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 Semaine du 12 à 18 juillet 2006, numéro 618

 

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Arts

Nomination . Le ministre de la Culture, Farouk Hosni, vient de désigner l’acteur Ezzat Abou-Auf à la présidence du Festival international du film du Caire, à la suite de la démission de Chérif Al-Choubachi. Une décision qui ne laisse pas indifférent.

Des changements en perspective

Cela a été annoncé la semaine dernière : Ezzat Abou-Auf devient le deuxième acteur, après Hussein Fahmi, attelé à la charge d’envergure de président du Festival international du film du Caire. Il sera secondé dans sa mission par l’expert touristique Amr Badr, qui assurera la fonction de secrétaire général. Tandis que Soheir Abdel-Qader demeure au poste de vice-président du Festival et le critique Youssef Chérif Rizqallah à celui de directeur du festival. La grande star égyptienne Omar Al-Chérif assumera, quant à lui, la tâche de président d’honneur. La stature universelle et le glamour de cette vedette devraient de toute évidence rehausser le prestige de la manifestation. « Le festival doit être un espace de grande ampleur cinématographique et non pas un simple lieu de compétition des films. Je déploierai tous les moyens pour créer une ambiance favorable à son rayonnement. Je tiens toutefois en grande estime tous les hommes de l’ancienne direction, car sans eux le festival n’aurait pu continuer à exister », a déclaré Ezzat Abou-Auf en réponse aux interrogations des journalistes sur sa succession à la tête de l’institution.

Il est convaincu que c’est « un grand honneur » de devenir le cinquième président du festival après l’écrivain Kamal Al-Mallakh, fondateur de cette manifestation en 1985, relayé à sa tête par l’écrivain Saadeddine Wahba jusqu’à sa mort en 1997. Ensuite, ce fut au tour du comédien Hussein Fahmi et de Chérif Al-Choubachi de leur succéder à cette tâche pour enfin y renoncer au bout de trois éditions à cause de l’imminence de problèmes de financement irréfutables.

Toutefois, la nomination du nouveau président du festival a soulevé un vrai tollé parmi ceux qui contestent le statut de star à Ezzat Abou-Auf. Il ne maîtrise à leurs yeux que deux langues, le français et l’anglais, qui le distinguent à peine de ses pairs. Alors que d’autres louent ce choix au moment où le festival traverse de réelles difficultés et risque même d’être disqualifié sur le plan international pour cette raison. « Abou-Auf est un comédien cultivé, qui peut contribuer à secouer le joug des pressions qui pèse sur le festival. Il faudrait à présent mettre un terme aux préjugés à son égard pour ne pas compliquer sa tâche, surtout qu’il ne reste que quelques mois avant le démarrage de la prochaine édition », estime la critique Amina Al-Chérif.

En effet, l’acteur arrive sur un terrain déjà miné. Les anciennes administrations confrontaient deux problèmes principaux : l’absence d’esprit de coopération entre les membres de sa direction et le faible financement accordé par l’Etat. Avec un budget relativement bas de 900 000 L.E. avancées par l’Etat, le financement du festival restait un casse-tête permanent pour sa direction. Cela a poussé le ministre de la Culture à désigner l’homme d’affaires Naguib Sawirès comme parrain du festival, à l’instar de beaucoup d’autres festivals internationaux qui ont recours à de grands investisseurs. Ce dernier renflouera les caisses du festival d’un montant de six millions de L.E. pour que sa prochaine édition accède à un niveau satisfaisant. C’est donc un nouveau cap adopté par le ministère de la Culture, qui mise sur les capitaux privés pour suppléer aux faibles financements de l’Etat. Une stratégie dont on attend les fruits.

Yasser Moheb

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