Al-Ahram Hebdo,Arts | Le miracle des paysages
  Président Salah Al-Ghamry
 
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 Semaine du 12 à 18 juillet 2006, numéro 618

 

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Arts

Exposition . Les œuvres de 97 artistes japonais, exposées à la galerie Ofoq, reflètent une image traditionnelle du pays, sans aller plus loin dans la contemporanéité.

Le miracle des paysages

« Le miracle de la beauté en Egypte ». Le titre peut paraître un peu énigmatique ou un peu fourre-tout, d’autant plus que les œuvres exposées n’ont rien d’égyptien, excepté deux peintures, accrochées à l’entrée, des classiques Pyramides et du Sphinx. « Il s’agit plutôt du miracle de la beauté des œuvres japonaises exposées en Egypte », souligne Ihab Al-Labbane, directeur de la galerie Ofoq, ajoutant d’ailleurs que cette exposition s’inscrit dans le cadre d’un grand projet selon lequel les œuvres d’artistes japonais feront le tour du monde. A chaque fois, le titre change alors en fonction du pays d’accueil.

Le choix des artistes ne relève aucunement du hasard. Ils sont tous lauréats de prix égyptiens, décernés lors des années précédentes : le prix du Sphinx, le prix du ministère de la Culture, le prix de Louqsor pour l’art, le prix du Nil, etc. Et ont choisi majoritairement pour thème le paysage japonais, diversifiant les techniques : entre peinture occidentale et peinture japonaise, qui consiste à employer la traditionnelle laque colorée. Apparu au XIIIe siècle sous la dynastie des Shoguns, ce vernis fut d’abord exclusivement d’usage dans l’art religieux. Et c’est au XVIIe siècle que la laque a commencé à se vendre sur les marchés pour être aussi à la portée des artistes profanes. Un fait qui n’est pas sans miroiter une certaine fermeture aux cultures et influences étrangères.

La peinture de Shibata Chikudo Traditional Japaneese Picture of Every Day Life in the Edo Period (Image traditionnelle de la vie de tous les jours sous la période Edo) est l’exemple le plus concret de cet esprit. En laque, cette peinture se divise en trois plans : un plan horizontal, avec le soleil levant synonyme du Japon, et deux plans verticaux où se croisent les regards de deux Japonaises. Mis à part les couleurs vivement typiques, la structure même de la peinture est assez intéressante. Elle constitue une sorte de triangle invisible, liant ces trois éléments et les plaçant au centre du champ optique.

L’œuvre de Kobayashi Toshii Messenger (Messager) se fait remarquer de par les émotions qui s’en dégagent et les traits de ses trois personnages : une femme portant son bébé sur le dos et laquelle protège son autre enfant de la tempête. Le blanc qui couvre presque tout le tableau avec des infiltrations de gris, ainsi que les couleurs des vêtements variant entre le violet, le jaune et le marron, intensifient la sensation du froid.

Par ailleurs, le style occidental de la peinture est dominant, qu’il s’agisse de peinture à l’huile ou de fresque. Les pigments de la couleur pénètrent la masse pour dépeindre des paysages japonais, comme dans la peinture de Niwa Yoshiharu Night Cherry Tree (Cerise nocturne) avec une maison traditionnelle au milieu d’un terrain vague. Une autre artiste, Nishiyama Hiroshu, présente le coucher du soleil à travers les arrière-cours, dans sa peinture Sunset of the Back Streets avec également une maison japonaise se détachant parmi les couleurs tumultueuses de la ville.

Hayashi Kano et Nemoto Tado dépeignent les montagnes : le premier avec une touche réaliste, alors que le second se veut beaucoup plus surréaliste, avec ses montagnes brumeuses où fusionnent le blanc, le jaune, le bleu et le vert.

Tandis que Watanabe Yoshiko, dans Daffodil (Narcisse), met l’homme en relation avec la nature, transformant l’immense chevelure de la jeune fille en tiges ramifiées.

La salle de la galerie Ofoq est bien étoffée par les œuvres japonaises regroupant, entre autres, des natures mortes, des calligraphies à l’encre de chine et une seule sculpture signée Tonoshima Masae, intitulée Lonely Light (La Lumière unique).

Une importante exposition, sans doute, qui ne présente cependant pas l’art japonais dans son ensemble. Le public reste sur sa faim, ne sachant toujours pas ce qu’il en est des nouvelles tendances japonaises. Les influences de l’art contemporain, notamment après les traumatismes des 50 dernières années, bombes atomiques, crise économique, etc., sont passées à la trappe.

Lamiaa Al Sadaty

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Jusqu’au 30 juillet, à la galerie Ofoq. Tous les jours, sauf le vendredi, de 10h à 21h30.

1, rue Kafour, Guiza.

Tél. : 336 23 58

 




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