Al-Ahram Hebdo,Monde | L’Asie de l’est en quête de stabilité
  Président Salah Al-Ghamry
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 12 à 18 avril 2006, numéro 606

 

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Asean . Deux questions ont dominé les travaux du 12e sommet des dirigeants de la région Asie-Pacifique : la lutte contre le terrorisme et la crise nucléaire de la Corée du Nord.

L’Asie de l’est en quête de stabilité

Lutte antiterroriste, crise coréenne, problèmes de dépendance énergétique. Le 12e sommet de l’Asean, qui s’est tenu dimanche et lundi derniers aux Philippines, s’est penché sur de nombreux sujets variés, mais n’est parvenu à des progrès que dans quelques domaines. Lors de ce sommet, qui a regroupé les chefs d’Etat et de gouvernement des dix de l’Asean (Malaisie, Indonésie, Philippines, Singapour, Thaïlande, Brunei, Laos, Vietnam, Cambodge Birmanie) et leurs six partenaires régionaux privilégiés (Chine, Japon, Corée du Sud, Inde, Australie et Nouvelle-Zélande), le sujet du terrorisme s’est imposé. D’autant plus que le mercredi précédant la réunion, une série d’attentats à la bombe non revendiqués ont tué 7 personnes dans l’île de Mindanao aux Philippines. Aucun lien formel n’a été établi avec le sommet, mais la date de l’attentat correspondait à l’ouverture des rencontres asiatiques. En décembre, le sommet avait déjà été annulé au dernier moment pour cause de risque terroriste. Le contexte se prêtait donc à une décision, et les ministres ont approuvé lors du sommet un texte renforçant la coopération entre Etats membres, en particulier pour le contrôle des flux financiers. Ce texte encourage le partage d’informations, et incite à un contrôle renforcé aux frontières. En outre, le document impose aux membres des efforts joints pour l’identification des flux financiers suspects, et fait office d’accord d’extradition régional entre les membres de l’Asean, pour les actes reconnus comme terroristes par la convention. Ce document vient compléter — de façon beaucoup plus concrète — les condamnations prononcées jusqu’à maintenant par l’organisation, et le site Internet créé en 2005 pour le partage d’informations.

Pour ce qui est de la Corée du Nord, le message envoyé à Pyongyang est clair : les membres de l’Asean soutiennent les résolutions onusiennes et demandent à Pyongyang d’abandonner son arsenal nucléaire pour favoriser la paix et la stabilité régionales. L’organisation a également exprimé son soutien à la résolution des Nations-Unies de non-prolifération nucléaire en Asie. Ce sujet a été traité en détail lors du sommet « Asean+3 » dans l’après-midi de dimanche, en présence de la Chine, de la Corée du Sud et du Japon. La Corée s’était engagée en décembre 2005 à renoncer à son arsenal en échange de garanties de sécurité, puis s’était rétractée en réclamant préalablement une suppression des sanctions américaines. Les discussions reprises en décembre 2006 après le premier essai nucléaire n’ont pas permis d’avancées.

En revanche, l’organisation s’est montrée beaucoup plus mesurée envers la Birmanie, dont les violations des droits de l’homme sont régulièrement pointées par les ONG et, plus récemment, au sein de l’Onu. Les Etats-Unis ont, en effet, présenté vendredi dernier un projet de résolution visant à encourager la réforme démocratique au Myanmar. Cette résolution a été rejetée par la Russie et la Chine, alliées traditionnelles du pays au sein de l’Onu. L’Asean a certes appelé à la libération des prisonniers et à « progresser vers la réconciliation nationale », mais le communiqué final de l’organisation insiste sur la volonté de « gérer les problèmes importants au sein de la région », afin de démontrer sa pertinence. La déclaration finale est donc beaucoup moins ambitieuse que le texte de la réunion préparatoire des ministres des Affaires étrangères, qui demandait explicitement la libération d’Aung San Suu Kyi, principale opposante au régime.

Enfin, l’Asie du Sud-Est pourrait voir naître la plus grande zone de libre-échange au monde. Le sommet a en effet abouti à un nouvel accord avec la Chine, qui devrait ouvrir ses frontières aux pays de l’Asean dans le secteur des services : banques, tourisme, immobilier, santé, transports et technologies de l’information. Cet accord s’ajoute à celui de 2002 sur le commerce des biens. Les membres de l’Asean ont également avancé la date de création du marché commun à 2015.

Les membres se sont également mis d’accord sur le principe de la rédaction et adoption d’une charte, qui pourrait donner une existence juridique à l’Asean. Le premier ministre adjoint de Singapour exprimait ainsi son inquiétude quant à l’avenir de l’organisation avant le sommet : « si l’Asean ne se réforme pas, je pense qu’à partir d’un certain moment elle ressemblera à toutes ces organisations promises à une lente disparition ».

Laure Jouteau

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