Al-Ahram Hebdo, Arts | Ibsen sous le regard du Sphinx
  Président Salah Al-Ghamry
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 12 à 18 juillet 2006, numéro 618

 

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Arts

Événement . En octobre prochain, ce sera le tour de l’Egypte de célébrer le centième anniversaire de la mort d’Henrik Ibsen (1828-1906), fêté dans le monde tout au long de 2006. Les thèmes universels de son œuvre le propulsent au-devant de l’actualité.

Ibsen sous le regard du Sphinx

Leurs sorts sont faits d’énigmes, et ils en parlent. Peer Gynt, l’anti-héros norvégien décrit par Ibsen dans une pièce qui porte son nom depuis 1867, se cherche allant jusqu’au pied des pyramides. Il parle au Sphinx, soulevant les choix de la vie, les dilemmes de l’identité et ceux de la prédestination. Qui suis-je ? Comment être intègre ? Pour y répondre, l’aventurier légendaire d’Ibsen passe par la folie ; ensuite atteint la source de la sagesse, après avoir transité dans l’asile des fous. C’est là, en effet, qu’il apprend à être lui-même. Ceci dit, la métamorphose s’opère en Egypte, avant de rentrer finalement chez soi.

Les pièces d’Ibsen ont conservé une bonne part de l’actualité, comme le Sphinx a conservé son sourire moqueur, témoin de la vie. Fasciné par l’Egypte où il a atterri pour la première fois comme représentant de la Norvège, lors de l’inauguration du Canal de Suez, Henrik Ibsen écrit des lettres, des poèmes et cette pièce (Peer Gynt) situant de manière précise le lieu de son déroulement, contrairement à son habitude.

Justement, le choix du théâtre Son et Lumière, sur le plateau de Guiza, afin de donner Peer Gynt les 26 et 27 octobre prochain, pour célébrer le centième anniversaire de la mort d’Ibsen, tombe à pic. Cette scène où se tisse le drame « fantaisiste » de Peer Gynt, mis en musique par Edvard Grieg, s’avère un cadre idéal pour mieux réfléchir l’immobilisme d’une société consciente de son déclin.

Abordant dans ses œuvres des thèmes comme la mondialisation, le pouvoir politique, la liberté d’expression, la liberté individuelle et celle des sexes, cela se comprend qu’Ibsen est le dramaturge le plus joué après Shakespeare. Les cent ans de sa mort, célébrés à travers le monde tout au long de l’année 2006, ne sont pas sans rappeler le rôle central qu’il a joué dans la percée de la modernité au sein de la vie intellectuelle européenne, étant considéré comme le père du drame moderne. Ses 26 pièces se répartissent en effet entre drames historiques et nationaux-romantiques, drames psychologiques-symboliques et drames réalistes contemporains. D’ailleurs, l’Egypte présentera, toujours dans le cadre de la célébration, la pièce Un Ennemi du peuple, laquelle appartient à cette dernière catégorie. Elle sera donnée à la Bibliothèque d’Alexandrie par la troupe du théâtre Hanaguer, juste après le vernissage d’une exposition sur les femmes d’Ibsen, « Les Sculptures de Nina Sundbye rencontrent les manuscrits d’Ibsen ».

Le public égyptien pourra facilement se retrouver dans Un Ennemi du peuple, évoquant le drame d’un médecin qui découvre que l’eau de l’établissement thermal qu’il tient est contaminée. Il fait appel à la fermeture de son établissement, ce qui lui attire les foudres. La presse et les habitants se retournent contre lui, il est congédié et envisage de partir, il se rend compte combien la liberté de penser est mal en point dans le pays et décide de rester pour y faire face.

Cette pièce sera présentée en arabe, contrairement à Peer Gynt, laquelle se donnera en norvégien (avec sous-titrage sans doute). Cinq interprètes et des techniciens norvégiens travailleront avec l’orchestre et le ballet de l’Opéra du Caire afin de produire ce chef-d’œuvre dont la musique d’accompagnement dépeint à merveille l’âme et l’humeur norvégiennes.

Des costumes signés Armani, une scénographie spéciale, une mise en scène de Bentein Baardson, un théâtre de 2 200 sièges, la présence de la première dame égyptienne et de la reine de Norvège, un décor pharaonique qui remonte à la XVIIIe dynastie en font l’événement de l’année. On se rapproche sous l’effet d’une diplomatie culturelle assez clairvoyante. Cette satire du XIXe siècle qui s’applique à nos jours, le séminaire international prévu le 26 octobre au Conseil suprême de la culture ainsi que les traductions publiées en l’occurrence, révèlent à quel point Ibsen attachait une importance à ce que le public se retrouve face à des histoires qui peuvent lui arriver personnellement.

Dalia Chams

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Les billets sont disponibles à l’Opéra, vers mi-juillet. Pour en savoir plus, consulter : www.ibsen.net

 




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