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Société.
Une de nos lectrices s'élève contre l'âge précoce du mariage des
jeunes filles, notamment dans les villages.
Les filles, éternelles victimes
J'ai appris par les journaux il y a quelques
semaines qu'un projet de loi relatif au mariage sera promulgué.
Ce projet de loi stipule d'élever l'âge du mariage des filles de
16 à 18 ans. J'espère que ce projet sera voté car il va protéger
les filles, ou plutôt les femmes, de problèmes sanitaires. Par
exemple, certaines femmes meurent pendant l'accouchement ainsi
que leurs bébés, ceci à cause du mariage des filles à un âge
trop précoce. On observe ce phénomène surtout dans les villages
de Haute-Egypte. Et ce sont toujours les filles qui en sont les
victimes. En effet, les parents n'hésitent pas à falsifier les
extraits de naissance pour qu'elles paraissent plus âgées afin
de pouvoir les marier avant l'âge prévu par la loi. Autres
facteurs, la pauvreté, la maladie dans les mariages précoces
sont des facteurs qui influent négativement sur la santé de ces
jeunes femmes qui deviennent chétives et perdent leur santé.
Amal Ibrahim,
Guiza.
Une capitale aux multiples fonctions
J’ai pris connaissance de votre revue en
ligne beaucoup trop tard pour pouvoir répondre rapidement à
votre article paru dans le n° 540 d'Al-Ahram Hebdo daté du 12
janvier 2005 dans la page Le Fait de la semaine : Un gigantisme
si attirant. Cependant, je crois que ce sujet est toujours
d’actualité et je me permets de vous écrire pour appuyer les
thèses émises. Vous citez dans cet article un extrait de ma
thèse en géographie urbaine que j’ai en effet préparée en partie
au CEDEJ. Toutefois, votre deuxième dossier du même numéro cite
une conclusion que j’ai moi-même évoquée, à savoir l’importance
des nouvelles technologies dans l’aménagement urbain, notamment
dans les CBD, Central Business District, comme celui du Caire.
Lors d’une entrevue avec M. Ahmad Nazif, qui m’a fait l’honneur
de me recevoir alors qu’il n’était pas encore premier ministre,
j’ai évoqué le problème de l’adaptation du patrimoine
architectural du centre-ville XIXe aux contraintes des quartiers
d’affaires. La première idée est celle de la mise en œuvre d’un
plan de sauvegarde pour que ce patrimoine, qui est certes
d’influence étrangère mais qui fait partie intégrante de
l’identité du Caire, soit préservé. Mais préserver pourquoi ?
D’où la deuxième idée, celle que j’introduis par la distinction
entre Front offices et Back offices. Pour moi, ce cadre
architectural se prête mal à une transformation radicale selon
les normes et les modes de travail contemporains. Et pour aller
dans le sens de M. Aboul-Einein, je vois la possibilité de
renforcer l’image et l’utilité de ce centre en lui conférant une
fonction de représentation et de réception, qui est sous-jacente
au terme de Front offices, et en le dotant de moyens
électroniques permettant de renvoyer les bureaux de traitement
et d’exécution, ou Back offices, à sa périphérie. C’est une idée
qui est mise en œuvre, y compris dans les capitales occidentales,
où l’on s’aperçoit un peu tard des bienfaits de la mixité des
fonctions. C’est pourquoi il ne faut pas perdre ce qui fait la
richesse humaine de ce centre-ville. Il est important de lui
conserver des fonctions commerciales, des fonctions
résidentielles, des fonctions universitaires, des fonctions
gouvernementales, des fonctions touristiques, même si le vieux
musée n’a plus le même caractère attractif.
Il y a donc encore de l’avenir pour les
architectes égyptiens, la réflexion sur les Back offices doit
être prolongée vers des études de programmation urbaine, des
études d’opportunité et d’implantation, qui peuvent déboucher,
j’en suis sûr, sur une image tout à fait originale pour « La
Victorieuse » en ce début de siècle .
Dr Rohard, représentant de CARDIS,
Urbanisme et programmation, pour la région IdF, Paris.
Les écoles étrangères, pourquoi ?
Ces dernières années, on remarque que
beaucoup d'étudiants fuient le bac (sanawiya amma) pour
s'inscrire dans des écoles étrangères (américaine, canadienne,
allemande ou française), espérant ainsi obtenir un pourcentage
qui leur permettra d'entrer dans les facultés d'élite. Ces
étudiants croient que les facultés des lettres, de droit ou de
pédagogie sont de moins bonne qualité que les facultés de
médecine, polytechnique ou pharmacie. C'est faux, car il n'y
aurait pas de médecins ou d'ingénieurs sans professeurs d'arabe,
d'anglais, de sciences, de maths, de français ou encore
d'Histoire et de géographie. Le pire, c'est que les parents de
ces étudiants pensent qu'ils peuvent acheter les notes avec
l'argent. L'Etat a accepté la présence de ces écoles étrangères
pour aider les étudiants à poursuivre leurs études à l'étranger
s'ils le désirent, mais le message a été mal compris.
