Télévision . « Beeaty », la première chaîne
arabe consacrée à l’environnement, fait ses débuts
via le satellite cette semaine. Ses dirigeants saoudiens sont persuadés
de combler un vide. Reste à savoir si l’audience suivra.
Le 100 % vert tente sa chance
Connaissez-vous la chaîne de télé
Beeaty, spécialisée dans l’environnement ? Non ?
Rassurez-vous, vous faites partie de la majorité et vous avez une bonne
excuse : Beeaty (mon environnement) vient d’être lancée sur
les satellites NileSat et ArabSat. Etes-vous alors naturellement attirés
par les sujets environnementaux ? Pas forcément. «
L’environnement en lui-même est un sujet qui ne
m’intéresse pas beaucoup. Je suis plutôt curieux de savoir
ce qui se passe dans le monde, aux niveaux politique, social et sportif
», indique Sameh, ingénieur. Pourtant, il ajoute que si jamais
Beeaty diffuse des programmes intéressants et qu’elle n’est
pas trop scientifique, elle pourra fidéliser des spectateurs. Le Dr
Ibrahim Abdel-Guélil, ex-directeur de l’Agence Egyptienne pour les
Affaires de l’Environnement (AEAE) et professeur à
l’Université arabe du Golfe (Bahreïn), n’est pas
vraiment optimiste quant à la création de cette chaîne.
« Je pense qu’il est efficace de diffuser des programmes sur
l’environnement sur toutes les chaînes et non pas seulement sur une
seule spécialisée », avance-t-il. « A mon avis, il faut
en fait intégrer les causes de l’environnement dans les films et
feuilletons, c’est-à-dire de manière indirecte. Je me
souviens d’un film de Julia Roberts qui tournait autour d’un
problème purement environnemental, celui du versement des déchets
industriels dans les cours d’eau. Ce film est une vraie merveille, il
prouve que les causes de l’environnement peuvent constituer le sujet
d’une trame dramatique à condition qu’elles soient bien
traitées », assure encore le Dr Abdel-Guélil.
Programmes
variés
Malgré les déclarations
réservées de cet expert, les responsables de Beeaty sont certains
de la réussite de leur chaîne. « Beeaty n’est pas
simplement une chaîne satellite. C’est un réseau
d’informations et un site Internet qui sera la première référence
arabe d’informations sur l’environnement et la météo.
Nous avons une mission et une vision bien claires. Nous travaillons de toutes
nos forces pour constituer une chaîne arabe capable de concurrencer les
chaînes étrangères spécialisées »,
déclare Yasser Al-Kholi, directeur exécutif de Beeaty. La
chaîne est financée par la présidence
générale de la météorologie et de
l’environnement, organisme responsable de l’environnement en Arabie
saoudite. Le PDG de la chaîne est lui-même le ministre de
l’Environnement saoudien, le prince Turk bin Nasser bin Abdel-Aziz.
Les responsables travaillent, eux, jour et nuit pour que
la chaîne démarre sur les chapeaux de roues. Pour réaliser
cela, les responsables ont recours à différentes expertises, pour
la conception des programmes ou encore la formation des présentateurs.
Et selon les responsables, les programmes de Beeaty sont variés. Deux
grands programmes, un quotidien nommé Tawazone (équilibre)
couvrira toute l’actualité environnementale aux niveaux
régional et international. L’autre sera hebdomadaire et
dénommé Machakel al-holoul (problèmes des solutions). Il
abordera chaque semaine un problème environnemental en exposant les
points de vue différents de deux responsables qui se rencontreront en
face à face. Il renfermera également une enquête et deux
bilans sur le problème en question. De plus, tout un secteur sera
responsable de regrouper les informations environnementales pour le journal
quotidien de la chaîne.
La création de cette chaîne est un
événement important. Car pour la première fois une
chaîne spécialisée dans l’environnement et la
météo est initiée par le monde arabe. Mais le vrai
défi des responsables est de réussir à attirer les
spectateurs arabes. Ce qui ne pourra se faire que grâce à une
offre attirante.
Dalia Abdel-Salam
En bref
Arborisation
Le département central d’arborisation et de l’environnement relevant du ministère de l’Agriculture et de la Bonification des terres en Egypte exécute actuellement un plan national visant à créer des forêts naturelles et artificielles afin de se débarrasser en sécurité des eaux du drainage sanitaire. Selon les rapports du ministère, il y a à ce jour 10 forêts cultivées sur une superficie de 685 feddans (0,42 hectares) dans les régions de la Vallée Allaqi, Assouan, Louqsor, Sohag, Guiza, la Nouvelle Vallée, Ménoufiya, Ismaïliya et Arich. D’autres seront cultivées sur une superficie de 4 255 feddans à Marsa Matrouh et Assiout.
Sangliers
Le Haut Commissariat aux eaux et forêts et à la lutte contre la désertification au Maroc a indiqué, la semaine dernière, que le pays connaissait une prolifération spectaculaire des sangliers, dont 4 447 ont été abattus durant la saison 2005-2006. La cause n’est autre que la disparition des prédateurs du sanglier dont la panthère, le guépard et la hyène, qui se sont réduits à des populations reliques. Le Haut Commissariat aux eaux et forêts, rattaché au premier ministre, a pris des mesures visant à diminuer les effectifs en autorisant la chasse au sanglier tous les jours pendant la saison de chasse, à l’exception du vendredi. Outre les sangliers, 355 renards et 210 chacals ont été éliminés durant la saison 2005-2006. L’intervention des Eaux et forêts vise à assurer, par des battues de régulation, la pérennité de certaines espèces de gibier et en protéger l’élevage.
Riziculture
Le gène responsable d’une résistance majeure du riz contre le virus de la panachure jaune (qui cause une importante diminution de rendement pour la riziculture du continent africain) a été identifié par Laurence Albar, généticienne à l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD, France). Les chercheurs ont montré que chez quelques variétés, de petites mutations dans une zone particulière de ce gène sont responsables de la résistance. Selon les hypothèses préalables chez une variété sensible à l’infection, le virus interagit avec le facteur codé par le gène Rymv1 et l’utilise à son propre avantage. Ces recherches permettront de faciliter le transfert de ce gène par croisements entre variétés résistantes et sensibles. Ce résultat ouvre d’importantes perspectives pour la compréhension du mécanisme de résistance et l’utilisation de ce gène en sélection variétale par des partenaires, comme l’ADRAO (Centre du riz pour l’Afrique) et les instituts de recherche nationaux d’Afrique et de Madagascar.
Ressources
L’organisation de l’Onu, chargée de veiller sur les espèces en voie de disparition, a annoncé la semaine dernière que les exportations légales de caviar de la mer Caspienne allaient pouvoir reprendre cette année après avoir été interdites en 2006 pour tenter d’enrayer l’épuisement de la ressource, a été annoncé mardi à Genève. Le caviar le plus cher du monde, le béluga (près de 1 800 euros pour 250 grammes), reste cependant pour le moment interdit d’exportation par le secrétariat de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages (CITES).