Pentathlon moderne
.
Ahmad Nasser, président de la
Fédération égyptienne, a été honoré par le président de la
Fédération internationale pour les performances de la
discipline en 2006. L’Egyptien débute la saison 2007 avec de
nouvelles ambitions et un programme chargé. Entretien
« Notre but principal :
réaliser une bonne performance aux JO »
Al-Ahram
Hebdo : Vous venez d’être récompensé pour les résultats
obtenus en 2006 en pentathlon moderne, qu’en retenez-vous ?
Ahmad Nasser :
La saison dernière était parfaite pour le pentathlon égyptien.
L’Egypte a réalisé sa meilleure performance de tous les temps
et les paroles de Klaus Schormann, président de la Fédération
internationale de pentathlon moderne (UIPM), viennent le
confirmer. Ce dernier a déclaré lors de la dernière réunion de
la UIPM que l’Egypte a réalisé la meilleure performance dans
toutes les catégories de compétition de l’année 2006, et
qu’elle a organisé la meilleure Coupe du monde. Au cours de
cette réunion, j’ai été honoré par le président de la
Fédération et par plusieurs membres qui ont tous félicité la
Fédération égyptienne pour ses performances. Cela me rend fier
de mon pays et persévérant pour prouver que ce n’est qu’un
début. En 2006, l’Egypte a réalisé de grands exploits grâce à
ces pentathloniens. La plus grande surprise de la saison vient
de la part d’Omniya Fakhri, qui a décroché la médaille de
bronze lors des Championnats du monde en novembre dernier au
Guatemala. A 25 ans, la capitaine de l’équipe égyptienne a
remporté la première médaille africaine aux Championnats du
monde. Sa compatriote Aya Médani, 17 ans, a remporté cette
saison les deux titres individuels des Championnats du monde
juniors des moins de 18 et 21 ans. Chez les hommes, Amr
Al-Guézéri a remporté, pour la première fois dans l’histoire
de la discipline égyptienne, le Tournoi international
d’Egypte. Puis, il a terminé 13e aux Championnats du monde, ce
qui est très satisfaisant. Son compatriote Mina Tadross a
décroché la médaille de bronze aux Championnats du monde
juniors des moins de 21 ans et s’est qualifié pour la finale
des Championnats du monde seniors. Avec ces résultats, je suis
totalement satisfait de la saison. En fait, c’était une année
en or pour le pentathlon égyptien.
—
Après ces résultats, comment entamez-vous la saison 2007 ?
— 2007 est l’année pour bien étudier. C’est la saison la plus
importante pour le pentathlon, car c’est l’année de la
qualification pour les Jeux Olympiques (JO) de Pékin 2008 et
l’année de la préparation pour ces JO. Il faut dire que nous
n’avons pas défini le programme de l’année aujourd’hui. Dès
mon arrivée à la tête de la Fédération égyptienne en décembre
2005, j’ai défini avec le conseil d’administration un
programme qui s’étend jusqu’à 2008 et un plan jusqu’à 2012
avec divers objectifs et des étapes précises. Chaque année,
nous effectuons quelques changements dans notre programme
selon les résultats et le niveau de nos athlètes. Cette année,
nous avons un programme chargé. Lundi dernier, le directeur
technique de la sélection, le Polonais Merec Mackay, est
arrivé en Egypte après un congé en Pologne, il a
commencé le lendemain l’entraînement de l’équipe car nous
n’avons pas de temps à perdre. L’Egypte disputera les
Championnats d’Afrique qui auront lieu le 22 février au Caire
et qui seront qualificatifs pour les JO de Pékin. Deux
athlètes (un homme et une dame) pourront se qualifier à
travers cette compétition. Les deux places seront probablement
pour l’Egypte qui n’affronte aucune concurrence africaine. La
saison comporte encore 5 étapes de la Coupe du monde pour les
hommes et les dames avec la finale de la Coupe du monde. De
même, il y aura les Championnats du monde juniors (-19 ans et
-21 ans) et seniors. A travers les différentes étapes de la
Coupe du monde et les Championnats du monde seniors, les
athlètes récoltent des points qui comptent pour le classement
mondial. Les premiers athlètes au classement pourront se
qualifier pour les JO. A part les compétitions, le programme
comporte cette année plusieurs stages de préparation à
l’étranger.
— La qualification pour les JO est-elle le seul objectif de
cette saison ?
— Notre objectif est de nous qualifier pour les JO de Pékin
avec 4 athlètes (2 hommes et 2 dames), 2 athlètes par le biais
des Championnats d’Afrique et 2 autres à travers le classement
mondial. Je crois que nous sommes capables de réaliser cela.
