Al-Ahram Hebdo, Sports | L’Afrique fait du surplace
  Président Salah Al-Ghamry
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
Nos Archives

 

 Semaine du 28 juin au 4 juillet, numéro 616

 

Contactez-nous Version imprimable

  Une

  Evénement

  Enquête

  Dossier

  Nulle part ailleurs

  Invité

  Egypte

  Economie

  Monde Arabe

  Afrique

  Monde

  Opinion

  Kiosque

  Société

  Arts

  Livres

  Littérature

  Visages

  Environnement

  Voyages

  Sports

  Loisirs

  Vie mondaine

  Echangez, écrivez



  AGENDA


Publicité
Abonnement
 
Sports

Coupe du monde 2006 . A l’exception du Ghana, tous les représentants africains se sont fait éliminer dès le premier tour de la compétition. Un bilan sans grand éclat et qui ne marque guère la progression du football dans le continent.

L’Afrique fait du surplace

Du Mexique à l’Allemagne, l’Afrique est restée fidèle à sa réputation. Un de ses représentants a réussi à franchir le seuil du premier tour des six dernières éditions de la Coupe du monde. Le Ghana succède au Sénégal de 2002 (quart de finaliste), au Nigeria de 1998 et 1994 (8e de finaliste), au Cameroun de 1990 (quart de finaliste) et au Maroc de 1986 (8e de finaliste). Les Black Stars ont constitué la bonne surprise pour le continent noir, d’autant plus que l’exploit était plutôt attendu du côté de la Tunisie, qui semblait avoir les meilleures chances des 5 représentants présents à cette Coupe du monde, et qui évoluait dans un groupe relativement facile. Ce dernier comprenait l’Espagne, l’Ukraine et l’Arabie saoudite. La Côte-d’Ivoire, moins chanceuse, devait se dépêtrer dans le groupe dit « de la mort », l’un des plus difficiles de l’histoire de la Coupe du monde, comprenant l’Argentine, les Pays-Bas et la Serbie. Quant aux deux néophytes, le Togo et l’Angola, qui n’ont ni les moyens ni les qualités requises pour être au niveau de la concurrence dans une telle compétition, avaient peu parié sur eux.

D’une manière globale et malgré tout, on peut dire que la performance des Africains n’était pas médiocre, ayant réalisé 3 victoires, 3 nuls et 9 défaites.

Mais ces prestations ne sont pas à même de marquer l’ascension africaine tant attendue. En 1986, Pelé avait prédit : « Une équipe africaine remportera un jour la Coupe du monde. Et ce sera avant la fin du XXe siècle ». Vingt ans se sont écoulés et toujours rien. Pire, les Africains semblent même loin du but. Et pourtant, le monde s’attendait à des éclats venant de ce continent, ses vedettes ayant envahi l’Europe et étant devenues même parmi les plus chères de la planète ; citons Michael Essien (Ghana), Didier Drogba, Salomon Kalou (Côte-d’Ivoire), John Obi Mikel (Nigeria), Samuel Eto’o (Cameroun) et beaucoup d’autres encore.

Pourquoi donc ce ralenti ? Eh bien, les raisons son plus que multiples. Contrairement à toutes les confédérations, la Confédération Africaine de Football (CAF) ne qualifie pas ses meilleurs éléments pour la plus prestigieuse compétition de la planète. Des petites nations, telles que le Togo et l’Angola, ont été au cœur de l’action tandis que des équipes, telles que l’Egypte, championne d’Afrique 2006, le Cameroun, force dominante du continent lors de ces dernières années, le Sénégal, auteur de l’exploit de 2002, les Lions de l’Atlas de Hadji et Chamakh ou encore le Nigeria de Jay Jay Okocha et Obafemi Martins, ont dû suivre les matchs devant le petit écran. Ce système de cinq groupes et d’un seul qualifié ne laisse pas de chances aux équipes au cas où elles feraient un faux pas.

