Al-Ahram Hebdo, Arts | Le flamenco décliné à l’infini
  Président Salah Al-Ghamry
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 12 à 18 juillet 2006, numéro 618

 

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Arts
Musique . La troupe Flamenca conjugue rythmes espagnols et arabes, chantant toujours en dialectal. Elle se produira le 14 juillet au théâtre en plein air de l’Opéra du Caire.

Le flamenco décliné à l’infini

Fusion entre flamenco et musique orientale, c’est ce que propose la troupe Flamenca, en ce moment l’unique du genre en Egypte.

Fondée en 2002, Flamenca se compose de huit jeunes musiciens de formations différentes. Ils jouent tous en uniforme : pantalon beige et chemise blanche, sous la conduite du guitariste Waël Khedr, fondateur de la troupe et compositeur de ses chansons. Ainsi, apparaît-il sur scène entouré de Amr Darwich au violon, Raafat Farhata au kawala (variété de flûte), Omar Al-Touli au piano et de ses amis soudanais Seiffel-Dawla (percussions) et Ahmad Charhabil (guitare). Le chanteur vedette de la troupe, Ahmad Samir, se distingue, lui, par ses improvisations proches des mouachahats andalouses. « Le flamenco est un genre typiquement espagnol et, pour être plus exact, un art provenant du sud de l’Espagne. S’il est certain que les Gitans ont écrit une part importante de la genèse du flamenco, il ne faut pas oublier l’apport considérable de la tradition andalouse et de ses chants populaires. Bien sûr, de nombreux autres peuples ont contribué à la forme finale du flamenco actuel. Et cela n’a rien de surprenant dans un pays où de multiples cultures et civilisations se sont succédé ou ont cohabité au fil des siècles. Tous ces apports, directs ou indirects, ont influencé le flamenco », explique Waël Khedr.

Pour toucher un public plus large, Khedr a essayé d’adapter le rythme compas, très caractéristique du flamenco, l’amalgamant à des rythmes orientaux et le soutenant par des influences des mouachahats andalouses, à la fois rythmique et émouvant. Les paroles chantées sont en égyptien dialectal et nous proviennent de jeunes auteurs. « Au lieu de recourir à des poètes célèbres du dialectal, comme de coutume ces derniers temps, j’ai préféré donner la parole à des jeunes comme moi », ajoute Khedr.

Prolifique, la troupe tente de satisfaire tous les goûts, afin de se faire une place. Ceux qui affectionnent le moderne, mais aussi ceux qui se penchent vers l’ancien. « Recourir à des maqamats — modes — et au quart de ton, lesquels caractérisent les airs orientaux, nous attribue une plus large audience ». Cela est, on ne sait jamais quand la musique espagnole est interrompue ou doublée par une autre à l’allure plus orientale. Le spectacle est insolite.

Outre l’usage du quart de ton dans les mélodies, Flamenca a eu l’idée de présenter le « Flamenco nouveau », fusionnant flamenco et jazz. On introduit alors d’autres instruments (saxo, basse, cajón). « Notre musique est moderne, sans être assourdissante. Elle a un sens, contrairement à celle des vidéoclips et ses rythmes haletants très en vogue », dit-il. Un air plus rêveur se dégage de cette musique qui se proclame « anti-clips ». Pourtant, les membres de la troupe se préparent à tourner un documentaire de drama-clip dans les sites historiques des quatre coins de l’Egypte.

Récemment, lors du vernissage de l’exposition sur l’art japonais à la galerie Ofoq, ils ont dû jouer une composition japonaise adaptée à la musique du flamenco.

Et durant un autre concert, ils ont invité un musicien irlandais pour jouer à la mandoline irlandaise. Dans un troisième, ils ont collaboré avec une danseuse mexicaine … Que de zestes de nouveauté ! .

Névine Lameï

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Le 14 juillet, à 21h au théâtre ouvert de l’Opéra du Caire. Terrain de l’Opéra du Caire, Guézira. Tél. : 737 05 87.

Le 22 juillet, à 21h au jardin Al-Challalate, à Alexandrie. Le 31 juillet, à 21h30 à Saqiet Abdel-Moneim Al-Sawi. Fin rue 26 Juillet, Zamalek. Tél. : 736 61 78

 




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