Al-Ahram Hebdo,Nulle part ailleurs | Espaces francophones pour petites Cairotes
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Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 12 à 18 juillet 2006, numéro 618

 

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Nulle part ailleurs

Travail de vacances . Améliorer son français dans un cadre agréable fait de jeux, d'art et de sport. C'est la vocation de plusieurs centres destinés aux plus petits.

Espaces francophones pour petites Cairotes

« Fabriquer des êtres humains, c’est notre unique objectif », dit Bertrand Lavaur, directeur du club Astérix, à Héliopolis. Un centre qui propose aux enfants francophones de 5 à 11 ans de s’amuser tout en s’instruisant pendant les vacances d’été et de mi-année. Jeux de rôles, jeu de l’oie, mots croisés sur des thèmes, des lotos, petit bac, sont tous des éléments intéressants de la première heure de la journée. Raison pour laquelle les enfants et les parents sont devenus ponctuels et sont là à 9h pile, car ils savent que chaque minute de retard les privera d'amusement. Lavaur sait que c'est à travers le ludique que les enfants avanceront. C’est ainsi qu’on donne aux gamins l’occasion de s’exprimer, de connaître le vocabulaire et de pratiquer l’oral. Cuisine, bricolage, peinture, informatique, théâtre, tissage et poterie ; les petits passent d’une pièce à l’autre tout au long de la journée dans une ambiance joyeuse avec leurs animateurs, tous français et aidés par des assistants francophones. Tous les jours du mois sont pour ces petits avides de savoir et de jeu, une aubaine. C'est pour cette raison que le dernier jour est toujours triste puisque c'est la fin des cours. Pour finir en beauté, une kermesse est donc organisée durant laquelle les enfants présentent une pièce de théâtre sur un thème qui change chaque mois. « Ce mois-ci, nous avons choisi le thème des personnages du monde de Walt Disney ». « C’est le plus beau jour de ma vie », dit Georges, visiblement très heureux par sa journée et par son mois. « Mon fils apprend la langue française à l'école mais de manière très académique. Alors il connaît les règles de grammaire, mais il est incapable de s'exprimer facilement en bon français. Ce qui lui manque c’est la pratique et c’est justement ce qu'on lui offre ici », dit le père d’un enfant de 9 ans. Selon lui, pour bâtir un enfant francophone on ne peut pas avoir recours uniquement à une école de langue.

Lavaur explique que si le centre a pour objectif d’améliorer la langue chez les enfants francophones, il s'occupe également du développement du comportement humain, la politesse, les principes et les règles de vie. « On est là pour guider les enfants et mettre l’accent sur le beau, bien fait et fini ».

A la mi-septembre, le service continue dans ce centre mais autrement : le club Astérix se transforme en un club de langue sous le nom de Lamartine qui offre l’aide aux enfants quant à leurs programmes scolaires de français. « Nous n’avons pas de programmes définis pour enseigner le français aux enfants. Nous aidons chaque enfant selon ses besoins, c'est un travail individuel. Nous faisons un travail sur mesure, selon la méthode de chaque école, et le niveau de l’élève », conclut Lavaur.

De plus en plus de parents, dont les enfants ont une éducation francophone, ressentent un besoin de mettre leurs enfants dans des centres pour améliorer le niveau de langue dans une bonne ambiance. Fatma, maman d’un petit de 10 ans, en a fait l'expérience et s'en réjouit. « Après avoir passé un mois dans un de ces centres, ma fille a non seulement amélioré sa langue mais a aussi commencé à réfléchir en français ». Ce qui n'est pas évident dans nos écoles.

Français, nature et art

L'académie française AFCA, inaugurée en 2003 à Doqqi, présente le même service et accueille les enfants francophones de 5 à 12 ans pour leur enseigner la langue française à travers l'art. Théâtre, bricolage, dessin, musique, chanson et même cuisine. Selon Héba Zohni, responsable à AFCA, quel que soit le thème choisi, il doit être relié à la nature, c'est un élément commun qui doit être toujours présent. « Dernièrement, nous avons choisi l'environnement comme thème. Nous avons demandé aux enfants de créer leurs projets en s'inspirant de la nature. Ainsi, des enfants ont dessiné des bananiers, d'autres se sont promenés dans la nature pour sentir les fleurs et reconnaître les odeurs et les couleurs, etc. », ajoute Zohni. Hala, maman d'une petite fille de 10 ans, affirme que cet endroit lui offre en même temps l'art et la pratique de la langue, deux choses qu'elle devait auparavant aller chercher dans des endroits différents. Tout en leur offrant également une hygiène de vie et une sensibilité envers l'esthétisme. « Pas de coca, pas de chips, que de l'art, de la nature et des produits sains », explique Héba Zohni. « Ce qui est bien, c'est que les enfants ont la possibilité de manger de la soupe qu'ils préparent eux-mêmes. Ainsi, ils apprennent à cuisiner et à manger des plats sains, et pourquoi pas à connaître le nom des ingrédients en français », dit Hala très contente que sa fille acquière de jour en jour un comportement sain.

