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 Semaine du 10 au 17 janvier 2007, numéro 644

 

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Iraq . C’est ce mercredi que le président américain G. Bush doit annoncer sa nouvelle stratégie pour tenter de stabiliser politiquement et économiquement le pays.

Le plan de la dernière chance

Le désastre sécuritaire et le spectre d’une guerre civile ont mis en avant l’échec flagrant de la politique américaine en Iraq. Une évidence depuis déjà trois ans. La question n’est plus d’évaluer la politique américaine mais de savoir si la nouvelle stratégie du président américain George Bush sera à même de trouver une solution aux multiples maux de l’Iraq, ou du moins éviter le pire. Pour l’heure, rien n’est moins sûr.

Ce mercredi, tous les regards seront tournés vers la Maison Blanche pour connaître précisément les contours de la nouvelle stratégie américaine. Mais l’on sait déjà que le président américain doit annoncer le renfort de troupes américaines sur place et l’envoi de quelque 20 000 soldats supplémentaires pour sécuriser Bagdad. Une option qui est loin de faire l’unanimité aux Etats-Unis. Alors que la presse américaine parle depuis plusieurs jours d’un tel renfort, les Démocrates, qui ont pris le contrôle du Congrès américain, ont, à nouveau, averti dimanche le président George W. Bush qu’ils s’opposeraient à l’éventuel envoi de renforts en Iraq, une stratégie qui leur semble perdue d’avance. En effet, après avoir prévenu le président dans un courrier publié vendredi qu’envoyer des renforts était une stratégie vouée à l’échec et qu’il était temps de terminer la guerre, les Démocrates ont fait monter la pression dimanche en laissant entendre qu’ils pourraient utiliser l’arme budgétaire. « Le président va donc devoir faire face au Congrès pour justifier le moindre soldat supplémentaire qu’il souhaite », a déclaré Nancy Pelosi, la nouvelle présidente démocrate de la Chambre des représentants. « Nos soldats ont fait un excellent travail (en Iraq). Mais à moins qu’une solution politique et diplomatique ne vienne appuyer leurs efforts, ils ont les mains liées derrière le dos », a-t-elle expliqué, en ajoutant que « si le président veut augmenter cette mission, il va falloir qu’il le justifie ». Une position qui reflète l’opinion publique américaine d’autant plus que le nombre de soldats américains tués en Iraq a dépassé dimanche la barre de 3 000.

Remaniements en série aux Etats-Unis

Le président américain se trouve donc en mauvaise posture, aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur. Avant l’annonce de sa nouvelle stratégie, George W. Bush a procédé vendredi à un remaniement de hauts responsables de la diplomatie, du renseignement et de l’armée. Des nominations qui s’inscrivent dans le cadre de nouveaux choix stratégiques.

Le président américain a nommé le super-patron des services du renseignement, John Negroponte, au poste d’adjoint de Condoleezza Rice au département d’Etat, laissé vacant depuis juillet. M. Bush a souligné la « grande expérience » de John Negroponte, « son jugement sûr et sa connaissance de l’Iraq et de la guerre contre le terrorisme ».

D’autre part, le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, a annoncé des changements parmi ses plus hauts gradés aux postes de responsable du commandement central au Proche-Orient et à celui des forces américaines en Iraq. L’amiral William Fallon, actuellement commandant des forces armées américaines dans le Pacifique, doit prendre la succession de John Abizaid en tant que responsable du centcom au Proche-Orient et le général George Casey, actuel chef des forces américaines en Iraq, doit être remplacé par le général de corps d’armée David Petraeus.

Ce remaniement, entamé avec le limogeage du ministre de la Défense Donald Rumsfeld au lendemain de la large victoire démocrate aux élections parlementaires de novembre, était censé préparer le terrain avant le discours du président sur l’Iraq.

Cependant, ces remaniements semblent surtout faits pour calmer l’opinion publique américaine, vu que la cote de popularité de George Bush est en chute libre. Quant aux questions fondamentales, aucun consensus n’est trouvé dessus. En effet, selon le Washington Post de vendredi dernier, les conseillers de la Maison Blanche sont encore divisés sur la question du renfort des forces américaines stationnées en Iraq. D’autres désaccords persistent aussi sur la fiabilité du premier ministre iraqien, Nouri Al-Maliki. D’autre part, selon certaines informations, la nouvelle politique de M. Bush doit fixer une série d’objectifs destinés au gouvernement iraqien, dont une plus grande participation des sunnites au processus politique, la distribution des revenus provenant du pétrole, qui a été longtemps retardée, et un assouplissement de la politique gouvernementale à l’égard des anciens membres du parti Baas. Des mesures qui ont déjà été évoquées plus d’une fois et qui ne se sont jamais traduites en actions concrètes. Pour l’heure donc, rien n’a été dit sur les moyens réels de stabiliser la situation en Iraq et de mettre un terme aux luttes confessionnelles qui risquent de dégénérer en guerre civile et qui se sont accentuées depuis l’exécution de Saddam Hussein.

Abir Taleb

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