Après
un mois de suspense, le Mondial de foot s’achève à Berlin par un
quatrième titre aux dépens de la France, championne du monde en
1998. Une finale, sans surprise, puisque les deux équipes
étaient, du point de vue tactique, les meilleures dans la
compétition (voir page 33).
La 18e édition de la Coupe du monde a en fait
relativement respecté la hiérarchie du football mondial,
complètement bousculée lors du Mondial d’Asie en 2002. Les
quarts de finale ont été des plus classiques avec la présence
des 6 grandes sélections européennes : France, Italie, Allemagne,
Angleterre, Portugal et Ukraine. Aux côtés de ces 6 équipes,
l’Amérique latine était aussi présente avec ses deux grands
représentants, le Brésil et l’Argentine. Mais leur élimination
des quarts de finale a figuré parmi les plus grandes surprises
de ce Mondial 2006.
Sortie du Brésil, la grande surprise
Le Brésil, que l’on a l’habitude de voir en
finale, a en effet quitté le Mondial après sa défaite 0-1 contre
la France en quarts de finale. Malgré la richesse de l’effectif
de la Seleçao, le tenant du titre, n’a pas su convaincre, et
cela tout au long de la compétition. Les fans du football
brésilien si esthétique ont été déçus dès le premier tour. On
s’attendait à ce que la performance de l’équipe s’améliore à
l’issue des matchs de poule, mais les coéquipiers de Ronaldinho
ont déçu une autre fois face au Ghana, malgré leur large
victoire 3-0 contre les Black Stars. « Je suis très triste, tout
comme mon équipe. Nous ne nous étions pas préparés à cette
élimination. Sur le plan technique, notre effectif était très
bon. Nous avons aussi beaucoup d’expérience. Mais quand on ne
remporte pas de titre, c’est parce qu’il nous manque quelque
chose. Nous avons connu quelques soucis avant le Mondial. Notre
préparation a été assez courte, en particulier sur le plan
technique. Je suis très déçu de cet échec », a expliqué Carlos
Alberto Parreira, directeur technique du Brésil.
Quant à l’Argentine, elle a beaucoup plus
séduit, mais son problème réside dans son parcours,
particulièrement difficile.
Placée dans le groupe C, le groupe de la
mort, l’Argentine a dû se démener face à la puissante
Côte-d’Ivoire et aux Pays-Bas, dans deux rencontres très tendues.
L’Argentine a réalisé un résultat positif en remportant la
première 2-0 et un nul vierge dans l’autre rencontre. Face à la
Serbie-Monténégro, l’Argentine a réalisé la plus grande victoire
de ce Mondial en battant l’ex-Yougoslavie 6-0. Les 8es de finale
ne furent pas moins aisés pour l’Argentine, qui a dû affronter
le Mexique dans une rencontre des plus ardues. Les Argentins ont
dû attendre la fin de la 2e mi-temps des prolongations pour
remporter cette rencontre 2-1 alors que le temps réglementaire
s’était achevé sur un nul 1-1. Et c’est finalement l’Allemagne,
pays hôte de la compétition, qui mettra un terme au parcours
argentin dans ce Mondial par sa victoire 4-3 à l’issue d’une
éprouvante séance de tirs au but. « Je suis satisfait de notre
parcours dans le Mondial. On a présenté un beau football et nous
étions très déterminés à réaliser un succès dans le Mondial, et
je pense qu’on a réussi. Il est vrai que la défaite contre les
Allemands fut amère. Mais on a perdu contre les hôtes de la
compétition à l’issue des tirs au but malgré un beau match »,
s’est consolé José Pekerman, le directeur technique de
l’Argentine.
L’Afrique, séduisante
Le continent noir a été éliminé en grande
partie lors du premier tour de ce Mondial. L’Afrique n’a donc pu
envoyer de représentant en quarts de finale, comme le Sénégal en
2002, mais sa performance n’est pas à négliger.
Le Ghana, seule équipe africaine qui a su
franchir le seuil du premier tour, s’est présentée comme une
formation de grande valeur, mais naïve. Cette naïveté fut
d’ailleurs à l’origine des défaites des Black Stars contre les
grandes équipes de la compétition comme l’Italie 0-2 en premier
tour et le Brésil 0-3 lors des 8es de finale. Mais les Black
Stars, qui participaient pour la première fois de leur histoire
à un Mondial, peuvent se féliciter de leur qualification pour le
second tour aux dépens de la République tchèque 2-1, et des
Etats-Unis 2-1.
