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 Semaine du 10 au 17 janvier 2007, numéro 644

 

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Politique. Un de nos lecteurs dénonce la fin terrible de l’ex-président iraqien Saddam Hussein, ainsi que l’impunité dont jouissent les forces d’occupation.

L’année commence sur un acte criminel

 

Que l’année 2007 soit la fin des barbaries et le début de la paix dans le monde.

Un point de vue tout de même sur l’une des dernières barbaries de l’année 2006 : l’assassinat honteux de l’ancien président iraqien Saddam Hussein. Le procès de Saddam Hussein était une mascarade des dirigeants américains et son assassinat est une pure vengeance de leurs valets iraqiens. Bush, le boucher, leur a livré le « mouton » de Aïd Al-Adha pour assouvir leur haine et leur soif afin qu’ils acceptent davantage d’humiliation. Ce que ces traîtres de la nation iraqienne ne savent peut-être pas, c’est que tôt ou tard ils auront tous le même sort que leur victime ; et à ce moment-là, leurs maîtres ne leur seront d’aucune utilité. Le malheur dans cette affaire c’est que, d’ici là, le peuple iraqien aura payé un lourd tribut.

Officiellement Saddam Hussein est condamné à mort « pour crimes contre l’humanité », pour avoir fait massacrer 148 chiites à Doujaïl en 1982, une condamnation qui aurait pu être justifiée et approuvée dans d’autres circonstances. Si on peut admettre leur prétexte, que dire des crimes des Américains et leurs alliés qui sont venus occuper l’Iraq, un pays souverain, et provoqué l’assassinat de près de 700 0000 Iraqiens ? Que dire de ces mêmes assassins qui ont fait assassiner des dizaines de scientifiques iraqiens — ce qui constitue un double crime contre l’humanité ? Que dire de tous les terroristes qui ont gouverné Israël et fait des centaines de milliers de victimes en Palestine depuis 1948 ? Tous ces crimes ne sont-ils pas des crimes contre l’humanité qui nécessitent la condamnation de leurs auteurs ?

Par cet acte, les dirigeants américains et leurs pions iraqiens ont montré au monde qu’ils sont encore plus barbares que celui qu’ils ont tué pour avoir commis des crimes contre une partie de son peuple. Des médias peu scrupuleux rapportent « l’exécution » de Saddam Hussein, en qualifiant ce dernier de « dictateur » ! Ont-ils oublié qu’ils l’ont qualifié de « héros » quand il a fait la guerre « aux fanatiques iraniens », avec la bénédiction de leurs régimes ? La profession du journaliste n’est-elle pas de rapporter objectivement l’information et laisser les commentaires aux spécialistes ou amateurs de la politique ? De quel droit un journaliste qualifie-t-il tel ou tel homme politique de dictateur en cachant la vérité au lecteur sur d’autres ? Quelle que soit la position qu’on peut avoir vis-à-vis de Saddam Hussein, on doit avoir la décence de ne pas faire le jeu de ceux qui l’ont assassiné, alors qu’eux-mêmes méritent d’être condamnés pour leurs crimes.

La question n’est pas de savoir qui est pour Saddam Hussein et qui est contre lui. C’est une question de moralité. Les dirigeants américains sont les premiers hors-la-loi qu’il convient de condamner, car ils ont envahi un pays souverain en piétinant les décisions de l’Onu ; ils sont les premiers criminels qu’il convient de juger pour crimes contre l’humanité pour avoir exterminé ou causé l’extermination de près de 700 000 Iraqiens, fait fuir des millions d’autres et affamé le reste de la population. De plus, ils ont détruit le pays et provoqué une guerre civile entre les citoyens jusque-là unis. Et tout cela pour le seul but de contrôler les richesses du peuple iraqien et mettre la main sur l’ensemble de la région. Pour réaliser leurs objectifs, Bush et ses collaborateurs ont promis à leur peuple de faire revenir le peuple iraqien à « l’âge de pierre ».

 Le Proche et Moyen-Orient ont échoué dans tous leurs projets impérialistes en Iraq et dans la région, ils ont commis cet acte criminel, barbare et cynique, en assassinant froidement l’ancien chef d’Etat iraqien, en essayant de prouver à leur peuple qu’ils ont, au moins, « réussi » à abattre Saddam, faute d’avoir Bin Laden. Doivent-ils avoir le culot de prétendre que le fait de pendre un chef d’Etat comme un malfrat — du temps de l’inquisition barbaresque — est une victoire ou une bravoure ? Au contraire, là ils ont prouvé au monde leur lâcheté.

