Al-Ahram Hebdo,Invité | Yousri Al-Gamal,  « Il faut associer le secteur privé et toute la société à l’enseignement »
  Président Salah Al-Ghamry
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 20 au 26 Septembre 2006, numéro 628

 

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Invité

Le ministre de l’Education, Yousri Al-Gamal, s’exprime sur les grands dossiers de la rentrée scolaire et évoque les efforts de son ministère pour améliorer la qualit de l’enseignement.

 « Il faut associer le secteur privé et toute la société à l’enseignement »

 Al-Ahram Hebdo : Comme tous les ans, le grand problème de la rentrée est celui des sureffectifs. On en est à 80 élèves par classe dans certaines écoles, ce qui accable les professeurs et les élèves ...

Yousri Al-Gamal : Je pense que ce chiffre est exagéré. Le problème des sureffectifs ne se pose que dans environ 35 % des écoles où nous avons une moyenne de 40 ou 45 élèves par classe. Dans les autres écoles, la moyenne d’élèves par classe est inférieure à 40 et est donc acceptable. Soulignons aussi le fait que la densité des classes varie d’un gouvernorat à l’autre. Par exemple, le gouvernorat de la Nouvelle Vallée ne souffre pas du tout d’un tel problème, au moment où des gouvernorats comme Le Caire et Guiza en souffrent terriblement. De même, nous souffrons de ce même problème dans l’enseignement technique et dans le cycle primaire. Pour le résoudre, nous n’avons pas le choix. Il faut construire de nouvelles écoles. Et c’est bien entendu l’objectif de l’Etat. Cette année, nous avons construit 526 écoles sur les 607 que nous avions prévues conformément au programme électoral du président Moubarak. En coopération avec le ministère des Finances, nous avons demandé une participation du secteur privé pour construire de nouvelles écoles. Le ministère loue ces écoles pendant une période de 10 ans. Après cette période, elles reviennent à l’Etat. Nous avons déjà signé des contrats pour construire une cinquantaine d’écoles sur un total de 300 que nous entendons construire conformément à ce système.

— Vous venez de parler de la participation du secteur privé. Certains estiment que le budget actuel de l’éducation est insuffisant. Etes-vous d’accord ?

— Nous avons besoin effectivement d’augmenter le budget de l’éducation. Notre budget s’élève actuellement à 18,6 milliards de L.E. et cela ne suffit pas pour faire face au nombre croissant d’élèves et au besoin de construire de nouvelles écoles. Mais à l’état actuel, on ne peut pas demander à l’Etat de l’augmenter étant donné ses responsabilités. Raison pour laquelle il faut associer le secteur privé et la société à l’enseignement, c’est-à-dire les associations, les hommes d’affaires et même les parents d’élèves, car l’enseignement est un investissement pour l’avenir. Il faut dire qu’il y a eu de très bonnes initiatives de la part des hommes d’affaires pour construire de nouvelles écoles ou pour effectuer les travaux d’entretien. C’est un bon soutien aux côtés des programmes de coopération internationale dont les budgets sont orientés vers l’amélioration du niveau des professeurs et l’entretien des écoles.

— La majorité des écoles publiques souffrent de détérioration et sont mal entretenues, ce qui met en péril la vie des élèves ...

— Je voudrais souligner ici que la responsabilité des bâtiments scolaires est une responsabilité commune entre les municipalités et l’Organisme des établissements scolaires dont le budget ne suffit pas à effectuer ce genre de travaux dans toutes les écoles. Pourtant, l’organisme a achevé les travaux d’entretien de 100 écoles cette année à Al-Nahda (zone sauvage au Caire). On a besoin d’un grand budget et c’est pour cela qu’on ouvre la porte à la participation du secteur privé.

— Tandis que le nombre d’élèves est en augmentation continuelle, il y a un manque au niveau des professeurs. Comment entendez-vous résoudre ce problème ?

— Il est vrai que le nombre de professeurs est inférieur à celui requis par les 39 000 écoles dont nous disposons. C’est un problème que nous rencontrons à chaque rentrée scolaire et que nous essayons de résoudre en augmentant sans cesse le nombre des professeurs. 40 000 enseignants ont été engagés cette année par le ministère. Nous avons proposé des contrats à durée déterminée à 20 000 autres.

— Mais, selon certains, ces professeurs contractuels ne sont pas toujours au niveau requis ...

