Al-Ahram Hebdo, Afrique | Tête-à-tête dangereux
  Président Salah Al-Ghamry
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
Nos Archives

 

 Semaine du 30 Août au 5 Septembre, numéro 625

 

Contactez-nous Version imprimable

  Une

  Evénement

  Enquête

  Dossier

  Nulle part ailleurs

  Invité

  Egypte

  Economie

  Monde Arabe

  Afrique

  Monde

  Opinion

  Kiosque

  Société

  Arts

  Idées

  Livres

  Littérature

  Visages

  Environnement

  Voyages

  Sports

  Loisirs

  Vie mondaine

  Echangez, écrivez



  AGENDA


Publicité
Abonnement
 
Afrique

RD Congo . Malgré l'accord signé la semaine dernière entre les deux camps du chef de l'Etat et du vice-président, la situation reste critique.

Tête-à-tête dangereux

Après une semaine de tension, la situation demeure précaire dans la capitale de la République Démocratique du Congo (RDC). Après l'accord signé le 22 août entre les deux camps du président congolais Joseph Kabila et du vice-président Jean-Pierre Bemba sur le retrait de leurs troupes respectives de la capitale, « le calme n'est qu'une bombe qui peut exploser à tout moment, et les violences peuvent reprendre facilement », affirme Ibrahim Nasreddine, analyste au Centre d'études africaines de l'Université du Caire.

En effet, la semaine dernière a témoigné d'accrochages, entre la garde présidentielle et des militaires fidèles à Bemba, faisant au moins 23 morts et 43 blessés entre le 20 et le 22 août, juste avant l'annonce des résultats provisoires du premier tour de la présidentielle du 30 juillet. Arrivés en tête avec respectivement 44,8 % et 20 % des suffrages exprimés, Kabila et Bemba s'opposeront lors du second tour, prévu le 29 octobre. Les élections du mois dernier, placées sous très haute sécurité, sont les premiers scrutins libres et démocratiques en plus de quarante ans dans l'ex-Zaïre. « Ce pays a vécu plusieurs années dans une guerre civile meurtrière. Mais, le fantôme de cette guerre menace ce pays à nouveau. Le pays doit reprendre le plus vite possible », explique le Dr Ahmad Abdel-Razeq, analyste au Centre d'études africaines.

A cet égard, l'« espace présidentiel », organe composé de M. Kabila et des quatre vice-présidents, s'est réuni samedi dernier à Kinshasa en l'absence du seul M. Bemba. L'entourage de ce dernier a affirmé n'avoir « pas été informé » de cette réunion. Depuis plusieurs jours, la communauté internationale presse MM. Kabila et Bemba de s'entretenir pour faire baisser la tension. Mais l'absence de M. Bemba à cette réunion prouve qu'« on n'avance pas », a noté une source diplomatique. Samedi, toutefois, peu de temps avant la réunion de l'« espace présidentiel », les deux camps s'étaient dits prêts à se rencontrer. Mais ils divergeaient sur les modalités de la rencontre. Bemba, un ancien chef rebelle qui a combattu Kabila pendant la guerre, reste toutefois « favorable » à un tête-à-tête, a affirmé François Muamba, secrétaire général du Mouvement de Libération du Congo (MLC), parti de M. Bemba.

De son côté, M. Kabila, qui « veut aller en avant », selon son porte-parole Kudura Kasongo, privilégie le cadre de l'« espace présidentiel » pour une réunion. « Il ne faut pas créer artificiellement un tête-à-tête comme s'il y avait deux chefs de guerre, deux bandes mafieuses comme en Somalie », a déclaré Lambert Mende, secrétaire permanent adjoint de l'Alliance de la Majorité Présidentielle (AMP), plate-forme politique de soutien à M. Kabila.

En effet, les deux côtés devaient se rencontrer pour assurer l'application de l'accord du paix signé la semaine dernière. Celui-ci, obtenu sous haute pression internationale, prévoit, avec « effet immédiat », la « consigne de toutes les troupes des FARDC (Forces Armées Congolaises) déployées dans la capitale à leur position initiale en vue du rétablissement du statu quo ». L'accord prévoit aussi « la mise en place de deux équipes mixtes de vérification » pour s'assurer de l'effectivité du cantonnement des troupes et replace la police nationale, « seule en charge de l'ordre public », au cœur du dispositif sécuritaire, avec l'organisation de patrouilles conjointes avec la Mission des Nations-Unies en RDC (Monuc) et la force européenne (Eufor).

Le président Joseph Kabila avait appelé au cantonnement des belligérants, s'engageant à la consigne stricte de la garde républicaine et exigeant de la communauté internationales des garanties que son adversaire en ferait autant avec ses troupes. « Tout ce qui importe pour l'instant, c'est que la situation redevienne normale à Kinshasa. Pour cela, la garde républicaine (garde présidentielle), comme tous les éléments armés du vice-président Bemba, doivent regagner leurs positions, immédiatement », a déclaré Kabila.

Kabila et Bemba disposent chacun de militaires qui ne sont pas encore intégrés dans la nouvelle armée qui est laborieusement en train d'être réformée conformément à l'« Accord global » signé fin 2002 en Afrique du Sud. La nouvelle armée doit être composée de différents groupes belligérants qui ont pris part à la guerre de 1998 à 2003. La garde du président Kabila est estimée entre 10 000 et 16 000 éléments selon les sources, et celle de M. Bemba entre 2 000 et 5 000. L'Afrique du Sud, qui participe activement au processus électoral en RDC, a estimé que la présence de l'Eufor, de la Monuc et « l'engagement des dirigeants politiques peuvent aider à assurer la tenue du second tour sans d'autres violences ».

Maha Salem

 




Equipe du journal électronique:
Equipe éditoriale: Névine Kamel- Howaïda Salah - Chourouq Chimy
Assistants techniques: Karim Farouk - Dalia Gabr
Webmaster: Samah Ziad

Droits de reproduction et de diffusion réservés. © AL-AHRAM Hebdo
Usage strictement personnel.
L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la Licence

de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.