Al-Ahram Hebdo, Opinion | Au mauvais moment
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 Semaine du 10 au 17 janvier 2007, numéro 644

 

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Opinion

Au mauvais moment

Ibrahim Nafie

Nous avons eu l’habitude d’accueillir les fêtes sacrées à bras ouverts, priant Dieu que ce soit un bon augure pour les deux nations arabe et islamique. Nous avons également eu l’habitude d’accueillir le nouvel an motivés par un grand optimisme et en espérant qu’il sera meilleur que l’année qui vient de s’écouler. Le grand Baïram a été célébré samedi 30 décembre et l’avènement du nouvel an 2007 a coïncidé avec le deuxième jour du Baïram. Alors que les musulmans effectuaient le pèlerinage, 5e pilier de l’islam, et d’autres se préparaient pour sacrifier le mouton après la prière de l’Aïd, les médias nous ont annoncé l’exécution du président iraqien déchu Saddam Hussein, aux premières lueurs du jour du grand Baïram. De nombreuses scènes avant l’exécution ont été transmises sur les écrans de télévision, ainsi que la photo après l’exécution, outre les injures échangées entre Saddam Hussein et ses bourreaux peu avant sa mort. Je dis clairement que cette nouvelle, les scènes qui ont été prises en photo et les déclarations faites par les responsables iraqiens après l’exécution ont non seulement ému mais aussi causé un choc aux Arabes, aux musulmans et également au monde entier. La question ici n’est pas celle d’exécuter ou non le verdict de la peine de mort contre un dictateur qui a commis des crimes atroces contre les Arabes et les musulmans. Et il n’est pas non plus question de remettre en cause le procès et sa légalité, ni de dire qu’il s’agissait d’une exécution politique. Mais il s’agit d’une question d’horaire du verdict et des déclarations des leaders iraqiens à sa suite. L’exécution à ce moment-là est une entorse à la loi iraqienne qui interdit les peines de mort pendant les congés officiels et les fêtes. Et le fait qu’elle ait eu lieu le premier jour du Baïram est un message loin d’être positif adressé à tous les Arabes, et notamment aux musulmans sunnites. Il est certain que l’exécution du verdict à ce moment-là et sa forme sont une décision politique de haut niveau prise par le gouvernement iraqien. Celui-ci a le droit de prendre les décisions qu’il veut en vue de réorganiser la demeure iraqienne de l’intérieur, mais le moment de l’exécution suscite aussi une grande colère de la part de ceux qui rejettent le principe même de la peine de mort ou de ceux qui estiment que le procès ne s’est pas tenu dans la légalité .

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