Al-Ahram Hebdo, Economie | Etisalat dope le marché
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 Semaine du 12 à 18 juillet 2006, numéro 618

 

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Economie

Bourse . L’indice Case 30 a enregistré une hausse de 12,5 % au lendemain de l’obtention par la société émiratie Etisalat et de ses alliés égyptiens, de la licence du troisième réseau de téléphonie mobile.

Etisalat dope le marché

C’est la hausse la plus importante de l’indice boursier depuis deux mois. Et il a continué à grimper tout au long de la semaine qui a suivi l’annonce, le 4 juillet, du succès remporté par la société émiratie de télécommunications Etisalat et ses alliés dans ses tentatives d’acquérir la licence du troisième réseau de téléphonie mobile en Egypte.

Première bonne nouvelle pour le marché : la nature même de l’alliance qui l’a emporté sur huit autres. Elle regroupe la plus importante entreprise de télécoms de la région, Etisalat, participant à hauteur de 66 % dans le capital du troisième réseau (voir encadré), la performante Egypt Post (20 %), la Banque Al-Ahli, plus grande banque publique égyptienne (10 %), et la banque CIB, plus grande privée (4 %). Une coalition des grands.

Deuxième bonne nouvelle : le prix de la licence a atteint, à travers une adjudication, 16,7 milliards de L.E., à savoir le double des prévisions les plus optimistes, qui tablaient sur quelque 8 milliards de dollars. Les prix des deux premières licences obtenues consécutivement durant la seconde moitié des années 1990 atteignaient ensemble 2,5 milliards de L.E. ...

Troisième bonne nouvelle : le processus de mise aux enchères pour déterminer le prix de la licence fut transparent, contrairement à ce que plusieurs craignaient. Saleh Nasser, analyste financier auprès de la société de courtage CIBC, a salué cette transparence et a souligné que cela a eu des effets positifs sur le marché, quadruplant la demande sur les actions, par rapport à l’offre. « L’activité des étrangers a atteint 29 % de la valeur totale des échanges, enregistrant 52 millions de L.E., avec un achat net de la part des étrangers », fait-il remarquer. Il rend hommage à la nouvelle relative au troisième réseau : « Cette transaction a redonné la confiance aux Egyptiens et aux étrangers, notamment les investisseurs arabes après qu’ils eurent boudé le marché égyptien il y a trois mois, c’est-à-dire depuis la chute de leurs marchés financiers ».

Tout cela s’est donc directement reflété sur la performance de l’indice de la Bourse égyptienne, le Case 30. Ce dernier, en chute libre depuis le 15 mars dernier, a enregistré sa plus grande hausse depuis. Il a donc repris haleine, récupérant le niveau de capitalisation enregistré en janvier dernier.

La capitalisation, qui reflète les cours des actions, a dépassé, le lendemain de la nouvelle, un milliard de L.E. contre 373 millions de L.E. la semaine précédente. Cet essor inattendu des cours a poussé le Case 30, qui est monté en flèche, enregistrant 5 371 points la semaine dernière, contre 4 772,78 points une semaine avant, soit une hausse de 12,5 %. Bien qu’il ait légèrement fléchi dimanche 9 juillet à la suite de ventes dues à la hausse des cours, il a repris sa hausse, lundi pour clôturer à 5 360,67 points. L’activité des transactions a également profité de cette embellie, reflétée par le volume des échanges qui a plus que doublé, enregistrant 13,7 millions d’actions lundi, contre 5,9 millions quelques jours avant la mise en enchères de la licence du troisième réseau de portable.

Ce retour d’activité à la Bourse a été particulièrement marqué dans le secteur des télécommunications. Nasser, lui, note que la chose la plus importante est que cette transaction a permis une réévaluation de tout le secteur, morose depuis 3 mois, élevant le cours de ses actions.

Telecom Egypt profite de la vague

Le cours des actions du secteur des télécommunications a en effet connu une hausse considérable par rapport à celui d’il y a trois mois, avant la conclusion de la transaction. L’exemple le plus flagrant est celui de l’action de Telecom Egypt, l’unique opérateur public de ligne fixe, qui s’était allié à Telecom Italia pour tenter en vain de remporter la licence du troisième réseau. Son cours a cependant grimpé de 9,17 %, enregistrant 12,74 L.E. l’action jeudi dernier. L’action a atteint lundi 10 juillet 13,46 L.E., enregistrant une hausse de 0,34 %.

