Al-Ahram Hebdo, Opinion | Salama A. Salama
  Président Salah Al-Ghamry
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
Nos Archives

 

 Semaine du 12 à 18 juillet 2006, numéro 618

 

Contactez-nous Version imprimable

  Une

  Evénement

  Enquête

  Dossier

  Nulle part ailleurs

  Invité

  Egypte

  Economie

  Monde Arabe

  Afrique

  Monde

  Opinion

  Kiosque

  Société

  Arts

  Livres

  Littérature

  Visages

  Environnement

  Voyages

  Sports

  Loisirs

  Vie mondaine

  Echangez, écrivez



  AGENDA


Publicité
Abonnement
 
Opinion

 Pour qui défendons-nous la corruption ?

Salama A. Salama

Au cours des dernières années, la liberté de la presse a permis la publication de nombreux rapports et enquêtes concernant les dossiers de corruption. L’opinion publique en a été informée. Le gouvernement n’a pas particulièrement apprécié la publication de ces rapports, car ils ont impliqué un certain nombre de hauts responsables de l’Etat. Et c’est à la suite de la publication par la presse de nombreuses affaires relatives à des cas de corruption qu’un nombre considérable de responsables ont comparu devant la justice.

Pour certains, cette corruption dévoilée au grand jour a été une surprise, voire un choc. Pour d’autres, elle est un phénomène naturel supposé exister partout. Cette prise de conscience devient une problématique pour les gouvernants et les gouvernés qui s’interrogent dorénavant sur l’utilité de la vérité : peut-elle permettre une plus grande clarté entre l’opinion publique et le régime ? Ce dernier posséderait-il les mots pour se justifier ?

Hélas, dans notre pays, la corruption est un phénomène répandu. Nous pouvons recenser au moins un cas dans chaque domaine. Le secteur bancaire a connu son affaire des emprunts sans garanties. Le secteur agricole, quant à lui, s’est vu entaché du scandale relatif au trafic des insecticides et la vente illégale de terrains possédés par l’Etat. Outre le trafic des antiquités, de l’importation de produits alimentaires avariés, etc. La révélation de tous ces cas a commencé par une petite nouvelle publiée dans la presse. Et c’est le pot aux roses qui a permis de juger les personnes impliquées dans ces affaires. Et c’est également à partir de ces informations que les appareils d’investigation ont commencé leurs enquêtes.

Nous savons tous que les responsables, sous prétexte de préserver les secrets de l’Etat, ne dévoilent rien. Mais en même temps, ils veulent que la presse fasse les louanges de toute réalisation, qu’elle soit réelle ou non.

Et en conséquence, nous avons vu apparaître des velléités de rajouter une clause à la loi sur la presse. Celle-ci permet la détention des journalistes dans le cas où ils remettraient en cause la transparence financière d’un responsable ou d’un parlementaire. Or, ceux-ci doivent savoir que les nouvelles ne tombent pas du ciel sur la tête des journalistes. Tout commence par un travail d’investigation. Le journaliste entame une longue série de recherches et d’enquêtes. Et ce, dans un pays où le droit du citoyen à obtenir n’importe quelle information n’est pas reconnu.

Mais autoriser la détention d’un journaliste est en soi un acte de corruption. Est-il logique de mettre derrière les barreaux un journaliste sous prétexte qu’il a remis en doute la transparence financière d’un haut responsable protégé par son immunité ? De plus, une telle loi porte atteinte au principe de l’égalité face à la loi. Pourquoi ces personnes en particulier profitent-elles de l’immunité ? Le Conseil consultatif qui essaye de s’arracher un rôle législatif n’a pas été à la hauteur de ses ambitions. Il a approuvé la nouvelle loi sans prendre en compte ses répercussions. Maintenant, l’Assemblée du peuple doit rectifier cette loi, non pour protéger les journalistes, mais pour lutter contre la corruption et garantir la liberté de la presse.

 

Retour au sommaire

 




Equipe du journal électronique:
Equipe éditoriale: Névine Kamel- Howaïda Salah - Chourouq Chimy
Assistants techniques: Karim Farouk - Dalia Gabr
Webmaster: Samah Ziad

Droits de reproduction et de diffusion réservés. © AL-AHRAM Hebdo
Usage strictement personnel.
L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la Licence

de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.