Foire Internationale du Livre du Caire.
Au-delà du nombre des 26 pays articipants à la 39e édition,
des 667 éditeurs, et des 400 activités, la Foire mise cette
année sur l’Italie, l’invitée d’honneur, avec un programme
culturel ambitieux.
Une édition aux connotations italiennes
Pour
la deuxième année, la Foire du livre du Caire qui ouvre ses
portes le 23 janvier continue avec la tradition de l’invité
d’honneur, après l’Allemagne l’an dernier.
Cette désignation prend une importance particulière avec des
relations solides confirmées par l’année Egypte-Italie. Et
si on ne cesse d’évoquer à l’échelle internationale la
nécessité du dialogue des cultures et de la diversité
culturelle, l’occasion se présente par le portail de la
culture, puisque ce n’est pas par hasard que les
connaisseurs ont jadis dit : on connaît un pays par le biais
de sa culture, en regardant le cinéma de ce pays, en se
rapprochant de ses livres, c’est-à-dire de sa sagesse.
Tous les jours auront lieu des rencontres entre des
écrivains égyptiens et leurs homologues italiens discutant
d’un thème comme la langue d’origine dans l’écriture entre
l’Italien Ernesto Ferrero et l’Egyptien Gamal Ghitani, ou
échangeant avec les auditeurs leurs univers littéraires
réciproques, comme c’est le cas avec Alaa Al-Aswani, auteur
de L’Immeuble Yacoubian face à Antonio Tabucchi, l’un des
romanciers italiens les plus lus en France, connu par ses
positions contre la politique Berlusconi, et lauréat du prix
Médicis en 1995 (1er février à 18h à l’Institut italien à
Zamalek). Un face à face entre Gamal Al-Ghitani et Claudio
Magris, auteur de Danube, et du roman traduit vers l’arabe
Vous allez comprendre, fasciné dans ses romans par un
mélange de l’histoire et de la vision philosophique du
voyage (le 29 janvier à 18h à l’Institut italien). Ou une
orientation plus jeune parmi les romanciers comme avec Ahmad
Al-Aïdi, Hamdi Al-Gazzar, Soheir Al-Massadfa, accompagnés du
grand Khaïri Chalabi, face à Niccholo Ammanitti, Silvia
Ballestra, Titziano Scarpa (le 3 février, à 17h à l’Institut
italien)
Au-delà du souci littéraire, le programme italien œuvre à
toucher les différents domaines du savoir philosophique,
politique, social et médiatique. Ainsi des tables rondes
seront consacrées à la traduction et au patrimoine
littéraire, que ce soit en Occident ou dans le monde arabe
avec des spécialistes comme le critique Sabri Hafez d’Egypte,
le poète et traducteur Khadim Jihad et l’arabisante et
professeure de littérature arabe à l’Université de Palerme
Monica Ruocco, (25 janvier à 17h, pavillon 15). Ou encore
sur la place de l’orientalisme aujourd’hui, « a-t-il
toujours le même rôle qu’auparavant ? », animé par Hassan
Hanafi, penseur et professeur de philosophie, Saadeddine
Ibrahim, directeur du Centre Ibn Khaldoun, Michele Capasso,
présidente de la Fondation de la Méditerranée (25 janvier à
14h30 au pavillon italien).
Ainsi la culture italienne veut se présenter dans tous ses
états, que ce soit à l’Opéra du Caire, avec des concerts
comme celui de guitare et de oud de Carlo Ambrosio et
Gabrieli Corcchioti, ou des pièces de théâtre comme au
théâtre Hanaguer qui monte entre autres L’art de manœuvrer
avec votre patron pour relever votre salaire (jeudi 25
janvier à 20h). La galerie Ofoq au musée Mohamad Khalil
donnera une exposition « Le livre de l’artiste et le
graphique de l’auteur » avec à partir du 25 janvier
(inauguration à 19h) une série rare de graphiques de grands
artistes italiens.
La traduction, pilier du dialogue
Renforcer le dialogue dépendra essentiellement de la
traduction, « sinon c’est un monologue », comme le précise
Adelia Rapsoli, directrice de l’Institut culturel italien.
En coopération avec la GEBO, avec le Conseil suprême de la
culture ou avec de nombreuses maisons d’édition privées,
l’Institut a assuré la traduction des œuvres italiennes en
arabe, notamment des écrivains invités. Comme Nocturne
indien d’Antonio Tabucchi, édition le Conseil suprême de la
culture, l’œuvre complète d’Ungaretti, édition Merit, un
récit d’Italo Calvino, édition GEBO, etc. Pour cette
occasion la maison d’édition Jouvence consacrée à la
littérature arabe contemporaine présente la traduction de
Beit al-yasmine (maison de jasmin) d’Ibrahim Abdel-Maguid et
de Fassad Al-Amkena (la corruption des lieux) de Sabri
Moussa. Cette petite maison aux grandes ambitions a déjà à
son actif Ibrahim Aslane, Salwa Bakr, Mohamad Al-Bossati,
Bahaa Taher et Méguid Toubia, qui seront dans un colloque
avec l’orientaliste Isabella Camera d’Afflitto (le 25
janvier au pavillon italien à 16h30).
Ajoutons que le nouveau prix décerné par l’Institut de la
Méditerranée à Naples pour la littérature et la critique
témoignera d’un élan pour les traductions dans les deux
langues arabe et italienne. Ce prix fondé en 1997 dans les
domaines de la paix, la culture, la diplomatie,
l’architecture et les institutions, accorde une importance
particulière à partir de 2006 à la traduction. Ce prix
repose principalement sur l’égalité de la culture et de
l’échange entre les deux rives de la Méditerranée, et vise
une connaissance plus approfondie de l’autre.
Dina
Kabil