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 Semaine du 17 au 23 janvier 2007, numéro 645

 

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Arts

Cinéma. Pour mettre un terme à la bousculade des films d’été, les distributeurs lancent une saison intermédiaire lors des vacances de mi-année.Au menu, cinq nouveaux films, dont trois premières œuvres.  

Sorties de secours 

« Alors que les grands noms dominent les saisons d’été et des fêtes, il fallait nous créer une nouvelle saison, loin de la course aux millions. Notre saison sera donc celle des vacances de la mi-année », souligne Ahmad Samir Farag, dont la première œuvre, Code 36, sera dans les salles à partir de la semaine prochaine.

Malgré le grand nombre des concurrents de l’été, les recettes se sont avérées décevantes et il incombe peut-être à cette nouvelle de mi-année de fournir au cinéma un nouveau souffle. Dans ce cadre, cinq nouveaux films ont été programmés, dont trois sont des premières œuvres.

45 minutes est le premier long métrage d’Ahmad Yousri, interprété par Ahmad Al-Fichawi, Hicham Sélim, Ghada Abdel-Razeq et Ezzat Abou-Auf. Des problèmes de production l’avaient conduit à plus de trois ans de travail, mais le film sera enfin projeté dans une vingtaine de salles au Caire et à Alexandrie. « Cela ne garantira pas forcément de gros revenus, mais une sortie moins risquée que s’il était projeté en été », estime le producteur et distributeur Hussein Al-Qalla, soulignant que son expérience l’année dernière avec le film Awqat faragh (temps libres), tourné avec des jeunes « a frayé le chemin pour d’autres jeunes expériences face à la prédominance des stars ».

Le film Code 36, d’Ahmad Samir Farag, avec Moustapha Chaabane et la chanteuse libanaise Maya Nasri, se range dans la catégorie films d’action.

Sont également prévus les films Mohema saaba (mission difficile) du jeune réalisateur Ihab Radi et Akher al-donia (la fin du monde), première œuvre d’Amir Ramsès, déjà projetée en compétition lors de la dernière édition du Festival du film du Caire.

D’après les statistiques, ces cinq films agréés en cette nouvelle saison intermédiaire constituent une nette avancée par rapport à l’an dernier.

Passant en revue les recettes de la production cinématographique, Mohamad Gouda, responsable à la société de production Al-Massa, se félicite car « ces chiffres sont révélateurs d’une seconde vie du cinéma égyptien », ajoutant : « Si l’on maintient le même rythme, cela pourrait modifier la carte de la distribution en Egypte ».

Par ailleurs, Gouda note que le marché, qu’il s’agisse des salles ou des distributeurs, a besoin de donner la chance aux jeunes cinéastes afin d’aller à la rencontre du public.

« Depuis plus de quatre ans, on revendique la création de nouvelles saisons de projection pour les films arabes. La plupart des salles enregistrent de grandes pertes ; elles ont des salaires réguliers à payer à leurs employés, qui dépassent de loin leurs gains pendant la saison d’été », indique Amr Al-Zeini, responsable des salles Osman Group.

Autre remarque. Les films à gros budgets ne seraient pas rentables. Telle est la conclusion établie par le groupe des sociétés de production avec la Chambre égyptienne du cinéma. Sur les 23 films produits pendant l’année 2006, 19 étaient des films à grands budgets. Ceux-ci, réalisés à un coût dépassant souvent les 5 millions de L.E., attirent l’attention du public sans pour autant que leurs recettes ne couvrent leur coût de production. Car les recettes progressent à peine, à un taux de 6,7 %.

Cet état des lieux ne laisse plus de place aux films de la tranche moyenne (soit 3 à 4 millions) et multiplie les chances des films à moins d’un million de L.E. (souvent réalisés par des jeunes) qui s’en sortent le mieux. D’ailleurs, leur nombre vient de doubler.

Mais le fait d’avoir une nouvelle saison intermédiaire profitera à cette dernière tranche, mais également aux deux autres. Relevons aussi la proposition émanant de la Chambre du cinéma sur une possible aide versée par l’Etat aux jeunes cinéastes ainsi qu’à leurs producteurs. « Rappelons-nous qu’un film est avant tout une nouvelle idée, une nouvelle vision et une nouvelle expression, ce qui nécessite sans doute de nouveaux talents », conclut le distributeur, Mohamad Hassan Ramzi, avec l’espoir de pouvoir changer la donne cinématographique.

Yasser Moheb

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