Politique.
Un de nos lecteurs dénonce la fin terrible de l’ex-président
iraqien Saddam Hussein, ainsi que l’impunité dont jouissent
les forces d’occupation.
L’année commence sur un acte criminel
Que l’année 2007 soit la fin des barbaries et le début de la
paix dans le monde.
Un point de vue tout de même sur l’une des dernières barbaries
de l’année 2006 : l’assassinat honteux de l’ancien président
iraqien Saddam Hussein. Le procès de Saddam Hussein était une
mascarade des dirigeants américains et son assassinat est une
pure vengeance de leurs valets iraqiens. Bush, le boucher,
leur a livré le « mouton » de Aïd Al-Adha pour assouvir leur
haine et leur soif afin qu’ils acceptent davantage
d’humiliation. Ce que ces traîtres de la nation iraqienne ne
savent peut-être pas, c’est que tôt ou tard ils auront tous le
même sort que leur victime ; et à ce moment-là, leurs maîtres
ne leur seront d’aucune utilité. Le malheur dans cette affaire
c’est que, d’ici là, le peuple iraqien aura payé un lourd
tribut.
Officiellement Saddam Hussein est condamné à mort « pour
crimes contre l’humanité », pour avoir fait massacrer 148
chiites à Doujaïl en 1982, une condamnation qui aurait pu être
justifiée et approuvée dans d’autres circonstances. Si on peut
admettre leur prétexte, que dire des crimes des Américains et
leurs alliés qui sont venus occuper l’Iraq, un pays souverain,
et provoqué l’assassinat de près de 700 0000 Iraqiens ? Que
dire de ces mêmes assassins qui ont fait assassiner des
dizaines de scientifiques iraqiens — ce qui constitue un
double crime contre l’humanité ? Que dire de tous les
terroristes qui ont gouverné Israël et fait des centaines de
milliers de victimes en Palestine depuis 1948 ? Tous ces
crimes ne sont-ils pas des crimes contre l’humanité qui
nécessitent la condamnation de leurs auteurs ?
Par cet acte, les dirigeants américains et leurs pions
iraqiens ont montré au monde qu’ils sont encore plus barbares
que celui qu’ils ont tué pour avoir commis des crimes contre
une partie de son peuple. Des médias peu scrupuleux rapportent
« l’exécution » de Saddam Hussein, en qualifiant ce dernier de
« dictateur » ! Ont-ils oublié qu’ils l’ont qualifié de «
héros » quand il a fait la guerre « aux fanatiques iraniens »,
avec la bénédiction de leurs régimes ? La profession du
journaliste n’est-elle pas de rapporter objectivement
l’information et laisser les commentaires aux spécialistes ou
amateurs de la politique ? De quel droit un journaliste
qualifie-t-il tel ou tel homme politique de dictateur en
cachant la vérité au lecteur sur d’autres ? Quelle que soit la
position qu’on peut avoir vis-à-vis de Saddam Hussein, on doit
avoir la décence de ne pas faire le jeu de ceux qui l’ont
assassiné, alors qu’eux-mêmes méritent d’être condamnés pour
leurs crimes.
La question n’est pas de savoir qui est pour Saddam Hussein et
qui est contre lui. C’est une question de moralité. Les
dirigeants américains sont les premiers hors-la-loi qu’il
convient de condamner, car ils ont envahi un pays souverain en
piétinant les décisions de l’Onu ; ils sont les premiers
criminels qu’il convient de juger pour crimes contre
l’humanité pour avoir exterminé ou causé l’extermination de
près de 700 000 Iraqiens, fait fuir des millions d’autres et
affamé le reste de la population. De plus, ils ont détruit le
pays et provoqué une guerre civile entre les citoyens
jusque-là unis. Et tout cela pour le seul but de contrôler les
richesses du peuple iraqien et mettre la main sur l’ensemble
de la région. Pour réaliser leurs objectifs, Bush et ses
collaborateurs ont promis à leur peuple de faire revenir le
peuple iraqien à « l’âge de pierre ».
Le Proche et Moyen-Orient ont échoué dans tous leurs projets
impérialistes en Iraq et dans la région, ils ont commis cet
acte criminel, barbare et cynique, en assassinant froidement
l’ancien chef d’Etat iraqien, en essayant de prouver à leur
peuple qu’ils ont, au moins, « réussi » à abattre Saddam,
faute d’avoir Bin Laden. Doivent-ils avoir le culot de
prétendre que le fait de pendre un chef d’Etat comme un
malfrat — du temps de l’inquisition barbaresque — est une
victoire ou une bravoure ? Au contraire, là ils ont prouvé au
monde leur lâcheté.
