Al-Ahram Hebdo,Arts | Treize ans de réflexion
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 Semaine du 17 au 23 janvier 2007, numéro 645

 

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Arts

Exposition. Réda Abdel-Salam revisite des œuvres réalisées lors de la deuxième guerre du Golfe. Alliant peintures et collages, il aborde son obsession : les conflits entre les êtres humains.  

Treize ans de réflexion 

Témérité, hardiesse et énergie s’en dégagent. Les œuvres de Réda Abdel-Salam se veulent fougueuses au niveau de la couleur, de la forme, de la technique et de la thématique. Cet artiste, professeur à la faculté des beaux-arts, est toujours soucieux des conflits entre humains. A travers ses tableaux grand format, réalisés dans les années 1990, variant entre peintures et collages, il se livre à un jeu d’assemblage très contrasté. Le tout s’incruste d’une touche de modernité. « J’ai conçu cette série à partir de la deuxième guerre du Golfe ; elle traite dans son ensemble des problèmes actuels et chroniques : ruine, mort, conflit humain. Maintenant et après 13 ans, j’ai pris la décision de revisiter ces œuvres que j’ai longtemps délaissées dans mon atelier et de les soumettre à un jeu d’assemblage, surtout que j’ai constaté que les conflits dans le monde ne finissent jamais. Voici la guerre d’Afghanistan, de l’Iraq, de la Palestine … », souligne Réda Abdel-Salam.

Avec une nouvelle vision, plus contemporaine et plus mûre, l’artiste a alors repris ses tableaux, 13 ans plus tard. « Ce sont des tableaux non soumis au temps ni aux lois. Ils constituent un espace ouvert, au temps illimité et infini. Et sont capables d’exprimer les événements mondiaux ou régionaux qui nous angoissent chaque jour et qui peuplent notre inconscient. Ils n’enregistrent pas d’incident, mais esquissent une réaction vis-à-vis de la réalité », ajoute-t-il. L’essentiel pour Abdel-Salam c’est la force de la structuration, l’architecture de l’œuvre, basée sur des lignes et des formes abstraites.

La palette de Abdel-Salam est riche et condensée ; ce sont des couleurs sombres, qui chagrinent, comme le noir ou le gris. Ce choix de couleurs n’est pas sans dévoiler la souffrance de l’artiste. « Qu’est-ce qui reste du bon vieux temps ? Rien. Des débris, des décombres, des ruines, des objets éparpillés », dit-il. Cependant, Réda Abdel-Salam ne s’attarde pas trop sur les laideurs du quotidien. Il donne à son œuvre une dimension esthétique. Celle-ci s’incarne par l’emploi des collages bien calculés et celui des couleurs chaudes, parfois même criardes et choquantes qui rompent avec la monotonie et la structure de base de la toile. A travers ce contraste entre laideur et esthétisme, entre peinture et collage, Abdel-Salam laisse de côté sa mélancolie et entre en interaction avec l’œuvre. Il retranche des parties, en ajoute d’autres. En fait, tout dépend du besoin dimensionnel. « La structure de l’œuvre, plutôt d’ordre sophistiqué, tient de l’accumulation », précise l’artiste qui donne des titres à ses toiles afin d’aider le récepteur à déchiffrer sa visée « dramatique ». Comme cette série de tableaux intitulée Contemplation du temps perdu. Une série centrée autour d’êtres tourmentés, affligés, de formes abstraites et de maisons en ruine. Un autre conflit éternel qui préoccupe Abdel-Salam est celui de l’homme et sa proie (oiseau ou poisson). Ce conflit se soumet à la seule loi de la jungle, celle du plus fort. Cela est bien démontré à travers Envol dans le ciel, plongée aux tréfonds.

Un troisième conflit dans L’Homme et la femme. « L’homme est chasseur. Il ne cherche que la sensualité dans la femme, sa proie », dit Abdel-Salam à l’affût de tout genre de conflit humain pour en faire ressortir les contrastes.

Névine Lameï

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Œuvres de Réda Abdel-Salam à la galerie Ebdaa, jusqu’au 25 janvier, de 10h à 22h (sauf le vendredi).

17, place Assouan, Mohandessine. Tél. : 345 22 63.

 

 

 




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