Al-Ahram Hebdo, Voyages | Chronique d’une cité portuaire
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 Semaine du 12 à 18 juillet 2006, numéro 618

 

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Patrimoine . Le Centre américain des recherches en Egypte « ARCE », en coopération avec le Conseil Suprême des Antiquités (CSA), a créé dans la forteresse de Qosseir un centre d’accueil qui raconte l’histoire de la ville.

Chronique d’une cité portuaire

Qosseir,
De notre envoyée spéciale —
Au centre de l’actuelle ville de Qosseir, à environ 600 km au sud du Caire, se dresse majestueusement la forteresse de Qosseir. Celle-ci fut sélectionnée par le American Research Center of Egypt (ARCE, Centre américain des recherches en Egypte), en coopération avec le Conseil Suprême des Antiquités (CSA), pour y établir un centre d’accueil. Les experts se sont servis de la cour, des tours, de la citerne d’eau et des murailles de la forteresse pour installer le centre des visiteurs. A travers une présentation des antiquités trouvées dans ce site, le centre expose les richesses, l’histoire, voire la vie quotidienne à Qosseir.

Lorsque le visiteur franchit le seuil de la forteresse, il se trouve face à une grande carte de l’Egypte en pierre. Sur celle-ci sont indiqués les quatre ports antiques connus sur la mer Rouge. Ce sont : Bérénice, au sud de Marsa Alam, Leacos Limons, au nord de l’actuelle ville de Qosseir d’environ 7 km, Gawassis, au sud de Safaga de 22 km et enfin Abou-Shaara Quebli. « Ces ports furent établis au Moyen Empire et ont vécu une prospérité majeure à l’époque gréco-romaine. Quant à cette forteresse, elle a été édifiée pendant l’époque ottomane », explique l’inspecteur Mohamad Aboul-Wafa, directeur du site. Selon lui, cette carte a résumé l’histoire de la mer Rouge avant l’établissement de cette forteresse. Le visiteur peut observer la mer clairement à partir de la tour cylindrique qui la surmonte. Elle est connue sous le nom « tour du pèlerinage » parce qu’elle comprend un panneau représentant une scène du pèlerinage.

Quant aux tours à partir desquelles était surveillée la mer pendant l’Expédition française, elles sont de forme rectangulaire. Chacune d’elles est exploitée par l’ARCE pour exposer l’un des aspects de l’histoire de Qosseir. Celle du sud représente les scènes du commerce maritime, et celle de l’ouest expose le commerce routier. Ces deux voies furent utilisées fréquemment durant le Moyen Empire, l’époque romaine et la période islamique pour exporter les produits, notamment le blé et les poteries égyptiennes, vers les pays de Pount, Rome et les pays de l’Extrême-Orient.

Quant à la tour nord, les experts l’ont consacrée à la vie bédouine qui conserve jusqu’aujourd’hui ses traditions et ses habitudes. La dernière, celle de l’est, offre au visiteur les équipements qui furent utilisés pour extraire le phosphate durant le début du XXe siècle.

Histoire d’une forteresse

Si le centre décrit l’histoire de Qosseir en tant que telle, il n’a pas négligé celle de la forteresse. Celui-ci a mis en relief les étapes de sa construction et le rôle qu’elle a joué au fil de quatre siècles. Selon l’inspecteur, le premier qui a pensé à construire une forteresse dans ce lieu fut le sultan mamelouk Qonsowa Al-Ghouri. « Celui-ci a signé un décret précisant que cette colline, isolée à l’époque, qui s’éloigne d’une distance de 50 mètres de la mer » deviendra un fort, affirme Aboul-Wafa. Le motif essentiel de sa construction fut la protection de la côte de la mer Rouge des attaques navales des Portugais. Elle devait d’ailleurs sécuriser la route des pèlerins qui venaient de la Haute-Egypte pour se rendre à La Mecque et à Médine. Autre objectif, cette forteresse et son port devaient remplacer l’« ancien port » (voir Enc.). Selon l’inspecteur, l’installation de la forteresse à cette époque n’est pas certaine malgré ce décret. Par ailleurs, celle-ci fut mentionnée la première fois dans un message daté de 1589 et rédigé dans la forteresse pour être envoyé au palais d’Ibrime qui se situe au bord du Nil en Nubie. Découvert dans ce palais, ce message assure que les Ottomans, après leur victoire en 1517, ont construit une série de forteresses tout le long de la Vallée du Nil, les déserts et les côtes maritimes. Et ce, pour des raisons de sécurité. De plus, la « forteresse abrita la caserne ottomane jusqu’au début du XVIIIe siècle », affirme l’inspecteur.

Le centre expose encore un nombre de pièces d’artilleries dont la date remonte à l’Expédition française en 1799. Pour se défendre, les soldats restaurèrent la forteresse en consolidant ses murailles pour supporter le feu des artilleries. En même temps, la forteresse servit aux Français pour se défendre contre des attaques de deux navires anglais. Ces derniers se retirèrent lorsque leurs tentatives de déloger les soldats français échouèrent. La forteresse continua à servir pendant le règne de Mohamad Ali, lorsque ce dernier et son fils Ibrahim pacha prirent la forteresse du Qosseir comme point de départ de leur guerre contre les Wahhabites à la Presqu’île arabe.

Doaa Elhami

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