Al-Ahram Hebdo, Livres | Ibn Khaldoun remis à la page
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 Semaine du 10 au 17 janvier 2007, numéro 644

 

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Commémoration. L’année Ibn Khaldoun, proclamée par l’Unesco pour célébrer le 600e anniversaire de sa mort, vient de s’achever. Elle a été l’occasion de faire paraître une série d’ouvrages et de mettre en lumière de rares manuscrits de l’initiateur de la sociologie politique. 

Ibn Khaldoun remis à la page 

De nombreuses manifestations se sont tenues dans plusieurs villes d’Egypte célébrant le VIe centenaire de la mort du précurseur de la sociologie politique, du grand historien et philosophe musulman Abdel-Rahmane Ibn Khaldoun. A Alexandrie, la Bibliotheca Alexandrina a, en 2006, rendu hommage à Ibn Khaldoun par la tenue d’une conférence internationale à laquelle ont participé de célèbres sociologues, écrivains, penseurs et politiciens arabes et étrangers. Mis à part les colloques traitant de la contribution de ce philosophe au développement des recherches scientifiques et sociologiques pour revenir sur sa vie, son parcours et ses publications. La Bibliotheca Alexandrina a publié quelques titres au nom d’Ibn Khaldoun. Le premier est un ouvrage illustré de Khaled Azab et Mohamad Al-Sayed et intitulé Maa Ibn Khaldoun fi rehlatoh (Avec Ibn Khaldoun ... dans son voyage), qui décrit les voyages d’Ibn Khaldoun dans différents pays et l’histoire de sa vie. « Ibn Khaldoun a vécu essentiellement au Maghreb, en Andalousie et enfin au Proche-Orient (Damas, et surtout au Caire). Ses ancêtres seraient originaires de Hadramaout (Yémen) ; ils se sont d’abord installés à Séville, en Espagne, puis à Tunis, où est né Abdel-Rahmane Ibn Khaldoun, le 27 mai 1332. Mort au Caire : le 17 mars 1406. En somme, Ibn Khaldoun a beaucoup voyagé, soit en quête de savoir, soit dans le cadre de ses activités politiques, du reste très mouvementées », souligne le Dr Khaled Azab, directeur du centre de l’information de la Bibliotheca Alexandrina. Ce livre présente surtout les endroits et les bâtiments qui ont témoigné de l’éclat d’Ibn Khaldoun dans les palais du Maghreb et de l’Andalousie, et en Egypte où il a vécu plus d’un quart de siècle ; citons entre autres la mosquée Al-Azhar, le khanqa Farag Ibn Barqouq, la madrassa Al-Saléhiya et la tombe des soufismes à Bab Al-Nasr. Avec Ibn Khaldoun ... dans son voyage parle aussi des savants et des érudits qui étaient contemporains d’Ibn Khaldoun. Ce dernier fut en fait contemporain du voyageur Ibn Battouta (1304-1377), du mystique Al-Naqchbandi (1318-1388), des historiens Al-Qalqachandi (1335-1418) et Al-Maqrizi (1365-1442), du frère franciscain converti à l’islam Anselme Turmeda, appelé Abdallah Al-Taryuman (1352-1432). Il était aussi contemporain d’événements comme la guerre de Cent Ans entre l’Angleterre et la France (1338-1453) et l’apparition de l’empire timouride (1380-1497). La seconde publication parue à la Bibliotheca Alexandrina est Ketabet Ibn Khaldoun (les autographes d’Ibn Khaldoun) réalisée par Youssef Zidan, directeur du centre et du musée des manuscrits de la Bibliotheca Alexandrina. Il s’agit de deux reproductions de manuscrits rédigés par Ibn Khaldoun et dont l’unique copie est conservée à la bibliothèque du couvent de l’Esquorial, en Espagne. La première est rédigée durant sa jeunesse Lobab al-mohassel (l’essence de l’acquisateur) où il s’applique à étaler et à discuter la science du dire et les fonds de la religion, tandis que le second est rédigé vers la fin de sa vie qui est la réhabilitation du savant pour les autres savants de son époque.

En outre, la publication d’un troisième titre est prochainement prévue par la Bibliotheca Alexandrina. C’est la traduction en arabe de Ibn Khaldoun, The Mediterranean in the 14th Century, Rise and fall Empires (Ibn Khaldoun, la Méditerranée au XIVe siècle : essor et déclin des empires). Il s’agit du catalogue de l’exposition sur Ibn Khaldoun qui a eu lieu au Real Alcázar, à Séville entre le 11 mai et le 30 septembre 2006. Le catalogue de l’exposition nous permettra de contempler des œuvres provenant de collections de musées, bibliothèques nationales et galeries d’art de Tunis, Rabat, du Caire, New York, Paris, Florence, Saint-Pétersbourg, Copenhague, Milan, Istanbul, Bruxelles, Tolède, Damas et Lisbonne. L’exposition a accueilli plus de 100 œuvres venant de 17 pays (www.legadoandalusí.es).

 

Une nouvelle science

Le Conseil suprême de la culture a republié à son tour quelques titres à la mémoire d’Ibn Khaldoun. Elm al-igtemaa al-khaldouni : qawaëd al-manhag (la sociologie khaldounienne : les règles de la méthodologie) du Dr Hassan Al-Saati, doyen des sociologues arabes. Ce livre, qui a paru pour la première fois en 1972, étudie, critique et analyse la science de la sociologie d’Ibn Khaldoun. Le livre de Hassan Al-Saati se divise en deux parties. La première est une sorte d’autobiographie d’Ibn Khaldoun et de sa moqadema (la prolégomène). La deuxième traite, quant à elle, des bases de la méthodologie dans la sociologie chez Ibn Khaldoun. L’auteur estime que l’originalité d’Ibn Khaldoun réside dans le fait qu’il a créé une nouvelle science. Un autre titre publié par le Conseil suprême de la culture est Kam tabaod Al-Qahira ? Rehalat wa moghamarat fi Masr wa waraaha 1300-1640 (combien de miles pour arriver au Caire ? Voyages et aventures en Egypte et au-delà). Il s’agit en fait de la traduction arabe annotée par le Dr Qassem Abdou Qassem de How Many Miles to Babylon ? Travels and Adventures to Egypt and Beyond, from 1300 to 1640 de Anne Wolff. Le livre traite des voyages des commerçants, des pèlerins, des aventureux, des ambassadeurs européens en Egypte et les pays du voisinage. L’auteur y a présenté une description détaillée des villes égyptiennes, de la campagne, du désert, des plantes, des animaux, de la vie sociale, des conditions économiques et commerciales, et la vie politique aux époques mamelouke et ottomane. Bref, il représente un dessin défini et vif pour l’Egypte et le monde du Moyen Age depuis le XIVe siècle jusqu’au milieu du XVIIe siècle.

Amira Samir

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