La Côte-d’Ivoire à également séduit lors de
ce Mondial, même si elle en est sortie dès le premier tour. Les
Eléphants ont évolué à un niveau de jeu très élevé. Pour
beaucoup d’observateurs, la Côte-d’Ivoire ne méritait pas ses
défaites contre l’Argentine 0-2 et les Pays-Bas 1-2. Ces
observateurs ont estimé que la Côte-d’Ivoire, par ses grandes
capacités, aurait pu aller plus loin dans la compétition si le
tirage au sort ne l’avait pas placée dans le groupe C.
Quant aux équipes de la Tunisie, de l’Angola
et du Togo, elles n’ont pas été des proies faciles. « Je suis
très satisfait de la performance de l’Afrique dans ce Mondial et
notamment de la performance de la Côte-d’Ivoire et du Ghana.
Mais ce qui a vraiment étonné, c’est la mauvaise performance de
l’Asie par rapport au Mondial 2002 », a confié Sepp Blatter, le
président de la FIFA (Fédération Internationale de Football). En
effet, contrairement à l’Afrique, la performance des 4
représentants asiatiques fut plutôt décevante. L’Arabie saoudite,
la Corée du Sud (demi-finaliste de 2002), le Japon et l’Iran ont
tous été éliminés du premier tour sans avoir eu l’occasion de
pouvoir s’exprimer.
Les stars, à la hauteur des attentes
A part Ronaldinho (Brésil), Nedved (Rép.
Tchèque) et Nistelrooy (Pays-Bas), le rendement des grandes
stars a par contre été excellent en Allemagne. Elles ont été à
la hauteur des attentes et leur présence a été décisive au sein
de leurs équipes respectives. En tête de liste vient bien sûr
Zidane, qui a mené la France à la finale, malgré son
comportement antisportif en finale qui lui a valu un carton
rouge. De leur côté, les Italiens Totti et Del Piero ont joué un
rôle décisif dans l’obtention du titre de l’Azzuri. Le Portugais
Luis Figo fut lui aussi à la hauteur de son rang de capitaine en
amenant son équipe nationale en demi-finales. On peut citer
aussi les Anglais Steven Gerrard et Frank Lampard même s’ils ont
été à l’origine de l’élimination de leur équipe des quarts de
finale après avoir raté deux penalties (un chacun) contre le
Portugal.
Malheureusement, les 4 premiers ont déjà
déclaré que ce Mondial serait le dernier de leur carrière. Ils
mettent donc un terme à leur parcours en beauté, notamment
Zidane, qui a déclaré que la finale de la Coupe du monde est la
meilleure fin possible d’une carrière de joueur professionnel.
On se consolera par la présence d’une génération montante de
vedettes à l’image du Portugais Cristiano Ronaldo, l’Anglais
Rooney ou encore le Brésilien Robinho.
L’arbitrage, raté de ce Mondial
Grand bémol du Mondial d’Allemagne : le
mauvais arbitrage. Entraîneurs, joueurs et même médias ont tous
exprimé leur mécontentement contre les erreurs à répétition des
arbitres. Les plaintes contre les arbitres sont nombreuses. On
peut citer le scandale impliquant l’arbitre anglais Graham Poll
: le joueur croate Josip Simunic a reçu au total trois
avertissements et un carton rouge durant la rencontre contre
l’Australie (2-2) à Stuttgart. Poll aurait dû l’exclure après
son 2e avertissement, mais ne l’a fait qu’après lui avoir donné
un 3e carton jaune dans le temps additionnel, par oubli
semble-t-il ... « Nous devons organiser le corps arbitral de
façon professionnelle pour le Mondial 2010 », a tout simplement
déclaré Sepp Blatter, président de la Fifa, en réponses à ces
bévues. La Fifa est donc attendue au tournant en 2010.
De son côté, l’Afrique du Sud, prochain hôte
de la Coupe du monde, devra tirer les leçons de 2006 afin
d’organiser un Mondial capable de faire honneur au continent
noir. Mais d’ores et déjà, le président sud-africain Thabo Mbeki
se veut rassurant : « Nous sommes en mesure de respecter toutes
nos obligations », a-t-il récemment déclaré.
Mohamad Mosselhi