Si
les superpuissances étaient réellement sérieuses dans leur
volonté de mettre un terme au conflit entre le Liban et Israël,
elles devraient pouvoir y arriver. A commencer par les racines
de cette crise, en l’occurrence les Fermes de Chebaa, et ceci à
travers les Nations-Unies. Israël doit se retirer de cette
région qui serait placée sous la tutelle des forces
internationales jusqu’au moment de la démarcation des frontières
syro-libanaises. Ou bien, il faudrait une reconnaissance
officielle syrienne que les Fermes de Chebaa sont libanaises. Si
les superpuissances désirent réaliser la paix et la sécurité sur
la frontière libano-israélienne, faciliter l’application de la
résolution 1 701 avec un consentement libanais total sans devoir
promulguer de nouvelles résolutions ou menacer l’intégrité
territoriale libanaise, elles doivent prendre l’initiative de
placer Chebaa sous la tutelle des Nations-Unies. Dans ce cas, il
n’y aurait aucune justification de l’existence d’une résistance
sur le territoire libanais. En plaçant Chebaa sous une tutelle
internationale, et par le retrait des forces israéliennes
jusqu’aux lignes de la trêve de 1949, le climat augurera la fin
du conflit arabo-israélien, du moins de son volet libanais.
Les superpuissances continuent à adopter une
politique erronée à l’égard du conflit arabo-israélien en
s’alignant aveuglément sur la position israélienne et en faisant
assumer aux Arabes, le prix du règlement. Si cela devrait être
le cas, le résultat serait une escalade du conflit et en aucun
cas un règlement. Il est clair qu’aujourd’hui les
superpuissances, avec à leur tête les Etats-Unis, disposent
d’une véritable occasion pour parvenir à un règlement juste et
équitable. Une chance qui donnerait naissance à une stabilité et
préparerait le terrain à une paix durable. L’unique condition
est qu’Israël paye le prix du règlement en veillant à
l’application des résolutions internationales ainsi que les
clauses qui le concernent dans la résolution 1 701. Sinon le
conflit se compliquerait davantage, et par conséquent, une
occasion historique qui ne se répéterait probablement pas pour
un véritable règlement serait perdue.