Al-Ahram Hebdo, Opinion | Rien ne sert de pleurer
  Président Salah Al-Ghamry
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
Nos Archives

 

 Semaine du 10 au 17 janvier 2007, numéro 644

 

Contactez-nous Version imprimable

  Une

  Evénement

  Enquête

  Dossier

  Nulle part ailleurs

  Invité

  Egypte

  Economie

  Monde Arabe

  Afrique

  Monde

  Opinion

  Kiosque

  Société

  Arts

  Livres

  Littérature

  Visages

  Environnement

  Voyages

  Sports

  Loisirs

  Vie mondaine

  Echangez, écrivez



  AGENDA


Publicité
Abonnement
 
Opinion

Rien ne sert de pleurer

Salama A. Salama 

La polémique actuelle autour des circonstances de l’exécution de Saddam est inutile. A quoi sert-il de parler de l’implication du gouvernement iraqien dans l’infiltration de l’enregistrement qui a montré Saddam avec la corde autour du cou ? Ou de l’insistance du gouvernement américain à choisir un jour sacré pour les musulmans pour exécuter le président déchu ? Depuis l’époque abbasside et jusqu’à l’époque moderne, l’assassinat des dirigeants par les ennemis qu’ils soient du pays ou des étrangers, est une méthode suivie pour succéder au pouvoir en Iraq. De plus, l’Administration Bush n’a jamais pris en considération les sentiments des musulmans.

Dans un tel cas, il n’y a pas d’éthique à suivre pour ce qui est de la publication et de la diffusion. En effet, les réalités prennent le dessus sur les restrictions morales et les technologies médiatiques sont dorénavant capables de percer les murs, abstraction faite des considérations sociales et politiques. Supposons que le jugement de Saddam n’était pas juste et que c’est Washington qui a décidé de la peine et de la date d’exécution, il est sûr que Saddam a commis contre son peuple et la nation arabe des crimes qui suffisent à le condamner à mort plusieurs fois.

Or, est-ce qu’avec la mort de Saddam Hussein, les Américains ont réalisé tous leurs objectifs ? Ont-ils libéré l’Iraq du despotisme et instauré l’Etat démocratique et la paix dans tous les coins du Proche-Orient ?

Rien ne prouve que l’Administration de Bush ait réalisé un seul de ces objectifs en Iraq. L’Etat qu’elle a instauré n’est qu’un exemple de destruction totale, de zizanie et de guerre civile. La guerre contre l’Iraq était l’occasion en or pour donner la main libre à Israël. Le pouvoir iranien s’est renforcé dans la région et les dangers de la prolifération des armes nucléaires ont augmenté. Sans oublier la hausse des taux d’extrémisme et de terrorisme.

D’un angle historique, il restera impossible de pardonner les régimes arabes au pouvoir qui ont gardé le silence face aux injustices et aux atrocités de Saddam. De plus, même après l’exécution de Saddam, les Etats arabes devront affronter les défis intérieurs et extérieurs qui ont fait de la région un objectif facile et un foyer de faiblesse et d’extrémisme.

Washington a profité de ses erreurs. Maintenant, il ne s’engage pas même dans les guerres d’expansion et d’hégémonie. Mais comme il le fait actuellement pour liquider d’anciens comptes avec la Somalie, il a recours à la méthode de la guerre par intérim. Les Etats-Unis arment l’Ethiopie et lui offrent des aides militaires et économiques, et la poussent ensuite à affronter les forces des tribunaux islamiques en Somalie. L’objectif étant de déraciner définitivement les forces islamiques accusées d’abriter des éléments d’Al-Qaëda, et d’avoir la mainmise sur l’Est de l’Afrique. Quant à nous, nous continuons de ne plus jouer aucun rôle en Afrique.

L’exécution de Saddam n’était donc pas une obligation historique, comme l’a décrit l’Israélien Shimon Pérès. Mais c’était plutôt une conséquence naturelle de la condition dans laquelle s’est retrouvé le monde arabe. Et le fantôme de Saddam hantera pendant encore longtemps les nuits de nombreuses personnes . 

Retour au sommaire

 




Equipe du journal électronique:
Equipe éditoriale: Névine Kamel- Howaïda Salah - Chourouq Chimy
Assistant technique: Karim Farouk
Webmaster: Samah Ziad

Droits de reproduction et de diffusion réservés. © AL-AHRAM Hebdo
Usage strictement personnel.
L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la Licence

de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.