La seule « victoire » que les Etats-Unis auront réalisée en Iraq, c’est d’avoir réussi à diviser l’Iraq et déclencher une guerre civile. Le même projet est en expérimentation en Palestine et au Liban, où ils manigancent une guerre civile au sein de chacun de ces deux peuples pour les pousser à s’autodétruire mutuellement. Faut-il que les dirigeants de ces peuples soient plus intelligents que leurs ennemis pour faire avorter leurs projets sataniques ? Espérons-le.

Chérif Boudelal,
France.

 

Que 2007 soit paisible !

L’année 2006 s’est achevée. Elle est passée avec tous ses événements, qu’ils soient joyeux ou tristes.

 Toute personne, à la fin de l’année, fait ses comptes pour savoir ce qu’elle a réalisé de ses rêves et pour se préparer pour les exaucer durant le nouvel an. Le plus important est de rectifier notre personnalité.

 Il faut également commencer l’année 2007 en étant plus aimable, en évitant tous les inconvénients qui font souffrir les autres.

 Si tous les gens se traitent avec amour, la joie et la paix régneront sur le monde. Je souhaite que 2007 soit paisible.

Fatma Ezzdine,
Maadi.

 

Les vertus de l’enseignement libre

J’aimerais évoquer l’importance du projet de l’enseignement libre et à distance ainsi que celle du salon de l’automobile Formula qui aura lieu au Caire du 11 au 15 janvier.

En ce qui concerne l’enseignement libre et à distance, je pense que ce projet ouvrira la porte à beaucoup de gens de différents âges, catégories, etc. pour s’instruire et se cultiver, cela prouve que la littérature et la science sont sans fin. Par conséquent, c’est une chance pour communiquer, voire connaître la technologie moderne, de même que c’est un moyen très efficace pour que chaque personne soit capable de s’affirmer et de montrer la partie de son domaine où il sait briller, un échange d’informations et de connaissances, entouré par la morale et l’éthique et qui peut construire un homme autonome, indépendant, qui sera le noyau de la société. Le deuxième sujet que j’aimerais aborder c’est le salon de l’automobile Formula, dont j’ai lu un grand article dans le journal Al-Ahram, il s’agit d’un grand événement tenu au Caire du 11 au 15 janvier et réservé à tout ce qui concerne la voiture : marques internationales, accessoires, prix spéciaux, ainsi que conférences et congrès sur ce thème ... Bref, une chance pour celui qui veut acheter une voiture.

Rim Mohamed Fathalla,
Ismaïliya.

 

Emancipation confisquée

J’ai quitté mon pays dans les années soixante-dix. A l’époque âgée de 15 ans, je n’avais jamais vu en Egypte de femmes voilées. J’avais vu les paysannes et les femmes du peuple porter de jolis foulards de couleurs avec de petits pompons assortis ou des piécettes en or (les bédouines) pour afficher leur fortune. J’avais vu aussi ces femmes porter la milaya pour se protéger du soleil et de la poussière, mais je ne les ai jamais vues porter le voile ! Oui, les femmes ont porté le voile au XIXe siècle et au début du XXe.

Oui, nous avons longtemps été des sujets de l’Empire ottoman, mais nous avons obtenu notre indépendance et il y a belle lurette que la femme égyptienne s’est émancipée. Je ne vois pas pourquoi elle devrait être fière de baisser l’échine encore une fois devant un nouveau colonisateur (l’esprit islamiste wahhabite et hérétique) qui envahit nos mosquées et nos écoles, qui est imposé pour le bon plaisir d’une bande d’hommes qui n’ont aucun contrôle sur leur libido et aucun respect pour eux-mêmes et encore moins pour les femmes (leurs mères, leurs femmes et leurs filles). Tout ce qu’ils savent faire, c’est utiliser l’agression verbale et psychologique pour terroriser les femmes. Le verset 31 parle de chasteté, de discrétion et de modestie du vêtement et du geste, mais pas de voile emprisonnant. C’est une extrapolation faite par des hommes qui ont l’esprit tordu et sale. Sans s’habiller d’une façon osée, la femme égyptienne peut rester moderne et s’habiller avec goût, élégance et modestie, en se respectant. L’extrémisme, qu’il soit celui des vidéos de gangs de rue à l’américaine ou celui des arriérés ultra conservateurs réactionnaires islamistes, est une aberration. Je n’ai pas les mots pour exprimer ma tristesse et ma honte lorsqu’à mon retour en Egypte, dans les années quatre-vingt-dix, j’ai vu des Egyptiennes voilées. J’ai cru que je m’étais trompée d’avion, que je m’étais trompée de pays.

J’ai eu et j’ai l’impression que mon pays avait été encore une fois envahi par des étrangers qui n’ont pour foi et loi que l’obscurantisme du Moyen-Age. Une Egyptienne qui se demande qui a volé l’identité de notre pays.

Martine Saddik,
Canada.

 




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