Telecom Egypt a d’ailleurs choisi ce moment d’euphorie boursière pour annoncer son intention d’investir avec Vodafone — second réseau de portable dont elle détient le quart des actions — dans d’autres domaines, notamment celui de l’Internet à haut débit, ADSL. Cette nouvelle a été appuyée par une rumeur selon laquelle TE négocierait avec Vodafone pour augmenter sa part à 45 %. Ce qui a fait grimper son cours. Oqeil Béchir, PDG de TE, interviewé par l’Hebdo, n’a pas voulu confirmer cette rumeur.

L’action d’Orascom Telecom, elle aussi, a augmenté atteignant 356,99 L.E. le lundi 10 juillet. Quant à celle de Vodafone Misr, elle a repris 1,7 %, atteignant 92,7 L.E. Pareillement, son concurrent, MobiNil, détenant un peu plus de la moitié du marché, a enregistré une hausse de 3 %, à 160,59 L.E.

Et cette onde d’optimisme s’est étendue aux autres secteurs, ce qui fait dire aux investisseurs que l’indice continuera sur cette hausse. « L’indice pourrait facilement atteindre 6 000 pts, même en dépit d’une probable vague de vente », prévoit Karim Abdel-Aziz, l’analyste financier auprès de la Société Ahli pour la gestion des fonds d’investissement.

Il ajoute que la hausse de l’indice a mis fin au climat d’angoisse qui a régné sur les investisseurs, notamment les petits porteurs.

Ainsi, presque tous les secteurs ont connu une hausse, notamment les actions traditionnellement les plus actives : l’action d’Al-Arabiya pour l’égrenage du coton a clôturé lundi à 10,42 L.E., contre 9,75 L.E. la semaine précédente. L’action EFG-Hermes a atteint 33,99 L.E. lundi, contre 29,94 L.E. la semaine précédente, bien que la société EFG-Hermes soit sortie de la mise en enchères. De même, l’action d’Orascom des industries de construction a connu une hausse de 8,44 % la semaine dernière, arrivant à 199,8 L.E. Et elle a continué sa hausse lundi dernier pour atteindre 201,04 L.E. De même que l’action d’Orascom Hôtellerie et développement a connu une hausse de 8,25 %, atteignant 30,85 L.E. l’action. Puis elle est montée à 31,83 L.E. lundi 10 juillet.

Enfin, Ahmad Helmi, analyste financier auprès de Prime Securities, note que l’injection de 16,7 milliards de L.E., coût de la licence du troisième réseau, dans le budget de l’Etat aura des effets rafraîchissants sur l’économie tout entière, en diminuant le déficit budgétaire ou en finançant d’avantages d’investissements publics.

Dahlia Reda

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Etisalat en chiffres

La création d’Etisalat remonte à 1976 aux Emirats arabes unis. Elle a été récemment classée selon le Financial Times, au 140e rang sur les 500 sociétés les plus importantes en matière de capitalisation. Dans la région, le magazine Middle East la classe parmi les six sociétés les plus grandes, toujours en matière de capitalisation et de revenus.

Son personnel est de 1 000 employés, selon les chiffres de 2005. Ses revenus ont augmenté de 23 % cette même année enregistrant 12,9 milliards de dirhams (3,48 milliards de dollars). De plus, son profit net a augmenté en 2005 de 25 %, atteignant 1,16 milliards de dollars contre 0,93 en 2004. En plus de son pays d’origine, Etisalat a acheté 26 % de la part de Pakistantel Company Limited en juin 2005 et envisage d’élargir sa part prochainement. La société a déjà établi le second réseau de ligne fixe au Soudan, en janvier 2006.

Elle possède et gère le second réseau de portable Mobily en Arabie saoudite, et est devenue le plus grand opérateur de portable en nombres de clients, atteignant 2 millions de clients fin 2005. Elle détient aussi le Zanzibar Telecom et réalise des expansions dans ses îles pour assurer les services de téléphonie fixe et mobile. Elle possède par ailleurs 50 % d’Atlantique Telecom et opère dans sept pays d’Afrique, à l’exemple du Benin, du Togo et de la République centrafricaine. Enfin, elle détient une part d’Al-Thuraya, fournisseur de services de portable via satellite et gère cette entreprise.

 




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