Al-Ahram Hebdo, Egypte | Défaillances sanitaires ou complot politique ?
  Président Salah Al-Ghamry
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
Nos Archives

 

 Semaine du 17 au 23 janvier 2007, numéro 645

 

Contactez-nous Version imprimable

  Une

  Evénement

  Enquête

  Dossier

  Nulle part ailleurs

  Invité

  Egypte

  Economie

  Monde Arabe

  Afrique

  Monde

  Opinion

  Kiosque

  Société

  Arts

  Idées

  Littérature

  Visages

  Environnement

  Voyages

  Sports

  Loisirs

  Vie mondaine

  Echangez, écrivez



  AGENDA


Publicité
Abonnement
 
Egypte

Affaire Haydelina. Le Parlement a levé l’immunité du député et homme d’affaires Hani Sourour. Sa société est accusée d’avoir mis sur le marché, via le ministère de la Santé, des poches non-conformes aux normes destinées à contenir du sang.  

Défaillances sanitaires ou complot politique ?

L’Assemblée du peuple a approuvé cette semaine la levée de l’immunité parlementaire de l’homme d’affaires et député Hani Sourour, et ce à la demande de ce dernier. Membre du comité des politiques du Parti National Démocrate (PND, au pouvoir), Sourour est accusé d’avoir fourni à des hôpitaux publics des poches non-conformes aux normes et destinées à contenir du sang par le biais de Haydelina, une société d’équipements médicaux dont il est le propriétaire.

L’affaire avait éclaté au grand jour la semaine dernière lorsque, suite à une plainte présentée par la chef du département des affaires juridiques au ministère de la Santé, le Parquet a requis la levée de l’immunité du député afin qu’il puisse être entendu.

Selon la plainte en question, Haydelina aurait fourni à partir de mars 2006 et en vertu d’un accord avec le ministère de la Santé, 300 000 poches de sang non-conformes aux normes. Les poches en question, fabriquées en plastique, sont revêtues d’une matière qui, en contact avec le sang accentuerait les risques de leucémie. Elles comprendraient d’autres défauts techniques, comme l’épaisseur exagérée de l’aiguille. Faten Moftah, directrice du Centre national de transfusion sanguine, souligne : « Il faut être très vigilant car cela peut donner lieu à des cas de cancer et à des intoxications ».

Il y a quelques mois, un député du PND, Heidar Boghdadi, avait soulevé la question en présentant une interrogation au Parlement sur les produits de la société Haydelina. Bien que certaines banques de sang se soient plaintes au sujet de ces poches, le ministère de la Santé a continué à les distribuer aux hôpitaux. Mais face à la multiplication des plaintes, le ministère a formé une commission d’enquête qui a reconnu certains défauts de fabrication. Le ministère a alors demandé à la société Haydelina de reprendre les poches qui n’avaient pas été utilisées et de les remplacer par d’autres sans défauts. Cependant, 32 000 poches sur les 300 000 fournies par Haydelina avaient déjà été utilisées dans les hôpitaux.

L’affaire suscite bien des remous au sein de la classe politique. Certains estiment que l’existence de défauts techniques n’incrimine pas le propriétaire de la société. « Les normes de fabrication des poches de sang ne sont pas encore bien définies en Egypte, c’est un domaine relativement nouveau », explique Hamdi Al-Sayed, président du Syndicat des médecins et député du PND. Soucieux de contenir cette affaire, le ministre de la Santé, Hatem Al-Gabali a affirmé que Hani Sourour a été pénalisé. « Le ministère a arrêté de traiter avec la société Haydelina et en plus Sourour a été tenu de fournir à ses frais les besoins de 4 mois en poches de sang », a déclaré le ministre.

Hani Sourour crie quant à lui au complot. « S’il y a des défauts techniques, je suis prêt à assumer la responsabilité mais pourquoi cette affaire a été soulevée seulement maintenant, 4 mois après les faits. Il est évident que certains veulent me causer des ennuis pour m’éloigner du Parlement. Je crois aussi que certaines sociétés étrangères ne veulent pas que des compagnies égyptiennes réussissent dans cette industrie », explique-t-il.

