Blocages
2007 s’ouvre sur l’espoir ténu d’une reprise des
négociations de paix entre Palestiniens et Israéliens,
malgré l’annonce d’une prochaine visite dans la région de
la secrétaire d’Etat américaine Condoleezza Rice pour
tenter de renouer le dialogue.
Les perspectives sont encore assombries par la rivalité
entre le Hamas, qui contrôle le gouvernement palestinien,
et le Fatah du président Mahmoud Abbass. Un antagonisme
qui a tourné à l’affrontement militaire, faisant 31 morts
dans la bande de Gaza, dont 16 dans les derniers jours.
Les violences partisanes, fréquentes depuis la victoire
électorale surprise du Hamas en janvier 2006, avaient
gagné en intensité après l’annonce le 16 décembre par M.
Abbass de la convocation d’élections anticipées pour
débloquer la crise politico-financière dans laquelle se
trouve le pouvoir palestinien. Le Hamas avait parlé de «
coup d’Etat ».
Le blocage est tout autant une responsabilité israélienne.
Porté par la réputation de son prédécesseur, Ehud Olmert a
été élu en avril chef du gouvernement israélien et a
promis de mettre en œuvre le plan Sharon destiné à
dessiner unilatéralement le tracé de la frontière
orientale d’Israël, par des retraits de la Cisjordanie et
le maintien de blocs de colonies. Mais le 25 juin, un
commando palestinien enlevait un tankiste, le caporal
Gilad Shalit. Le plan est mis en sourdine. Il sera enterré
lorsque le 12 juillet, deux autres soldats israéliens sont
enlevés dans une opération de commando menée par le
Hezbollah.
Résultat, mais aussi cause de cette impasse, les
opérations de l’armée israélienne n’ont cessé tout au long
de l’année 2006 en territoires palestiniens, faisant plus
de 400 morts. L’Etat hébreu a commencé 2007 par une
incursion meurtrière, tuant quatre Palestiniens et faisant
au moins 20 blessés dans le centre-ville de Ramallah, en
Cisjordanie. Cette offensive a jeté une ombre sur le
mini-sommet égypto-israélien, tenu jeudi à Charm Al-Cheikh.
La rencontre n’a donc débouché sur aucun résultat concret,
alors qu’elle était censée renouer le dialogue de la paix
au Proche-Orient.
Olmert, au plus bas de sa popularité, avait relancé en
décembre l’idée d’un accord de paix, par lequel Israël se
« retirerait de nombreux territoires et des implantations
qui y ont été érigées » en Cisjordanie en vue de la
constitution d’un « Etat palestinien indépendant et viable
». Il s’est cependant gardé de préciser l’ampleur d’un tel
retrait ou de s’engager sur un gel de la colonisation,
qui, au contraire, vient d’être relancée avec l’annonce le
26 décembre de la construction, pour la première fois
depuis 1992, d’une nouvelle colonie en
Cisjordanie .