Chansons .
Maaloumat akida de Latifa, Lessa habayeb de Moustapha Amar et
Mine hayëdar de Loay ... passage en revue des trois premiers
tubes de l’année.
Pop d’hiver et variée
Latifa
revient et surprend. Après une disparition voulue de trois
années, la chanteuse d’origine tunisienne fait son come-back
avec un magnifique album réalisé au Liban, portant le titre de
Maaloumat akida (informations sûres). Un album qui brille par
son originalité dans un marché voué à des rythmes invitant le
plus souvent à danser.
Douze titres font revivre cette voix lumineuse et
bouleversante. La plupart des textes et des musiques sont
signés Ziad Rahbani, le fils de la diva Fayrouz et du
compositeur mythique Assi Al-Rahbani.
L’une des qualités de Latifa est sa curiosité professionnelle.
Elle essaie d’être au courant de tout ; sa sensibilité
maghrébine et orientale ne l’empêche pas de regarder du côté
du rap américain, de la techno anglaise ...
A travers Maaloumat akida, elle nous offre le meilleur de sa
voix, de sa présence et de son interprétation. Parfois, elle
se veut proche de la diva libanaise Fayrouz.
La chanteuse a décidé de faire peau neuve, d’ailleurs on le
remarque dès la première chanson, Maaloumat mech akida
(informations incertaines). Sur des airs de jazz oriental,
elle raconte l’histoire d’une femme qui informe son bien-aimé
que la continuité de leur idylle n’est qu’informations
incertaines.
La
même musique, signée Ziad Rahbani, revient vers la fin de
l’album pour donner une version contraire de l’histoire. Cette
fois-ci les « informations sont certaines » comme le stipule
le titre de la dernière chanson Maaloumat akida. Un jeu
d’amour. Deux chansons antithétiques. On peut quand même
changer d’avis.
Latifa cherche à élargir son audience mais aussi à fidéliser
son public. Du coup, elle a offert une palette de styles très
différents. Et mise, paraît-il, sur le Rahbani junior et
l’accent libanais. Dans les trois chansons Hayati (ma vie),
Chofto bi eini (de mes propres yeux) et Tefl soghayar (petit
enfant), c’est l’arrangement musical de Jean-Marie Riachi qui
apporte de l’originalité, mêlant des airs purement orientaux
et un arrangement très occidental.
Même la photo de couverture, en robe et châle blancs, n’est
pas sans rapprocher Latifa de la diva Fayrouz. Une manière de
changer de look.
Nostalgique et lumineux est le second album de Loay, Mine
hayëdar (qui pourra ?). Ce jeune chanteur a mêlé la pop aux
airs arabes, représentant la primauté d’une jeune génération.
Il mélange une fois de plus rythmes arabisants et harmonies
occidentales. Une fusion qui a fait le succès de son premier
album Ana keda (je suis comme ça), sorti en 2004. Une voix
agréable, une musique simple et des paroles bien choisies
triées soigneusement, telle est la recette de ce jeune homme,
qui ne parle que d’amour.
Une œuvre forte, sombre et romantique, c’est la chanson Ah ya
choë (O la tendresse de l’éloignement) écrite par Abir
Al-Razzaz et composée par Tamer Ali. Les deux chansons
Tessaalni ana (tu me demandes à moi ?) et Mine hayëdar (qui
pourra ?), écrites et composées par Khaled Ezz, s’avèrent les
plus attirantes, du fait de la profondeur des paroles et de la
richesse de la composition. Ayant découvert et présenté Loay
dans son premier album, Khaled Ezz semble le mieux connaître
la capacité de sa voix. Il a réussi à en faire ressortir la
puissance.
Lessa habayeb (toujours amoureux) de Moustapha Amar est la
plus décevante des nouvelles sorties. Le chanteur y a
indéniablement moins de charme qu’auparavant. Les 11 chansons
de l’album se ressemblent et ont un air de déjà vu. Aucune
nouveauté ni sur le plan des rythmes ni sur celui de
l’arrangement musical.
Toujours
le même mélange d’Orient-Occident, avec notamment la présence
d’instruments orientaux tels que le nay (flûte orientale), le
luth, le violon et le qanoun (instrument à cordes) et
d’autres instruments occidentaux tels la guitare et le
keyboard.
Moustapha Amar a eu recours aux mêmes collaborateurs qui ont
déjà travaillé avec lui sur ses précédents albums, excepté
quelques nouveaux éléments, dont les compositeurs Mohamad
Al-Nadi, Hamada Nabil et Mohamad Al-Charnoubi.
Le chanteur s’obstine toujours à présenter le slow amourette à
travers les chansons Zay zaman (comme autrefois) et Mech
awaydak (t’en as pas l’habitude). L’harmonie orientale dans Bi
nazret ein (un regard) et la pop dans Lessa habayeb (toujours
amoureux) sont une manière de flirter avec tous les goûts.
Yom min baad yom (un jour après l’autre) et Kan we kan (il
était une fois) restent parmi les chansons caractéristiques de
cet album, avec leurs rythmes rapides et ascendants, faisant
l’image de marque de Moustapha Amar.
Un sentimental qui n’a rien d’insolite.
Yasser
Moheb