité de la vie politique avec un poste de président intouchable ? ».

« Y a-t-il une différence entre les amendements constitutionnels et la réforme politique ? », titre le quotidien indépendant Nahdet Misr.

Dans le quotidien Al-Ahrar, Abdel-Moncef Ismaïl appelle à « un mécanisme permettant à l’opinion publique de s’exprimer sur les amendements constitutionnels ». Dans ce même quotidien, l’écrivain Nabil Zaki estime que « le PND amende la Constitution pour le PND ». Et l’éditorialiste Magdi Al-Daqqaq d’ajouter que « la réforme ne peut se faire sans véritable participation politique ».

« L’appel à une réforme constitutionnelle n’est rien d’autre que de la fantaisie politique ... Savoir qui a demandé ces amendements n’a pas d’importance, car ils sont annoncés pour être approuvés et appliqués et non pour être discutés et ouvrir un dialogue. Le pouvoir exécutif ne doit pas avoir la mainmise sur les deux autres pouvoirs judiciaire et législatif », écrit Ibrahim Yousri sur un ton ironique, dans l’hebdomadaire nassérien Al-Arabi. De sa part, Ahmad Taha, dans le quotidien indépendant Al-Masri Al-Yom, craint que « la mission des amendements constitutionnels ne soit laissée aux tailleurs de lois du parti au pouvoir, car cela serait alors un crime contre l’Egypte ».

Plus nuancé, Amr Al-Hamzawi explique dans le quotidien londonien Al-Hayat que « les amendements ne constitueront pas le passage vers une véritable réforme démocratique, car la stratégie du parti au pouvoir reste sans limites, et l’opposition nationale concède ses droits de résistance, alors la porte des changements positifs reste suspendue ». Le débat est loin d’être terminé .

Hoda Ghali

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Plan Bush pour l’Iraq, l’échec annoncé

« Le Plan Bush pour l’Iraq, échec inévitable », « Bush, c’est toi qui ne comprend rien », « Une stratégie d’échec annoncée », « L’Iraq et l’arrogance de Bush », « La nouvelle stratégie de Bush en Iraq est un message clair à Téhéran et Damas », « La stratégie empoisonnée de Bush », titre la presse. Nombreux experts, commentateurs et chroniqueurs ont prédit, un peu partout dans le monde arabe, l’échec de la plus récente mouture de la stratégie de déploiement militaire américain en Iraq.

Pour sa part, l’écrivain Gamal Badawi écrit, dans le quotidien d’opposition Al-Wafd, qu’il s’agit d’une « stratégie de l’idiotie ». « Bush a décidé d’envoyer plus de 20 000 soldats, ignorant totalement le refus du Congrès pour plus d’aventures vouées à l’échec, désavouant le rapport Baker-Hamilton, tout en bouchant les oreilles à toutes les opinions des experts, penseurs et politiques qui ont très bien compris que la situation militaire américaine en Iraq se détériore de jour en jour », conclut Badawi.

D’autres éditorialistes voient dans la nouvelle stratégie de Bush en Iraq, une « militarisation de la région ». « La nouvelle stratégie que Bush a annoncée pour l’Iraq est en fait un plan global pour la militarisation de la région afin de la mettre en état de guerre », souligne pour sa part Mohamad Al-Chebh, dans le quotidien indépendant Nahdet Misr. « La nouvelle guerre du président Bush n’est pas une guerre contre le terrorisme en particulier, mais contre l’Iran, la Syrie et leurs partisans au Hezbollah et au Hamas », conclut Al-Chebh sur un ton alarmant.

Dans la presse arabe, le ton n’est pas moins critique. Plus agressif, le quotidien émirati Al-Khalij prédit aussi l’échec, critiquant le président Bush qui, estime-t-il, cherche par « une logique renversée » à commercialiser sa nouvelle stratégie, oubliant que c’est sa guerre contre l’Iraq qui a engendré la violence et l’extrémisme. Dans le même contexte, Guéhad Al-Khazen écrit dans le quotidien londonien Al-Hayat que « la nouvelle stratégie du président Bush de la guerre contre l’Iraq et non en Iraq est une stratégie vouée à l’échec, tout comme la précédente ». « Il est facile d’affirmer avec certitude que l’avenir de la nouvelle stratégie du président Bush en Iraq sera l’échec », déplore Elias Harfouche dans Al-Hayat, où il accuse les dirigeants iraqiens d’être aussi responsables de la situation dans laquelle se trouve l’Iraq actuellement.  Alors que le quotidien syrien Téchrine hausse le ton : « La situation en Iraq est catastrophique, la stratégie de Bush est catastrophique. Le peuple iraqien est le seul perdant », le quotidien qatari Al-Charq souligne pour sa part : « La nouvelle stratégie en Iraq aurait dû pousser à une entente avec la résistance iraqienne, qui s’étend de plus en plus, et fixer un calendrier du retrait américain de l’Iraq ». Dans le même contexte, l’éditorialiste d’Al-Alam Al-Yom, Saad Hagrasse, affirme que le « président américain Bush est noyé dans le bourbier iraqien ... mais on demande une initiative pour sauver l’Iraq et non pas pour sauver les forces d’occupation en Iraq ».

Enfin, le quotidien qatari Al-Raya rappelle pour sa part que l’Iraq n’a pas besoin de davantage de troupes étrangères sur son territoire, soulignant que « la solution n’est pas militaire, mais politique ». « Il l’a détruit, et il nous demande de le reconstruire ! », s’étonne Moustapha Chordi dans Al-Wafd.

H. Gh.

 

 




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