Investissements interarabes .
Le quatrième forum de l’investissement arabe vient de
s’achever au Caire. Bilan avec la présidente de l’Union des
investisseuses arabes, Hoda Galal
Yassine.
«
Créer une coopération forte entre femmes d’affaires »
Al-Ahram Hebdo : Quels ont été les faits marquants du forum
cette année ?
Hoda Galal Yassine : La présence de délégations arabes de
femmes d’affaires influentes dans leurs pays a été très forte.
La plus importante délégation a été celle d’Arabie saoudite
qui a regroupé 50 femmes d’affaires travaillant dans le
domaine de l’investissement immobilier, des banques, du
tourisme, de la navigation et de la gestion d’affaires. Les
Emirats arabes unis ont participé avec une délégation de
quelques 30 femmes d’affaires.
— Quels ont été les thèmes discutés ?
— Le forum a discuté pendant trois jours des moyens de
renforcer l’investissement dans le monde arabe en créant une
forte coopération entre femmes d’affaires arabes. Il a aussi
discuté du rôle de la coopération internationale et des
alliances pour le développement durable ainsi que le
développement du commerce interarabe et les répercussions du
traité de l’OMC sur le secteur arabe des affaires. Il a par
ailleurs abordé le sujet de la paix en tant que pilier du
développement et de l’investissement.
— A quelles mesures concrètes êtes-vous parvenus ?
— Les séances du forum ont approuvé des projets
d’investissements dans divers domaines. De plus, plusieurs
investisseurs ont décidé la création d’une société œuvrant
dans le domaine du gaz naturel et du pétrole. Elle sera créée
après les études de faisabilité du projet dont le capital
s’élève à près de 2,7 milliards de dollars. De plus, un projet
industriel commercial syrien sera fondé dans le gouvernorat
égyptien de la Nouvelle Vallée.
— Selon quels critères choisissez-vous les femmes d’affaires
pouvant adhérer à l’Union des investisseurs arabes ?
— Nous accordons une grande importance à la réputation
commerciale et bancaire de la femme d’affaires. Elle doit
aussi avoir un rôle influent dans l’économie et le
développement de son pays. Elle doit posséder une vision et
des objectifs clairs et ses projets ne doivent pas être nocifs
à l’environnement. En effet, toutes les membres de l’union ont
des projets et des usines propres conformes aux conditions de
la préservation de l’environnement.
— Quels sont les principaux objectifs de l’Union des
investisseurs arabes ?
— L’objectif est d’encourager les investisseurs arabes à créer
des projets conjoints, de renforcer la participation de la
femme arabe en tant qu’investisseur dans son pays et
d’améliorer les conditions économiques et sociales de la femme
arabe. Il s’agit aussi d’inviter au développement des
législations juridiques et fiscales et à la simplification des
procédures et démarches administratives. L’union aspire
également à assurer une base d’informations permettant aux
membres de l’union de connaître les opportunités
d’investissements disponibles dans tous les pays arabes.
— Quels sont les principaux obstacles qu’affronte la femme
d’affaires arabe ?
— Malheureusement, la vision de la société pour la femme est
encore mauvaise. On la juge parfois incapable et on met en
doute ses capacités. Cette vision se reflète bien sûr sur la
confiance qu’a la femme en elle-même ainsi que sur son
insistance à se forger une place dans le domaine des affaires.
Il manque aussi parfois à la femme d’affaires arabe ce vaste
réseau de relations publiques qui contribuent à élargir ses
travaux. Cependant, je tiens à confirmer que la femme
d’affaires arabe a réalisé des exploits considérables.
Nombreuses sont celles qui possèdent les idées, les capacités
et l’éducation qui leur ont permis de posséder et de gérer des
projets et des institutions qui ont parfois atteint le niveau
mondial.
Propos recueillis par
Naglaa
Abdel-Hafez