Cinéma.
Pour mettre un terme à la bousculade des films d’été, les
distributeurs lancent une saison intermédiaire lors des
vacances de mi-année.Au menu, cinq nouveaux films, dont
trois premières œuvres.
Sorties de secours
« Alors que les grands noms dominent les saisons d’été et
des fêtes, il fallait nous créer une nouvelle saison, loin
de la course aux millions. Notre saison sera donc celle des
vacances de la mi-année », souligne Ahmad Samir Farag, dont
la première œuvre, Code 36, sera dans les salles à partir de
la semaine prochaine.
Malgré le grand nombre des concurrents de l’été, les
recettes se sont avérées décevantes et il incombe peut-être
à cette nouvelle de mi-année de fournir au cinéma un nouveau
souffle. Dans ce cadre, cinq nouveaux films ont été
programmés, dont trois sont des premières œuvres.
45 minutes est le premier long métrage d’Ahmad Yousri,
interprété par Ahmad Al-Fichawi, Hicham Sélim, Ghada
Abdel-Razeq et Ezzat Abou-Auf. Des problèmes de production
l’avaient conduit à plus de trois ans de travail, mais le
film sera enfin projeté dans une vingtaine de salles au
Caire et à Alexandrie. « Cela ne garantira pas forcément de
gros revenus, mais une sortie moins risquée que s’il était
projeté en été », estime le producteur et distributeur
Hussein Al-Qalla, soulignant que son expérience l’année
dernière avec le film Awqat faragh (temps libres), tourné
avec des jeunes « a frayé le chemin pour d’autres jeunes
expériences face à la prédominance des stars ».
Le film Code 36, d’Ahmad Samir Farag, avec Moustapha
Chaabane et la chanteuse libanaise Maya Nasri, se range dans
la catégorie films d’action.
Sont également prévus les films Mohema saaba (mission
difficile) du jeune réalisateur Ihab Radi et Akher al-donia
(la fin du monde), première œuvre d’Amir Ramsès, déjà
projetée en compétition lors de la dernière édition du
Festival du film du Caire.
D’après les statistiques, ces cinq films agréés en cette
nouvelle saison intermédiaire constituent une nette avancée
par rapport à l’an dernier.
Passant en revue les recettes de la production
cinématographique, Mohamad Gouda, responsable à la société
de production Al-Massa, se félicite car « ces chiffres sont
révélateurs d’une seconde vie du cinéma égyptien », ajoutant
: « Si l’on maintient le même rythme, cela pourrait modifier
la carte de la distribution en Egypte ».
Par ailleurs, Gouda note que le marché, qu’il s’agisse des
salles ou des distributeurs, a besoin de donner la chance
aux jeunes cinéastes afin d’aller à la rencontre du public.
« Depuis plus de quatre ans, on revendique la création de
nouvelles saisons de projection pour les films arabes. La
plupart des salles enregistrent de grandes pertes ; elles
ont des salaires réguliers à payer à leurs employés, qui
dépassent de loin leurs gains pendant la saison d’été »,
indique Amr Al-Zeini, responsable des salles Osman Group.
Autre remarque. Les films à gros budgets ne seraient pas
rentables. Telle est la conclusion établie par le groupe des
sociétés de production avec la Chambre égyptienne du cinéma.
Sur les 23 films produits pendant l’année 2006, 19 étaient
des films à grands budgets. Ceux-ci, réalisés à un coût
dépassant souvent les 5 millions de L.E., attirent
l’attention du public sans pour autant que leurs recettes ne
couvrent leur coût de production. Car les recettes
progressent à peine, à un taux de 6,7 %.
Cet état des lieux ne laisse plus de place aux films de la
tranche moyenne (soit 3 à 4 millions) et multiplie les
chances des films à moins d’un million de L.E. (souvent
réalisés par des jeunes) qui s’en sortent le mieux.
D’ailleurs, leur nombre vient de doubler.
Mais le fait d’avoir une nouvelle saison intermédiaire
profitera à cette dernière tranche, mais également aux deux
autres. Relevons aussi la proposition émanant de la Chambre
du cinéma sur une possible aide versée par l’Etat aux jeunes
cinéastes ainsi qu’à leurs producteurs. « Rappelons-nous
qu’un film est avant tout une nouvelle idée, une nouvelle
vision et une nouvelle expression, ce qui nécessite sans
doute de nouveaux talents », conclut le distributeur,
Mohamad Hassan Ramzi, avec l’espoir de pouvoir changer la
donne cinématographique.
Yasser Moheb