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 Semaine du 12 à 18 juillet 2006, numéro 618

 

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Opinion

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Desseins

Lancée officiellement pour ramener sain et sauf un soldat israélien enlevé par trois groupes palestiniens, l’offensive d’Israël contre la bande de Gaza montre une fois de plus qu’il se soucie peu du droit international et de la souffrance humaine. L’attaque a cependant des ambitions plus vastes que la libération du soldat dont témoignent l’ampleur des moyens mis en œuvre et la durée de l’offensive.

Les plus hauts responsables israéliens sont les premiers à le reconnaître : à court terme il s’agit de réduire au minimum les tirs de roquettes contre le sud d’Israël, sachant qu’il est impossible de les stopper complètement par une action militaire. Pour des observateurs israéliens, une opération militaire dans la bande de Gaza devenait inéluctable du moment que l’armée ne parvenait pas à stopper les tirs de roquettes artisanales sur le sud d’Israël. En fait, le premier ministre, Ehud Olmert, espère que l’attaque dans la bande de Gaza va permettre de faire avancer son plan de tracer unilatéralement les frontières d’Israël sans accord avec les Palestiniens. La poursuite des attaques palestiniennes à partir de la bande de Gaza persuade les Israéliens qu’il en sera de même à partir des zones de Cisjordanie qui seraient évacuées en vertu du plan Olmert de « regroupement ». Réduire les attaques de roquettes à partir de la bande de Gaza aidera Olmert à vendre son plan de retrait unilatéral d’une partie de la Cisjordanie, bien que cette évacuation semble désormais renvoyée aux calendes grecques.

L’invasion de Gaza vise aussi à rétablir le pouvoir de dissuasion de l’armée israélienne d’autant que la capture du soldat et la mort de deux autres lors d’une attaque palestinienne ont été ressenties comme un camouflet et une humiliation par Tsahal.

Il s’agit enfin de frapper le mouvement islamiste palestinien Hamas parvenu au pouvoir par les élections du 25 janvier, que le gouvernement israélien avait permises et dont il regrette le résultat. Dans ce contexte, l’idée est de débarrasser la bande de Gaza du gouvernement du Hamas. Cela aidera Olmert à vendre son idée d’un prochain redéploiement et d’une évacuation de colonies en Cisjordanie. Une partie de l’appareil militaire israélien demande depuis les élections législatives du 25 janvier d’éliminer le Hamas avant qu’il ne se renforce. L’arrestation de ses 64 responsables politiques en Cisjordanie s’inscrit dans cette logique, bien qu’elle ait d’abord pour but d’obtenir une monnaie d’échange en dépit des dénégations officielles. Ces responsables doivent être traduits devant des tribunaux militaires, alors que Ehud Olmert menace de mettre sous les verrous d’autres responsables politiques palestiniens dans la bande de Gaza.

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