Dans les rangs de l’opposition, les critiques vont bon train. Pourquoi le ministère de la Santé n’a-t-il pas examiné ces poches avant de les distribuer aux hôpitaux surtout que cette société, Haydelina, s’engageait dans la fabrication de ce genre de produits pour la première fois ? Et Aussi, pourquoi le ministère de la Santé n’a-t-il pris aucune mesure légale contre la société et son propriétaire Hani Sourour ? « C’est une affaire de santé publique qui aurait dû être traitée avec plus de transparence », affirme Hussein Abdel-Razeq, secrétaire général du parti du Rassemblement unioniste progressiste (UPI, gauche). Selon lui, les circonstances qui entourent cette affaire indiquent qu’il y a eu négligence et manque de transparence. « Je crois que le ministre de la Santé doit présenter sa démission au moins jusqu’à ce que l’enquête soit terminée. Nous savons que Hani Sourour était médecin à l’hôpital que dirigeait le ministre avant d’intégrer le gouvernement », assure Hussein Abdel-Razeq. Et d’ajouter : « Certains députés du PND ont dit qu’il n’y avait pas eu de crime. Mais mettre en danger la santé des Egyptiens n’est pas une chose avec laquelle on peut jouer ». Quoi qu’il en soit, cette affaire a levé le voile sur l’absence de contrôle par le ministère de la Santé sur les fournitures médicales.

Ola Hamdi

Retour au sommaire

3 questions à
Heidar Boghdadi, député du PND, qui a présenté une interrogation sur les produits de la société Haydelina.

Al-Ahram Hebdo : Vous êtes accusé par certains d’agir pour le compte de compagnies étrangères afin de compromettre la réputation de Hani Sourour et d’entraver l’industrie nationale des équipements médicaux. Qu’en pensez-vous ?

Heidar Boghdadi : Ces accusations ne sont basées sur aucun fait. Certains ont dit qu’il y avait un différend entre moi et Hani Sourour et que je voulais lui causer des ennuis dans sa circonscription. Eh bien non, que l’on ne mélange pas les choses. Je suis député de la circonscription de Gamaliya et de Manchiyet Nasser pour les ouvriers et Hani Sourour est député de la circonscription d’Al-Daher. Il n’y a donc aucun conflit d’intérêts. C’est une tentative de politiser l’affaire. En plus, dire que je travaille pour le compte de compagnies étrangères est, permettez-moi de le dire, une rigolade. Celui qui agit ainsi doit avoir des liens avec ces compagnies, parler des langues étrangères et partir à l’étranger. Or, ce n’est pas mon cas.

— Vous avez demandé l’année dernière la levée de l’immunité parlementaire de Hani Sourour, mais le Parlement avait refusé et cette fois-ci il a accepté. Qu’en pensez-vous ?

— J’ai présenté mon interrogation l’année dernière après avoir pris connaissance que l’Organisme américain des aliments et des médicaments avait publié sur Internet un rapport indiquant que certains équipements de la compagnie Haydelina n’étaient pas conformes aux normes. J’ai demandé simplement qu’une enquête soit ouverte. Mais le Parlement a décidé d’envoyer une délégation à l’usine de Haydelina. Si l’année dernière, je n’étais pas en mesure de vérifier moi-même l’information, nous avons aujourd’hui les rapports de cinq universités égyptiennes assurant que les poches de sang produites par cette société ne sont pas conformes aux normes.

— Est-ce que vous avez eu des problèmes au sein du PND suite à votre position contre Sourour qui est membre du comité des politiques du parti ?

— Non, j’ai intégré le PND avec une condition, celle d’être libre de présenter des interpellations contre n’importe qui même au sein du gouvernement et de dénoncer la corruption. Et ils ont accepté mes conditions .

Propos recueillis par O. H.

 




Equipe du journal électronique:
Equipe éditoriale: Névine Kamel- Howaïda Salah - Chourouq Chimy
Assistant technique: Karim Farouk
Webmaster: Samah Ziad

Droits de reproduction et de diffusion réservés. © AL-AHRAM Hebdo
Usage strictement personnel.
L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la Licence

de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.