La seule « victoire » que les Etats-Unis auront réalisée en
Iraq, c’est d’avoir réussi à diviser l’Iraq et déclencher une
guerre civile. Le même projet est en expérimentation en
Palestine et au Liban, où ils manigancent une guerre civile au
sein de chacun de ces deux peuples pour les pousser à
s’autodétruire mutuellement. Faut-il que les dirigeants de ces
peuples soient plus intelligents que leurs ennemis pour faire
avorter leurs projets sataniques ? Espérons-le.
Chérif Boudelal,
France.
Que 2007 soit paisible !
L’année 2006 s’est achevée. Elle est passée avec tous ses
événements, qu’ils soient joyeux ou tristes.
Toute personne, à la fin de l’année, fait ses comptes pour
savoir ce qu’elle a réalisé de ses rêves et pour se préparer
pour les exaucer durant le nouvel an. Le plus important est de
rectifier notre personnalité.
Il faut également commencer l’année 2007 en étant plus
aimable, en évitant tous les inconvénients qui font souffrir
les autres.
Si tous les gens se traitent avec amour, la joie et la paix
régneront sur le monde. Je souhaite que 2007 soit paisible.
Fatma Ezzdine,
Maadi.
Les vertus de l’enseignement libre
J’aimerais évoquer l’importance du projet de l’enseignement
libre et à distance ainsi que celle du salon de l’automobile
Formula qui aura lieu au Caire du 11 au 15 janvier.
En ce qui concerne l’enseignement libre et à distance, je
pense que ce projet ouvrira la porte à beaucoup de gens de
différents âges, catégories, etc. pour s’instruire et se
cultiver, cela prouve que la littérature et la science sont
sans fin. Par conséquent, c’est une chance pour communiquer,
voire connaître la technologie moderne, de même que c’est un
moyen très efficace pour que chaque personne soit capable de
s’affirmer et de montrer la partie de son domaine où il sait
briller, un échange d’informations et de connaissances,
entouré par la morale et l’éthique et qui peut construire un
homme autonome, indépendant, qui sera le noyau de la société.
Le deuxième sujet que j’aimerais aborder c’est le salon de
l’automobile Formula, dont j’ai lu un grand article dans le
journal Al-Ahram, il s’agit d’un grand événement tenu au Caire
du 11 au 15 janvier et réservé à tout ce qui concerne la
voiture : marques internationales, accessoires, prix spéciaux,
ainsi que conférences et congrès sur ce thème ... Bref, une
chance pour celui qui veut acheter une voiture.
Rim Mohamed Fathalla,
Ismaïliya.
Emancipation confisquée
J’ai quitté mon pays dans les années soixante-dix. A l’époque
âgée de 15 ans, je n’avais jamais vu en Egypte de femmes
voilées. J’avais vu les paysannes et les femmes du peuple
porter de jolis foulards de couleurs avec de petits pompons
assortis ou des piécettes en or (les bédouines) pour afficher
leur fortune. J’avais vu aussi ces femmes porter la milaya
pour se protéger du soleil et de la poussière, mais je ne les
ai jamais vues porter le voile ! Oui, les femmes ont porté le
voile au XIXe siècle et au début du XXe.
Oui, nous avons longtemps été des sujets de l’Empire ottoman,
mais nous avons obtenu notre indépendance et il y a belle
lurette que la femme égyptienne s’est émancipée. Je ne vois
pas pourquoi elle devrait être fière de baisser l’échine
encore une fois devant un nouveau colonisateur (l’esprit
islamiste wahhabite et hérétique) qui envahit nos mosquées et
nos écoles, qui est imposé pour le bon plaisir d’une bande
d’hommes qui n’ont aucun contrôle sur leur libido et aucun
respect pour eux-mêmes et encore moins pour les femmes (leurs
mères, leurs femmes et leurs filles). Tout ce qu’ils savent
faire, c’est utiliser l’agression verbale et psychologique
pour terroriser les femmes. Le verset 31 parle de chasteté, de
discrétion et de modestie du vêtement et du geste, mais pas de
voile emprisonnant. C’est une extrapolation faite par des
hommes qui ont l’esprit tordu et sale. Sans s’habiller d’une
façon osée, la femme égyptienne peut rester moderne et
s’habiller avec goût, élégance et modestie, en se respectant.
L’extrémisme, qu’il soit celui des vidéos de gangs de rue à
l’américaine ou celui des arriérés ultra conservateurs
réactionnaires islamistes, est une aberration. Je n’ai pas les
mots pour exprimer ma tristesse et ma honte lorsqu’à mon
retour en Egypte, dans les années quatre-vingt-dix, j’ai vu
des Egyptiennes voilées. J’ai cru que je m’étais trompée
d’avion, que je m’étais trompée de pays.
J’ai eu et j’ai l’impression que mon pays avait été encore une
fois envahi par des étrangers qui n’ont pour foi et loi que
l’obscurantisme du Moyen-Age. Une Egyptienne qui se demande
qui a volé l’identité de notre pays.
Martine
Saddik,
Canada.