Al-Ahram Hebdo,Société | La bataille de la carte grise
  Président Salah Al-Ghamry
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
Nos Archives

 

 Semaine du 30 Août au 5 Septembre, numéro 625

 

Contactez-nous Version imprimable

  Une

  Evénement

  Enquête

  Dossier

  Nulle part ailleurs

  Invité

  Egypte

  Economie

  Monde Arabe

  Afrique

  Monde

  Opinion

  Kiosque

  Société

  Arts

  Idées

  Livres

  Littérature

  Visages

  Environnement

  Voyages

  Sports

  Loisirs

  Vie mondaine

  Echangez, écrivez



  AGENDA


Publicité
Abonnement
 
Société

Bureaucratie. Les directions de la circulation chargées de délivrer la carte grise sont la bête noire des citoyens qui y mènent à chaque renouvellement un vrai parcours du combattant. Le manque de plaques d’immatriculation ces derniers mois vient ajouter un tracas de plus. Etat des lieux.

La bataille de la carte grise

La scène se déroule au sein de la direction de circulation d’Héliopolis. Ali, un habitant du quartier, est exténué. C’est en fait la troisième fois qu’il se présente pour obtenir une carte grise pour sa nouvelle voiture. « J’espère aujourd’hui repartir avec cette carte grise », dit Ali en remettant ses papiers à l’employé. En fait, ce citoyen s’est présenté à deux reprises au service des permis pour régulariser les papiers de sa nouvelle voiture mais on lui a fait savoir qu’il y a un manque de plaques d’immatriculation. Lorsque Ali est passé pour la première fois, il pensait liquider ce problème en une ou deux heures, d’autant plus qu’il était parmi les premiers et que tous ses papiers étaient en règle. Aujourd’hui encore, il est surpris d’avoir la même réponse. « A chaque fois j’attends pendant des heures et je rentre bredouille. Ma voiture est garée en bas de la maison parce que je ne peux pas la conduire sans numéro d’immatriculation », lance Ali. En fait, ce n’est pas uniquement à la direction d’Héliopolis que ce problème se pose mais dans toutes les autres directions du Caire et de Guiza. Ces derniers temps, les plaques d’immatriculation font défaut et aucun responsable ne daigne donner d’explications. « Comme s’il n’y avait pas assez de tracas pour obtenir la carte grise ! En voilà un de plus », dit Samia qui est venue pour la septième fois et commence à perdre patience. Quant aux responsables, indifférents aux déboires des citoyens, ils ont trouvé enfin un prétexte pour se justifier. Selon le général Fawzi Hassan, directeur de la circulation de la capitale, les dernières statistiques affirment que chaque mois il y a environ 5 850 cartes grises à délivrer à Guiza et 2 620 au Caire. Ces chiffres ont augmenté, ce qui explique le manque de plaques d’immatriculation. D’après le général Hassan, ceci est dû au grand nombre de nouvelles voitures qui nécessitent des cartes en plus des vieilles voitures qui existent déjà et qui ont besoin de changer de plaques d’immatriculation, usées par le temps. Mais Hassan assure que l’usine qui fabrique les plaques d’immatriculation a multiplié son rendement pour pallier ce manque. Même si les uns considèrent que cette réponse reste insuffisante, au moins les responsables reconnaissent qu’il y a un problème. « Le marché automobile a témoigné dernièrement d’une grande hausse dans la vente de voitures. Les agences ont facilité les procédures d’achat. Elles demandent un minimum d’avance, moins de garanties et un payement à crédit à long terme », dit un responsable à la direction de la circulation.

Si le manque de plaques d’immatriculation a irrité les gens, le fait de sortir une carte grise reste toujours un véritable casse-tête. « Mon calvaire est de devoir passer par là. Alors autant venir le moins possible ici. J’ai choisi de refaire ma carte grise tous les trois ans, quitte à payer un peu plus », dit Kamal, médecin.

