Al-Ahram Hebdo,Invité | Yousri Al-Gamal
  Président Salah Al-Ghamry
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
Nos Archives

 

 Semaine du 12 à 18 juillet 2006, numéro 618

 

Contactez-nous Version imprimable

  Une

  Evénement

  Enquête

  Dossier

  Nulle part ailleurs

  Invité

  Egypte

  Economie

  Monde Arabe

  Afrique

  Monde

  Opinion

  Kiosque

  Société

  Arts

  Livres

  Littérature

  Visages

  Environnement

  Voyages

  Sports

  Loisirs

  Vie mondaine

  Echangez, écrivez



  AGENDA


Publicité
Abonnement
 
Invité

Le ministre de l’Education, Yousri Al-Gamal, s’explique sur les récentes critiques concernant les sujets dubaccalauréat cette année. Il évoque également les orientations de la réforme de l’enseignement en Egypte.

« Nous avons l’espoir d’améliorer l’éducation par l’usage des technologies de l’information »

Al-Ahram Hebdo : Cette année, en raison des sujets du bac plus difficiles que les années précédentes, des plaintes ont été exprimées et des étudiants se sont même suicidés ... Comment expliquez-vous cela ?

Yousri Al-Gamal : Les sujets du bac cette année n’étaient pas différents des années précédentes, pas plus difficiles. Le Centre national des examens (qui rédige les épreuves) comprend un groupe de professeurs et de spécialistes très compétents. La majeure partie des questions s’adresse à l’étudiant moyen et 15 % du sujet d’examen est un peu plus compliqué, s’adressant à un étudiant de niveau exceptionnel. Mais cette année, certains événements regrettables ont eu lieu à l’intérieur des salles d’examens, comme avec l’étudiante qui s’est suicidée pendant l’examen d’anglais ou celle qui a été atteinte d’hémorragie cérébrale et qui a trouvé la mort subitement. Tout cela a donné cette image tragique des épreuves du bac de cette année.

— Certains pensent qu’en rendant les examens plus difficiles cette année, le ministère veut réduire le nombre d’étudiants dans les universités. Quelle est votre réponse ?

— Nous ne cherchons pas à réduire le nombre d’étudiants dans les universités. Il existe une coordination entre le ministère de l’Education et celui de l’Enseignement supérieur pour accroître la capacité des universités. Nous allons également créer « l’Université d’enseignement à distance » à travers un financement qui nous sera accordé par le Fonds de soutien à l’enseignement, relevant du conseil des ministres. Les pressions seront ainsi allégées sur les universités. Ce projet se trouvait dans les tiroirs du ministère de l’Enseignement supérieur, et il a été proposé lors d’une réunion extraordinaire ayant regroupé un certain nombre de ministres, et soumis récemment au président Moubarak.

— Parlons du statut des professeurs : un nouveau cadre administratif a été récemment créé pour l’améliorer et accroître les salaires. Quand entrera-t-il en vigueur ?

— Le nouveau cadre administratif des professeurs met l’accent sur la valeur du professeur pour qu’il puisse pratiquer son métier sans être obligé d’effectuer des tâches administratives pour obtenir une promotion. Cela reflète l’estime que nous avons à l’égard des professeurs et à leurs efforts pour cumuler dans une carrière toutes sortes de certificats et diplômes concernant la spécialisation, l’étude des langues ou l’informatique contribuant à la promotion.

— Le phénomène des cours particuliers continue de sévir. Quels efforts déployez-vous pour lutter contre ce phénomène ?

— Les cours particuliers représentent effectivement aujourd’hui une menace non négligeable pour le système. Pour pouvoir lutter contre ce phénomène, nous devons aider l’étudiant à considérer l’école comme l’unique option pédagogique. L’école de son côté doit être capable de remplir sa mission pédagogique. Elle doit posséder toutes les qualités, fournir les meilleurs professeurs et être dotée d’une administration efficace.

— Comment entendez-vous résoudre le problème du sureffectif dans les établissements scolaires ? Le ministère est-il incapable d’en construire suffisamment ?

— Le ministère adopte actuellement un plan visant à réduire le nombre d’élèves par classe à environ 45, grâce à la construction de 3 500 écoles. Ce plan vise également à subvenir aux besoins des régions les plus défavorisées et à accroître le nombre d’inscrits dans les jardins d’enfants et en maternelle.

— Vous avez dit que le secteur privé allait construire des écoles. Pouvez-vous nous parler davantage de cette initiative ?

— Cette initiative est née lors de la discussion du plan visant à financer la construction de 3 500 écoles. Le ministère des Finances a proposé d’adopter ce modèle reconnu à l’échelle mondiale. Une manière d’encourager le secteur privé. Le système est le suivant : l’Etat loue ces écoles pendant quelques temps puis elles sont intégrées au ministère. Ainsi, le capital requis pour leur construction sera assuré ainsi que de nombreuses autres occasions pour la mise en place d’un plus grand nombre d’écoles, sans modifier le budget dont dispose l’Etat.

