Al-Ahram Hebdo,Invité | Farkhonda Hassan
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 Semaine du 30 Août au 5 Septembre, numéro 625

 

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Invité

Farkhonda Hassan, secrétaire général du Conseil national de la femme, évoque les efforts consentis par cette institution pour améliorer le statut des femmes en Egypte et promouvoir leur rôle dans la société.

« Le statut de la femme égyptienne s’est amélioré au cours des dernières années »

Al-Ahram Hebdo : Un sommet mondial sur la femme et le monde d’affaires s’est tenu récemment au Caire. Pourtant, la participation de la femme demeure toujours faible dans ce domaine. Qu’en pensez-vous ?

Farkhonda Hassan : Effectivement, l’Egypte a réussi à accueillir le sommet international de la femme sous les auspices de Mme Suzanne Moubarak, présidente du Conseil national de la femme, et avec la participation de délégations ministérielles et officielles. L’objectif de cette conférence était de promouvoir l’activité économique de la femme à l’échelle mondiale et d’explorer les expériences réussies dans ce domaine pour servir de guide. Le sommet était, en général, une occasion pour le rassemblement des femmes d’affaires égyptiennes et pour la mise en place de partenariats notamment pour les petits projets. D’ailleurs, nous avons récemment conclu des accords avec le Vietnam et la Chine.

S’agissant des efforts déployés par le conseil pour donner une impulsion au rôle de la femme dans le domaine des affaires, ils sont nombreux. Nous disposons d’un centre d’études qui propose aux femmes qui le souhaitent l’apprentissage des méthodes de gestion de petits projets dans l’objectif de leur permettre une réalisation réussie. Il s’agit également de promouvoir la qualité du travail de la femme dans les divers domaines. Nous avons également des centres d’information dont la mission est de rendre disponibles toutes les informations nécessaires sur les petits projets à travers Internet.

— Comment évaluez-vous aujourd’hui le statut de la femme dans la société égyptienne en général ?

— La femme égyptienne dispose d’un potentiel solide au sein de la société surtout si elle a fait des études. Cette réalité est confirmée par le rapport des Nations-Unies sur l’Egypte. Nous remarquons par exemple que le nombre de femmes qui occupent des postes de direction et celles qui font partie du corps enseignant est en continuelle hausse. Bien sûr, la représentation féminine au Parlement demeure très faible, ce qui nous incite à aller de l’avant dans nos efforts et dans la promotion de son rôle dans la société.

— Pensez-vous que les lois actuelles garantissent les droits des femmes ou bien avons-nous besoin d’amender certaines lois ?

— Le Conseil national de la femme a eu le mérite de proposer un certain nombre de lois qui ont nécessité des années de travail et d’efforts par les experts et les spécialistes. Ces lois ont été promulguées et je cite à titre d’exemple la loi de la nationalité, celle sur les tribunaux de la famille ainsi que celle sur l’assurance familiale. Tout ceci rend justice à la femme après de longues années de souffrance. La Constitution, de son côté, accorde tous les droits à la femme. Cependant, nous avons besoin d’introduire quelques amendements dans la loi électorale pour garantir un taux de représentativité raisonnable au sein des conseils législatifs.

— Certaines ONG travaillant dans le domaine de la femme estiment que malgré les lois en vigueur et les conventions internationales relatives aux droits de la femme, approuvées par l’Egypte, le statut de la femme égyptienne n’a pas beaucoup évolué. Qu’en pensez-vous ?

— C’est un avis étrange. Celui qui suit de près la situation sait que la femme égyptienne a réalisé de nombreux acquis. Bien entendu, on ne peut pas tout faire du jour au lendemain et changer l’héritage culturel. La réalité montre qu’un énorme effort a été déployé.

— Le taux d’analphabétisme est toujours important parmi les femmes. Comment peut-on faire face à ce phénomène ?