— Nous avons fixé une période d’essai de 2 ans au maximum pour évaluer le niveau de ces professeurs. Après cette période, l’enseignant obtient un permis de travail permanent. Pour améliorer la qualité de l’enseignement et le niveau des professeurs, nous proposons à ces professeurs une formation, des stages pratiques surtout dans les spécialisations requises. Il faut dire aussi qu’il incombe à l’Etat d’améliorer la qualité de l’enseignement et faire en sorte que toutes les écoles obtiennent des certificats de qualité.

— Ne s’agit-il pas d’un objectif difficile à réaliser ?

— Je suis sûr qu’un grand nombre d’écoles peuvent obtenir les certificats de qualité que le ministère décerne aux établissements distingués. Mais, il faut aussi avouer qu’on a besoin de plusieurs années pour réaliser ces critères de qualité afin d’avoir une école active, des laboratoires, une bonne gestion, une formation continue des professeurs et bien entendu de bons résultats.

— La réduction des matières scolaires dans les primaire et secondaire a été l’une des nouveautés de cette rentrée scolaire. Pourquoi cette décision ?

— Il y a cette année deux changements qui visent à développer les trois premières années du cycle primaire ainsi que la première secondaire. En ce qui concerne les premières, le Haut Conseil de l’enseignement pré- universitaire a décidé de réduire le nombre de matières à 4, à savoir la langue arabe, la religion, le calcul, et une langue étrangère, alors que le reste des matières entrera dans le cadre des activités. Ce système permettra d’alléger le fardeau dont souffrent les élèves depuis longtemps et leur donnera l’occasion de faire des activités qui vont représenter cette année 50 % du travail à l’école. Une autre nouveauté importante est que la journée scolaire sera répartie sur trois tranches d’horaires, dont chacune durera une heure et demie, séparées par des pauses. Pour ce qui est de la première secondaire, les matières seront au nombre de 7 au lieu de 14 et les examens se feront sur deux semestres, ce qui diminuera la crainte qu’éprouvent les parents envers cette année qui prépare l’élève au bac.

— Beaucoup d’écoles manquent de matériel informatique. Et pourtant l’informatique est devenue une matière obligatoire ...

— Ce problème est sur la voie d’être résolu. Nous avons conclu un accord pour équiper 2 000 écoles de réseaux informatiques et d’Internet. D’autre part, des stages d’informatique sont organisés pour les 80 000 professeurs, et 53 000 parmi eux ont fini leur stage avant la rentrée scolaire. En plus, on a réussi pour la première fois à résoudre les problèmes des écoles situées dans les zones éloignées qui ne disposent pas de lignes téléphoniques en leur fournissant des lignes d’Internet DSL.

— L’année dernière, il y a eu des problèmes au niveau des examens et des résultats du bac. Il y a eu de nombreuses plaintes quant aux examens ...

— Je pense que les problèmes du bac viennent de la tension des parents d’élèves qui sont terrifiés par cette épreuve. J’estime à ce sujet que les médias aussi jouent un rôle dans l’intensification de cette crainte. Nous avons 456 000 élèves au bac, et nous avons un centre national chargé de préparer les examens selon les programmes à travers des spécialistes. Et je ne suis pas d’accord avec ceux qui disent que le gouvernement a durci les examens pour réduire le nombre d’élèves dans les universités et attirer les élèves vers l’enseignement technique, car ce genre d’enseignement représente 62 % des élèves au moment où le cycle secondaire en représente 38 % seulement. Nous avons formé une commission commune avec le ministère de l’Enseignement supérieur pour examiner les problèmes du baccalauréat.

— Certains dénoncent le manque d’une politique cohérente dans le secteur de l’enseignement. La suppression et le rétablissement de la sixième année primaire est un exemple frappant de ce manque d’harmonie ...

— Autrefois, il y avait une telle incompatibilité des décisions mais aujourd’hui, nous avons un organisme national pour garantir la qualité de l’enseignement et cet organisme est indépendant du ministère. Et c’est à lui de prendre les décisions et non pas les ministres, car il dispose d’une administration chargée de mettre en place une bonne planification. Maintenant, avant de prendre une décision quelconque, il faut prendre le temps nécessaire pour les recherches et l’étude. Tel a été le cas pour la décision de changement des trois premières années du cycle primaire, qui est passée, après l’étape d’études, au Conseil consultatif et puis à l’Assemblée du peuple pour être examinée.

Ola Hamdi

 




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