Ménatallah Ahmed,
Le Caire.
Nous pataugeons dans l'absurde !
Après le cessez-le-feu entre Libanais et
Israéliens, on a commencé à reprendre notre souffle. Mais le
Liban a encore beaucoup de choses à faire. Le bilan est lourd et
les pertes sont considérables. Le pays a perdu beaucoup de sa
main-d'œuvre, et ses infrastructures sont complètement détruites
: les établissements, les aéroports, les usines, les ponts, les
tunnels, les hôpitaux, etc. Ce fut une expérience bien difficile
pour le Liban. Même s'il a beaucoup perdu, il est sorti de cette
guerre prouvant à tout le monde comment il était fort. Il ne
s'est point résigné et a refusé le mépris et l'injustice,
gardant sa dignité. Le pays du Cèdre s'est battu avec tout ce
qu'il possède pour donner une leçon à son ennemi qui se croit
capable de tout. Les Arabes peuvent paraître faibles et
inoffensifs mais en cas de danger ou d'urgence, on enlève le
masque et on s'acharne sans pitié. Ce qui m'étonne le plus dans
cette guerre, c'est la réaction de l'Amérique très bizarre à
l'égard de la guerre. Elle s'est montrée passive et indifférente
à la fois. Son comportement n'explique pas son initiative durant
les conflits au Darfour où elle s'est tout à coup mise à
dénoncer à haute voix les guerres civiles tout en craignant un
désastre humain qui menacerait les Soudanais. Sans oublier son
occupation de l'Iraq, qui a duré plus que prévu. Les Etats-Unis
promettaient qu'ils ne la quitteraient que lorsque l'Iraq serait
capable de se défendre seul et de contrôler les conflits entre
les différentes composantes de sa société. Ils sont fiers
d'avoir offert la liberté à l'Iraq en la débarrassant du monstre
Saddam qui a menacé l'Amérique. Mais de quelle liberté
parlent-ils ? Les Etats-Unis ont-ils oublié comment ils ont
vendu le continent d'Amérique, tiré le feu sur ses habitants et
torturé sans merci ; ils ont oublié ce qu'ils ont fait aux Noirs
qu'ils rapportaient d'Afrique pour les réduire à l'esclavage ?
Et aujourd'hui, ils viennent comme des saints, des anges tombés
du ciel pour offrir la liberté et la démocratie. Cela est
absurde !
Rim Mohamed Fathalla,
Ismaïliya.
Poussières de guerre
« Bastion du Hezbollah », « Forteresse du
Hezbollah », « Capitale du Hezbollah » … Les appellations n’ont
pas manqué pour définir la banlieue sud de Beyrouth avant les
attaques israéliennes. En effet, la banlieue sud a abrité les
écoles et les hôpitaux financés par le Hezbollah, les posters de
Sayed Hassan Nasrallah et les dessins du drapeau israélien en
flammes, les boîtes à aumônes des fondations iraniennes et les
librairies islamiques pro-iraniennes. Mais, il y a eu aussi la
maison du grand marjaa Mohamad Hussein Fadlallah, qui a pris ses
distances sur certains points avec le Hezbollah, les rues ornées
des drapeaux Amal, les constructions plus ou moins précaires
rappelant les déplacements de populations suite à la guerre
civile et aux opérations israéliennes. Mais non, tout cela a été
englobé plutôt qu’analysé, tout cela a été détruit plutôt que
compris. « La banlieue sud bombardée », « La banlieue sud
pilonnée », « La banlieue sud dévastée » … Les articles de
presse se sont succédé pour décrire la banlieue sud après les
attaques israéliennes. Ainsi, la banlieue sud n’est plus que «
poussières de guerre », parce que « poussières de guerre » sont
les immeubles, les épiceries, les salons de coiffure, et «
poussières de guerre » accées de fibres d’amiante qui se sont
dispersées dans l’air du fait des bombardements. Et pourtant, il
y a eu aussi les sourires des enfants retrouvant certains de
leurs jouets parmi les décombres, les habitants de retour dès
l'annonce de la fin des bombardements qui se sont mis au
travail, la télévision Al-Manar et la radio Nour qui ont décidé
de revenir diffuser leur message au milieu de leurs locaux
totalement démolis. En clair, la banlieue sud a su mettre en
application un message d’espoir prononcé par son grand prêcheur
du vendredi. Ce message d’espoir qui rappelle une histoire où
Issa (Jésus), marchant dans le désert avec ses apôtres, croise
le cadavre putréfié d’un homme. Certains d’entre eux s’exclament
: Regardez comme sa peau a noirci ! D’autres remarquent que les
vers ont commencé à lui manger les yeux. Mais Issa leur dit :
Regardez la blancheur de ses dents !
Khalila Coeffic, France. |
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