— Le Conseil national de la femme accorde une importance particulière à l’analphabétisme. Surtout que ce taux chez les femmes est deux fois plus élevé que chez les hommes. Des efforts importants sont actuellement déployés. Des études sont effectuées sur le terrain pour déterminer le taux d’analphabétisme avec précision. D’autre part, nous avons mis la main sur les obstacles qui entravent l’exécution de certaines stratégies de lutte contre l’analphabétisme. C’est pourquoi le conseil a adopté de nouvelles stratégies pour remédier à ce problème et réaliser des résultats efficaces. Nous essayons, par exemple, de connaître l’environnement des femmes analphabètes et de connaître leurs besoins. Ainsi, pouvons-nous élaborer des programmes d’alphabétisation adaptés à leurs besoins.

— Les femmes égyptiennes ont obtenu, il y a quelques années, le kholea (principe qui permet à la femme d’obtenir le divorce selon son propre gré à condition de céder ses droits financiers). Mais les tribunaux mettent beaucoup de temps à prononcer leurs verdicts ...

— Le kholea est un droit légitime de la femme. J’étais parmi les toutes premières femmes à le revendiquer lorsque j’étais secrétaire générale de la femme au Parti National Démocrate (PND, au pouvoir). J’ai alors présenté une requête auprès du conseiller Farouq Seiffel-Nasr, l’ex-ministre de la Justice, et je lui ai dit que tout ce que je demandais était l’application du kholea qui est autorisé par la charia islamique. Nous faisons notre possible en coordination avec le ministère de la Justice pour résoudre les problèmes.

— Le statut de la femme arabe est-il un problème de loi ou de traditions ?

— Je ne crois pas que ce soit un problème de lois. Les lois que nous avons aujourd’hui en Egypte par exemple octroient aux femmes leurs droits dans les domaines politique, social et économique. Le problème est que certaines lois restent lettre morte face aux habitudes et aux traditions. Celles-ci sont inhérentes à la société et entravent parfois l’épanouissement de la femme. Mais il y a aujourd’hui une nouvelle tendance visant à lutter contre ces traditions et à les faire changer.

— Peut-on dire qu’il y a parfois un manque de volonté de la part de certaines femmes d’améliorer leur statut ?

— Non, je ne pense pas. La femme égyptienne a réussi à prouver qu’elle était capable et digne d’assumer les plus hautes responsabilités. Elle a obtenu un certain nombre de droits, a accédé aux postes les plus élevés et a intégré de nombreux domaines d’activité avec succès.

— 36 % des femmes égyptiennes prennent en charge la responsabilité de leurs familles. Quels sont les efforts déployés pour leur venir en aide ?

— Le Conseil a effectué une étude sur cette tranche de femmes dans les sociétés rurales pour déterminer les projets qui leur conviennent et qui leur sont rentables. Ainsi, certains projets ont été appliqués dans un nombre de gouvernorats. Ces femmes chefs de famille ont bénéficié d’un programme d’alphabétisation pour celles qui en avaient besoin ainsi que des services sociaux et médicaux.

— Il existe parfois des discriminations entre hommes et femmes au niveau professionnel. Comment affronter ce phénomène ?

— Le bureau des plaintes du Conseil national de la femme reçoit des appels de femmes qui souffrent de cette situation. Nous avons soumis ces plaintes au ministère du Développement administratif. Un protocole de coopération a été signé entre le Conseil national de la femme et le Conseil national des droits de l’homme pour examiner les plaintes de la femme qui travaille. Dans ce cadre, le conseil a organisé un dialogue autour des droits de la femme au travail et présenté plusieurs propositions pour amender le code du travail de façon à réaliser l’équité professionnelle entre l’homme et la femme.

— Un certain nombre de pays arabes comme la Tunisie ont franchi de nombreuses étapes pour améliorer la statut de la femme. Quelle est la différence entre nous et eux ?

— L’unique différence réside dans l’application des lois. La Tunisie est très avancée dans le domaine de l’émancipation. Mais personnellement, je n’aime pas les comparaisons, parce qu’on est avancé dans d’autres aspects.

— A propos des mouvements féministes et leur rôle dans le rétablissement de la paix dans le monde, croyez-vous que ces mouvements soient capables d’apporter un changement à ce ?

— Bien entendu, ces mouvements jouent un rôle fondamental pour rendre service aux causes de la femme. Notons à titre d’exemple le Mouvement de Suzanne Moubarak pour la paix qui a largement contribué dans les causes de la paix sans oublier leur support aux causes relatives à la femme.

Magda Barsoum

 




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