— Le secteur de l’enseignement technique est délaissé. Quelles sont vos solutions pour le rendre plus attirant auprès des étudiants ?

— Des efforts sont requis pour développer l’enseignement technique de manière à ce que ses diplômés puissent trouver du travail plus facilement. Nous déployons des efforts continus avec un certain nombre de ministères tels que celui du Commerce, de la Production militaire et de la Main-d’oeuvre, sans oublier les hommes d’affaires, les investisseurs et les chambres d’industrie et de commerce. L’objectif-clé est de lier les écoles à l’industrie et de donner à l’étudiant une possibilité d’avoir une formation en alternance, c’est-à-dire à mi-temps en usine pendant ses études. L’exemple le plus réussi est le programme « Moubarak-Kohl » actuellement en application dans 44 écoles en coordination avec le ministère, le secteur industriel et les hommes d’affaires.

— Comment votre ministère compte développer les programmes scolaires, sachant que la plupart sont basés sur l’apprentissage et le parcœurisme ?

— Il existe deux plans, l’un à court terme et l’autre à long terme. Le plan à court terme a commencé avec le cycle primaire et la méthode d’évaluation continue. Quant au plan à long terme, il consiste à revoir les programmes de toutes les matières depuis le cycle primaire jusqu’au cycle secondaire pour que ces programmes ne soient plus basés sur le parcœurisme. Sans doute ceci nécessite une formation des professeurs de manière à les adapter aux nouvelles méthodes d’enseignement et à l’usage de l’informatique.

— Parlons justement de la méthode de l’évaluation continue. Elle suscite de nombreuses critiques. Pourquoi, selon vous ?

— Cette méthode s’est heurtée à certains problèmes l’année dernière. A cause d’elle, le fardeau s’est alourdi sur le professeur et sur l’étudiant et par conséquent sur les écoles. Nous sommes convaincus par cette méthode adoptée dans le monde entier, mais certaines mesures rectificatives seront effectives dès l’année prochaine. Il a été convenu de réduire le nombre de livres à 4 pour la première deuxième et troisième année du cycle primaire, et pour les matières suivantes : arabe, religion, maths et langues étrangères. Le reste des matières sera enseigné également, mais en tant qu’activités. Le livre dans ce cas-là servira de guide pour le professeur et non pas pour l’élève. La période consacrée aux cours se prolongera pour s’étendre sur une heure et demie, de manière à donner au professeur la possibilité d’exercer son métier et à l’élève de mieux assimiler les enseignements.

— Existe-t-il une coordination entre le ministère de l’Education et celui de la Main-d’œuvre, de manière à adapter les programmes aux besoins du marché du travail ?

— Il y a une coordination entre le groupe ministériel dit du développement humain qui regroupe les ministères de la Main-d’œuvre, du Développement administratif, de la Santé, de la Planification, de l’Enseignement supérieur et de la Production militaire. L’objectif de ce groupe est de réaliser une coopération entre les différents ministères afin d’assurer un lien entre les diplômés et les besoins du marché. Il s’agit également, entre autres, de promouvoir le niveau professionnel des diplômés.

— Que pensez-vous des affirmations de certains, selon lesquelles l’enseignement en Egypte fonctionne selon les désirs de l’Administration américaine ?

— Je pense que c’est faux. Tous les départements du ministère, depuis la planification, le suivi et les politiques, adoptent ce qui est en harmonie avec les visions purement égyptiennes. La notion de citoyenneté égyptienne est prise en considération, mais ceci n’empêche pas le recours aux programmes de coopération internationale pour se mettre à l’ordre du jour à un nombre d’organisations telles que l’Aide américaine, la Banque mondiale, l’Union européenne, l’Unesco, l’Unicef et autres.

— Pour finir, quel est votre sentiment sur le niveau général de l’enseignement en Egypte ?

— Je n’en suis pas satisfait. Notre objectif en tant que ministère est de passer de l’étape de l’apprentissage proprement dit à celui du savoir de la raison, de l’esprit critique et de la créativité. Nous avons l’espoir d’améliorer l’éducation par l’usage des technologies de l’information et la formation des cadres afin de promouvoir tout le système pré-universitaire de manière à nous adapter à l’époque. Mon rêve est que chaque citoyen égyptien jouisse d’une éducation de qualité qui réaliserait ses espoirs et ceux de ses enfants.

Magda Barsoum

 




Equipe du journal électronique:
Equipe éditoriale: Névine Kamel- Howaïda Salah - Chourouq Chimy
Assistants techniques: Karim Farouk - Dalia Gabr
Webmaster: Samah Ziad

Droits de reproduction et de diffusion réservés. © AL-AHRAM Hebdo
Usage strictement personnel.
L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la Licence

de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.