Au premier coup d’œil, le visiteur remarque certains changements. Un cadre qui donne l’impression que la direction tente de faire de son mieux pour que les clients soient à l’aise. Un climatiseur, des bancs au milieu de la salle, une chaise pour que le client s’assoit en face de l’employé qui lui prépare ses papiers et un écran télé suspendu d’où sont diffusées des chansons des chaînes satellites. Quel bonheur de voir ces facteurs de civilisation, mais en quelques minutes, on finit par être déçu. On réalise que le tout n’est qu’une question d’apparence car le système et les mentalités n’ont pas changé. Tout d’abord, ces bancs vont servir dans peu de temps à des gens indignés car pour rassembler les papiers nécessaires, acheter des timbres et photocopier sa carte d’identité, il faut passer par les trois étages, monter et descendre plusieurs fois de vieux escaliers sales, attendre que son tour arrive en face de chaque guichet derrière lequel se tient le plus souvent un employé au visage taciturne. Et pendant ce temps, les citoyens continuent d’affluer et l’on finit par ne plus trouver de place pour s’asseoir. « C’est impossible de laisser mon père ou ma mère âgés venir ici pour faire leurs papiers, ils ne pourront pas supporter, surtout que rien n’a été conçu pour le service des gens âgés ou handicapés », dit Hoda, venue renouveler les permis de ses parents. En plus du manque d’air et de l’odeur de la transpiration, il y a la fumée de cigarettes qui indispose malgré les pancartes qui interdisent de fumer. Un officier responsable du bureau sort de temps à autre pour sommer les gens de parler moins fort. Et au cours de ces longues heures d’attente, on remarque quelques privilégiés qui passent outre le système instauré.

Les supers et les normaux

En effet, les pistonnés ne passent pas par la salle d’accueil mais rentrent directement dans le bureau du responsable. Le temps d’échanger quelques nouvelles, ils ressortent avec la carte grise en main, alors que d’autres attendent leur tour depuis des heures et leur lancent un regard envieux. « Une situation aberrante et avilissante quand le piston doit diviser les gens en deux catégories : supers et normaux », dit Fouad. Mais les gens normaux aussi ont fini par trouver des ficelles. En glissant quelques livres dans les mains des agents qui ramènent les papiers et rentrent dans tous les bureaux, cela facilite bien les choses. A la fin d’une journée éprouvante, le visiteur peut sortir avec sa carte, sauf s’il y a un cas de force majeure comme ces jours-ci à cause du manque de plaques d’immatriculation. En attendant, tout ce monde doit prendre son mal en patience jusqu’à ce que l’un d’eux trouve un piston et à défaut attendre son tour pour être honoré d’une plaque d’immatriculation. Et après tous ces déboires, cette carte grise chèrement payée restera toujours une source de soucis pour son propriétaire qui doit la renouveler chaque année ou tous les trois ans, l’obligeant ainsi à revivre à chaque fois le même calvaire, sans compter les contraventions. « Personnellement, je ne peux oublier le jour où l’on m’a collé une amende de 450 L.E. sous prétexte que je tenais mon cellulaire en conduisant, alors que je n’en possédais pas un à ce moment-là », lance Galal en ajoutant qu’il a été obligé de payer pour pouvoir renouveler sa carte grise.

En fait, ce n’est pas seulement la carte grise qui cause beaucoup de tracas aux citoyens, mais aussi le permis de conduire. L’examen de conduite a lieu dans de vieux véhicules et c’est souvent le piston qui décide du résultat.

Hanaa Al-Mekkawi

Retour au sommaire

 




Equipe du journal électronique:
Equipe éditoriale: Névine Kamel- Howaïda Salah - Chourouq Chimy
Assistants techniques: Karim Farouk - Dalia Gabr
Webmaster: Samah Ziad

Droits de reproduction et de diffusion réservés. © AL-AHRAM Hebdo
Usage strictement personnel.
L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la Licence

de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.