Mais il ne faut pas oublier notre but principal : réaliser une
bonne performance aux JO. Donc, nous visons cette année à bien
préparer les athlètes, afin d’arriver fin prêts à Pékin. C’est
pourquoi il y aura cette saison dans notre programme plusieurs
stages de préparation. Omniya Fakhri a remporté la médaille de
bronze aux Mondiaux grâce au stage de préparation effectué
avant la compétition à Colorado Spring (Etats-Unis). Donc,
nous avons programmé 2 stages en Pologne et un aux Etats-Unis
et nous essayons d’effectuer un stage au Caire avec la
sélection américaine.
— Quelles sont les lacunes de vos athlètes ?
— A la fin de chaque saison, le Comité technique de la
Fédération égyptienne, avec le cadre technique de la
sélection, effectue une évaluation pour la saison et les
athlètes. A travers l’évaluation, nous avons découvert les
points faibles des athlètes. Ainsi, le directeur technique de
l’équipe définit pour chaque athlète un programme de
préparation privé en travaillant sur ses points faibles, tout
en renforçant ses points forts. Par exemple, Amr Al-Guézéri
est parfait en escrime, natation, équitation et course, mais
il est un peu faible en tir. Donc, il a un programme qui
s’intéresse davantage au tir. Omniya Fakhri et Aya Médani,
comme tous les autres athlètes égyptiens, ont un point faible
commun : l’équitation. En fait, l’équitation est un grand
problème pour nous, car les chevaux qu’ils utilisent à
l’entraînement en Egypte sont d’un niveau médiocre par rapport
à ceux qui se trouvent à l’étranger. C’est pourquoi il est
très important d’effectuer des stages à l’étranger pour
améliorer le niveau d’équitation.
— Rencontrez-vous des problèmes pour réaliser votre programme
?
— Grâce aux excellents résultats de mes athlètes, je
n’affronte aucun problème pour réaliser mon programme. Tout ce
que j’ai demandé de la part du Comité national des sports et
du Comité olympique égyptien a été réalisé. Le projet du
champion olympique a été utile pour moi, car aujourd’hui 4
pentathloniens font partie de ce projet qui leur offre une
bonne préparation et un salaire mensuel. Je dois remercier
Hassan Saqr, le président du Comité national des sports, pour
les efforts qu’il a fournis avec nous. Il a approuvé notre
programme et a accepté de financer les stages de préparation à
l’étranger. En fait, tous les responsables des sports
égyptiens ont contribué à la bonne performance du pentathlon
égyptien, surtout Hassan Saqr et Mamdouh Al-Beltagui au Comité
national, et Mounir Sabet et Khaled Zein au Comité olympique.
Sans oublier les grands efforts de Mohamad Abdel-Moneim
Al-Mallah, président du club Al-Chams, qui a organisé la Coupe
du monde de pentathlon dans son club sans contrepartie
financière.
— Quel est le secret des exploits du pentathlon égyptien
depuis votre arrivée à la tête de la Fédération en 2005 ?
— Nous sommes parvenus à ce niveau international grâce à
l’harmonie entre les membres des Conseils d’administration de
la Fédération, le cadre technique de l’équipe nationale, les
athlètes et leurs parents. Dès la prise de fonction de cette
Fédération, notre but était le bien de cette discipline. Donc,
nous avons travaillé pour réaliser cela. En premier lieu, nous
avons signé des contrats avec le cadre technique de la
sélection pour qu’il travaille avec assurance. Puis, nous
avons ajouté au cadre technique un psychologue, un
nutritionniste, et un directeur administratif afin que
l’entraîneur de la sélection nationale travaille dans les
meilleures conditions possibles pour améliorer le niveau du
pentathlon égyptien. De plus, il existe des liens entre la
Fédération et les parents des athlètes. Cela sans oublier la
diffusion de la discipline pour augmenter la base des
pratiquants afin d’améliorer le niveau de la discipline.
Aujourd’hui, il existe 1 800 pratiquants, dont 1 300
enregistrés à la Fédération égyptienne. Cette saison, 7
nouveaux clubs ont intégré la Fédération égyptienne, dont 5
sont des Forces armées. Donc, la discipline évolue et tout
cela grâce aux bonnes performances mondiales des athlètes
égyptiens. Il faut dire que le sport égyptien est en très
bonne forme dans plusieurs disciplines telles la lutte, la
boxe, l’haltérophilie et le pentathlon. Nous devrons donner
une grande importance à ces sports pour qu’ils puissent
continuer sur cet élan.
Doaa Badr