Malgré une campagne massive d’information de l’armée libanaise et de l’Onu, les bombes à fragmentation israéliennes qui n’ont pas explosé font chaque jour de nouvelles victimes au Sud-Liban parmi les civils et notamment les enfants.
Depuis l’arrêt des combats le 14 août, les bombes à fragmentation ont déjà tué 11 personnes et fait 43 blessés, dont plusieurs enfants, selon les chiffres de l’armée libanaise. Le Centre de coordination de l’action anti-mines des Nations-Unies (Macc) à Tyr souligne que des milliers de bombes jonchent le sol libanais. Certaines bombes larguées par les Israéliens, les BLU-63 et les M-77, dispersent chacune plusieurs centaines de sous-munitions quand elles touchent le sol. 185 de ces bombes à fragmentation ont été trouvées à ce jour par les équipes d’experts qui tentent de nettoyer le terrain, alors que les habitants sont déjà rentrés chez eux après la fin des combats. Chaque jour, de nouveaux explosifs sont découverts au fur et à mesure que progressent les artificiers.
Mais la majorité de ces explosifs n’a pas explosé. Et l’Onu souligne la grande difficulté à retrouver ces bombes dans les décombres. Ce qui a transformé les maisons des Libanais en de véritables champs de mines au sud du pays, où des villages entiers ont été contaminés par les bombes larguées par l’armée israélienne.
L’Onu dans un bulletin d’information a mis en garde les Libanais, notamment les parents d’enfants, leur demandant d’être particulièrement vigilants. Cet avertissement est relayé par quelque 100 000 tracts et 10 000 affiches distribués par l’armée libanaise à des points de contrôle, et une campagne de la radio et de la télévision. Malgré cela, les Nations-Unies soulignent que le bilan des victimes ne cesse de grimper. Il s’agit principalement de bombes à fragmentation trouvées dans les maisons, dans les jardins, dans les champs, sur les toits des hôpitaux ou sur les principaux axes de circulation. L’organisation internationale souligne le manque de personnel et de matériel disponibles pour venir à bout de ces engins prêts à exploser. A cela s’ajoutent, selon l’armée libanaise, les 450 000 mines toujours plantées par Israël, avant son retrait en 2000, le long de la Ligne bleue, marquant la frontière entre le Liban et l’Etat hébreu, entre Naqoura et Chébaa, d’ouest en est. Dans cette région frontalière, où vivent un demi-million d’habitants, il y a une mine tous les 133 m2 .