En fait, si ces centres ont commencé à pousser l’un après l’autre pendant ces quelques dernières années, c'est qu'ils répondaient à une réelle demande de la part des parents qui voient le niveau de la langue baisser dans les écoles et qui cherchent donc à occuper leurs enfants pendant l'été ou les vacances avec ce plus qu'est la pratique de la langue.

Le Centre Français de Culture et de Coopération (CFCC) a toujours joué ce rôle et continue de le faire avec ses deux branches à Mounira et à Héliopolis. Marc Scusckine, directeur du CFCC d'Héliopolis, explique que les enfants francophones de l’âge de 5 à 15 ans peuvent rejoindre le centre pour y trouver beaucoup d’amusement en pratiquant la langue française. Ateliers, dessins, chansons, illustrations et cinéma aussi, tout est au service des petits francophones, en plus de la bibliothèque qui présente ses services pendant toute l’année.

Raghda, maman de Farah, 8 ans, explique que le fait qu'ils soient peu nombreux par groupe fait que l'animateur est plus à l'écoute de chaque élève. « Rien à voir avec nos classes de 45 élèves où on ne se préoccupe que d'apprendre des règles par cœur ». Et comme les parents, les enfants également sont satisfaits même si les raisons sont différentes. « Nos parents nous inscrivent dans ces clubs d’été pour améliorer notre niveau de français. Mais je dois avouer que moi, ce qui m’intéresse, c’est que je passe ma journée avec des animateurs agréables qui s'occupent de nous, qui nous écoutent et qui s'intéressent à ce que nous faisons. Ce qui est très différent de ce que nous connaissons au cours de l'année. Nous nous faisons également de nouveaux amis avec lesquels nous jouons, nous dessinons et nous passons la journée sans jamais nous ennuyer », affirme Rana, 10 ans, qui avoue pourtant qu'à travers cette expérience, elle a acquis beaucoup plus de confiance en elle dans l'expression de la langue. « Il y a eu comme un déclic, et je me suis mise à parler facilement comme par réflexe. Un sentiment très agréable », avoue Rana, qui passe chaque année un mois au centre.

Le mini-Roland Garros

Si certains parents ont opté pour des centres d'art pour améliorer le niveau de langue de leurs enfants, d'autres ont choisi le sport. D'une pierre deux coups, les enfants se spécialisent dans un sport tout en pratiquant leur langue. « Un esprit sain dans un corps sain », c'était le choix des parents qui ont inscrit leurs enfants dans le stage de tennis intensif offert par l'Académie de tennis d'Alexandre Havaux. Mouvements … énergie, vitalité, mais aussi discipline, professionnalisme et rigueur, c'est dans une ambiance conviviale et gaie que se retrouvent tous les matins les petits enfants, futurs tennismen, dans ce petit îlot paradisiaque qu'est l’Académie de tennis au Season’s Club sur la route Le Caire-Alexandrie. Ici c’est le sport qui rassemble les enfants francophones qui passent leurs journées à faire du tennis mais aussi de la natation et d'autres sports collectifs sous l'œil protecteur de leurs coaches étrangers et surtout francophones. En fait, le propriétaire de Season’s Club a donné une carte blanche à Alexandre pour diriger cette académie de manière à offrir à ces enfants un entraînement de haut niveau en tennis. Ce dernier, le coach professionnel belge et un des rares qui soidiômé de PTR, (Professional Tennis Register) et qui applique la méthode européenne pour l'apprentissage du tennis aux enfants, explique qu’il commence par le baby tennis, puis le mini pour arriver au junior. Tout est très bien étudié selon des méthodes d'apprentissage professionnelles. « Il faut commencer par des choses très simples avec les enfants qui doivent d'abord avoir une bonne psychomotricité pour évoluer dans le niveau. Les enfants apprennent ce qu’il faut et pourquoi il le faut », ajoute Alex comme les enfants et les parents préfèrent l’appeler. Ici tout est préparé pour convenir aux petits. Les équipements sont appropriés à l'âge et au niveau de chaque enfant. La surface des terrains ne dépasse pas les 15 mètres pour les plus petits, les raquettes aussi sont adaptées ainsi que les balles. Et ce, jusqu’à ce que l’enfant soit capable de jouer « du vrai tennis ».

La journée commence effectivement à 10h par des cours de technique de tennis jusqu’à midi. Puis après une petite pause d’une heure, c’est le temps du rafraîchissement à la piscine dans laquelle les enfants s’amusent en organisant des jeux sportifs. Et ainsi la journée continue à un rythme où le sport se marie au ludique pour former un vrai espace de vacances sportives à la française. « Il y a aussi du temps pour d’autres sports mais le tennis c’est l’élément le plus important dans notre académie », explique Kevin Francis, un autre coach professionnel. En hiver, l’académie offre aussi des cours privés à ceux qui le désirent 2 à 3 fois par semaine et des stages intensifs pendant les vacances. « En inscrivant ma fille à ce stage, j'ai trouvé la formule magique. Elle passe du temps en plein air, en faisant du sport avec de professionnels du tennis qui ont également beaucoup d'expérience dans le relationnel avec les enfants. Et ce dans une atmosphère complètement francophone », conclut la maman de la future petite Justine Henin, joueuse de tennis belge. Pourquoi pas ? .

Hanaa Al-Mekkawi

 

 




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