Cela
a été annoncé la semaine dernière : Ezzat Abou-Auf devient le
deuxième acteur, après Hussein Fahmi, attelé à la charge
d’envergure de président du Festival international du film du
Caire. Il sera secondé dans sa mission par l’expert touristique
Amr Badr, qui assurera la fonction de secrétaire général. Tandis
que Soheir Abdel-Qader demeure au poste de vice-président du
Festival et le critique Youssef Chérif Rizqallah à celui de
directeur du festival. La grande star égyptienne Omar Al-Chérif
assumera, quant à lui, la tâche de président d’honneur. La
stature universelle et le glamour de cette vedette devraient de
toute évidence rehausser le prestige de la manifestation. « Le
festival doit être un espace de grande ampleur cinématographique
et non pas un simple lieu de compétition des films. Je
déploierai tous les moyens pour créer une ambiance favorable à
son rayonnement. Je tiens toutefois en grande estime tous les
hommes de l’ancienne direction, car sans eux le festival
n’aurait pu continuer à exister », a déclaré Ezzat Abou-Auf en
réponse aux interrogations des journalistes sur sa succession à
la tête de l’institution.
Il est convaincu que c’est « un grand honneur
» de devenir le cinquième président du festival après l’écrivain
Kamal Al-Mallakh, fondateur de cette manifestation en 1985,
relayé à sa tête par l’écrivain Saadeddine Wahba jusqu’à sa mort
en 1997. Ensuite, ce fut au tour du comédien Hussein Fahmi et de
Chérif Al-Choubachi de leur succéder à cette tâche pour enfin y
renoncer au bout de trois éditions à cause de l’imminence de
problèmes de financement irréfutables.
Toutefois, la nomination du nouveau président
du festival a soulevé un vrai tollé parmi ceux qui contestent le
statut de star à Ezzat Abou-Auf. Il ne maîtrise à leurs yeux que
deux langues, le français et l’anglais, qui le distinguent à
peine de ses pairs. Alors que d’autres louent ce choix au moment
où le festival traverse de réelles difficultés et risque même
d’être disqualifié sur le plan international pour cette raison.
« Abou-Auf est un comédien cultivé, qui peut contribuer à
secouer le joug des pressions qui pèse sur le festival. Il
faudrait à présent mettre un terme aux préjugés à son égard pour
ne pas compliquer sa tâche, surtout qu’il ne reste que quelques
mois avant le démarrage de la prochaine édition », estime la
critique Amina Al-Chérif.
En effet, l’acteur arrive sur un terrain déjà
miné. Les anciennes administrations confrontaient deux problèmes
principaux : l’absence d’esprit de coopération entre les membres
de sa direction et le faible financement accordé par l’Etat.
Avec un budget relativement bas de 900 000 L.E. avancées par
l’Etat, le financement du festival restait un casse-tête
permanent pour sa direction. Cela a poussé le ministre de la
Culture à désigner l’homme d’affaires Naguib Sawirès comme
parrain du festival, à l’instar de beaucoup d’autres festivals
internationaux qui ont recours à de grands investisseurs. Ce
dernier renflouera les caisses du festival d’un montant de six
millions de L.E. pour que sa prochaine édition accède à un
niveau satisfaisant. C’est donc un nouveau cap adopté par le
ministère de la Culture, qui mise sur les capitaux privés pour
suppléer aux faibles financements de l’Etat. Une stratégie dont
on attend les fruits.
Yasser Moheb