L’Histoire rend justice à Ismaïl Fahmi
Mohamed Salmawy
Le feu aux poudres
Salama A. Salama
Un nouveau gouvernement palestinien
Wahid Abdel-Méguid
Politologue
Le casse-tête de l'admission aux universités
Hani Al-Nazer
Président du Centre national de recherches
Les enjeuxde l'union nationale
Ibrahim Nafie
Edito
L’autre bataille
Le Hezbollah s’est lancé dans une nouvelle bataille au Liban, celle de la reconstruction. Car il est conscient que s’il veut garder le soutien de ses sympathisants et garder sa popularité, il a besoin de montrer qu’il peut rapidement la gagner.
Dans la banlieue sud populaire de Beyrouth, comme dans d’autres régions du Sud-Liban, cible régulière en juillet et en août des frappes israéliennes qui les ont réduites à un champ de ruines, les cadres de la formation chiite mettent les bouchées doubles. Nettoyage des rues, réparation des bâtiments qui peuvent l’être, distribution d’aides financières, l’activité est frénétique. Depuis quatre semaines, une armée de militants, maniant la pelle et la pioche, conduisant des engins de terrassement ou des camions de déblaiement, s’est mise au travail pour effacer les traces de ce qui fut une des campagnes de bombardements les plus violentes qu’ait connues le pays du Cèdre.
Dans la seule périphérie de la capitale libanaise, quelque 18 000 habitations ont été détruites, entièrement ou partiellement, des immeubles entiers ont été réduits en monceaux de gravats et beaucoup de ceux qui sont encore debout menacent de tomber. Dans le quartier à majorité chiite de Haret Hreik, fief du Hezbollah au sud de la capitale, où se trouvait notamment la résidence du chef de la formation chiite Hassan Nasrallah et le siège de la télévision du parti Al-Manar, les hommes du parti sont toujours maîtres des lieux, dans un endroit considéré comme un « Etat dans l’Etat ».
Pour la formation chiite, qui a bâti sa réputation sur sa capacité de faire avancer les choses, dans un pays où traditionnellement l’action étatique est lente, il s’agit encore une fois de démontrer qu’il peut tenir ses promesses. But : faire en sorte que les zones populaires dévastées retrouvent le plus rapidement possible leur visage d’avant-guerre. C’est pour le Hezbollah un moyen de maintenir son influence au sein des milieux chiites, alors qu’il est engagé dans un bras de fer avec le gouvernement du premier ministre Fouad Siniora.
Pari, semble-t-il, en passe d’être gagné. Les habitants des zones détruites —qui reçoivent une aide financière du Parti de Dieu de 12 000 dollars pour une habitation détruite, et qui touchent moins que cette somme lorsque les dommages ne sont que partiels— croient que leurs quartiers ont déjà changé et que les choses iront encore mieux dans les prochaines semaines.