A l’heure où le système d’enseignement est en
crise, nous proposons ici un nouveau projet qui engloberait
instruction civile et éducation politique.
L’instruction civile et l’éducation politique
à l’époque d’une mondialisation caractérisée par la perte de
l’identité nationale et la propagation du terrorisme s’avèrent
être la porte d’accès à la culture du XXIe siècle. Il est de
notre devoir de porter un plus grand intérêt à cette culture de
manière à ce qu’elle couvre nos écoles, nos instituts et nos
universités. L’instruction civile et politique sera un important
facteur de l’esquisse de la personnalité nationale, de la
culture de notre société et du sentiment des générations à venir.
Elle devra également s’étendre à nos institutions médiatiques
ainsi qu’à tous les organes d’expression de l’opinion publique.
Il est indéniable que l’instruction civile et
politique devienne une nécessité, voire une urgence à cause de
l’ouragan dévastateur de la mondialisation. Une mondialisation
qui a effacé les caractères nationaux distinctifs des Etats, les
frontières et percé les régimes économiques et éducatifs en
envahissant les cultures locales. Ainsi, les ingérences externes
se sont amplifiées et des valeurs ont été défigurées sous la
pression des labels d’unification, d’élargissement des marchés
mondiaux, d’hégémonie américaine. Et en conséquence, les
injustices internationales ont pris le dessus et le terrorisme
abject s’est déclenché. Ainsi, la notion de citoyenneté s’est
éclipsée, accompagnée d’une régression notable de l’appartenance
nationale et d’une émergence des susceptibilités religieuses,
racistes, ethniques et factionnelles.
A l’ombre de ce climat, beaucoup de pays ont
ressenti un choc culturel. Ou en d’autres termes les prémices
d’un choc des civilisations en réaction aux mutations sociales
aiguës.
A la lumière de ces réalités flagrantes, se
concrétisent les objectifs du projet national de l’instruction
civile autour de deux volets stratégiques. De prime abord, il
s’agit d’approfondir le sentiment de citoyenneté, d’appartenance
et de loyauté. Et dans un second temps, il faut élargir le cadre
de la participation politique de manière à permettre à tous les
citoyens de s’enfoncer dans l’arène politique. Cette intégration
serait sans nul doute un remède efficace aux susceptibilités
religieuses et factionnelles qui s’avèrent être fondamentalement
un problème politique se rapportant non seulement au partage du
pouvoir et des richesses, mais également aux disparités et aux
injustices sociales et la persécution politique. Bref, ce
problème est un phénomène amplifié dans les régimes en place non
démocratiques et éloignés des libertés fondamentales et des
droits de l’homme qui font souffrir les catégories sociales les
plus démunies et non pas les minorités religieuses.
De telles conjonctures ouvrent grandes les
portes aux nombreuses institutions pour prendre part à la
campagne nationale de l’instruction civile telles que les écoles,
les universités et les institutions. N’oublions pas de
mentionner au même titre les institutions d’éducation politique
depuis la famille, les mosquées, les églises jusqu’au cinéma,
art, littérature et enfin Internet. Les composantes de la
société civile ont un rôle important à jouer, telles que les
partis politiques, les syndicats, les ONG, les institutions
pédagogiques et culturelles. Tout ceci pour l’ultime objectif de
resserrer les liens nationaux.
Non moins importante est la recherche des
solutions économiques qui visent à soutenir l’investissement, et
à lutter contre la corruption qui sécrète des milliers de
chômeurs d’une jeunesse furieuse qui se trouve au bord du
gouffre du terrorisme et de la guerre civile. Il ne faut pas
négliger la solution culturelle qu’il faut apporter à la crise
d’identité et d’intégration nationale, loin des discours
fanatiques et extrémistes. Les religions musulmane ou chrétienne
doivent être enseignées à partir des principes et des valeurs
spirituels, moraux et éthiques qui les unifient toutes.