Ce qui est très courant en Afrique, surtout pour les grandes nations qui ont des vedettes éparpillées dans les meilleurs clubs européens, qui ne libèrent leurs joueurs que très difficilement pour les matchs de qualification. Imaginons un instant que quelques-unes de ces équipes furent présentes au Mondial. Elles auraient sûrement laissé une empreinte pour compenser la malchance et le manque d’expérience de leurs collègues.

Manque de plans à long terme

Quoi d’autre encore ? Nous dirons le manque de plans à long terme. En effet, il est rare de trouver en Afrique des programmes quinquennaux ou à plus long terme, à quelques exceptions près, notamment la Côte-d’Ivoire. « Contrairement à ce que tout le monde peut penser, la Côte-d’Ivoire possède une très bonne organisation du jeu qui m’a beaucoup impressionné », a déclaré Henri Michel, sélectionneur des Eléphants et ancien sélectionneur de France, du Maroc, du Cameroun et de la Tunisie. « Ils ont regardé loin et pas seulement le bout de leurs pieds. En 1995, ils ont installé l’Académie Jean Marc Guilloux qui commence à sortir des talents tels que les frères Touré, Dindane, Zokora et autres. Et maintenant, la Côte-d’Ivoire peut cueillir ces fruits », explique-t-il. D’une manière générale, il n’y a pas de structures pour les fédérations ni de projets à long terme, ce sont plutôt des objectifs qui s’épuisent rapidement tels que des qualifications ou une compétition spéciale.

S’ajoutent à cela les gros troubles internes qui fracassent tout essai ou espoir de développement ou d’exploitations. Les explications de ce fiasco abondent. Manque de financement, problèmes de direction et instabilité technique et administrative. Il est rare de trouver un coach en poste plus de deux ans. Le Togo s’est même séparé de son sélectionneur à quelques semaines du début du Mondial ... De même que les joueurs ont menacé de ne pas participer à l’événement s’ils n’étaient pas payés. Idem pour la RD Congo, qui avait menacé de boycotter les matchs de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2006 au cas où les joueurs ne recevraient pas leurs primes.

Le Ghana, l’une des plus grandes nations du football en Afrique, a bénéficié de générations de talents depuis de longues décennies à l’exemple de Abedi Pelé, Anthony Yeboah, Charles Okonor et autres, mais l’instabilité technique et administrative a fait fuir les joueurs. Résultat : les Black Stars ne se sont fait une place parmi les élites qu’en 2006. « C’est un continent au potentiel énorme mais qui est ravagé par les troubles internes, le manque d’organisation et l’abus des grands clubs européens. Il faut les aider pour l’amour du football et pour pouvoir bénéficier de grands talents », résume le technicien français Claude Leroy, l’un des plus grands experts du football africain, qui a passé plus de 20 ans à ses services.

Un autre Français, expert de l’Afrique, Henri Michel, accuse aussi la pression exercée par les clubs européens peu enclins à libérer les meilleurs joueurs africains qu’ils emploient et rémunèrent. Difficile dans ces conditions pour un sélectionneur de bâtir une équipe.

L’Afrique doit donc remédier à toutes ces lacunes. Et elle est priée de faire vite si elle veut décrocher une sixième place lors du Mondial et faire la fête en Afrique du Sud 2010.

Karim Farouk

Retour au sommaire

Le Ghana, révélation de la compétition

Les Black Stars ont été la grande révélation de cette compétition. Après une difficile défaite contre l’Italie 0-2, qui revient en grande partie au manque d’expérience, les Ghanéens ont fortement réagi en battant la République tchèque 2-0, dans l’un des plus beaux spectacles de la compétition, pour ensuite décrocher leur qualification face aux Etats-Unis 2-1. Ils terminent à l’issue du 1er tour à la deuxième place avec six points, soit à une seule longueur du leader italien. Le sélectionneur Ratomir Djukovic a pu combiner les talents d’Asamoah Gyan, Sulley Muntari, Michael Essien et Stephen Appiah pour mettre en place une équipe très organisée et solide.

La Côte-d’Ivoire, séduisante malgré tout

Malgré son élimination du premier tour, la Côte-d’Ivoire a beaucoup séduit. En effet, le tirage au sort du Mondial fut très sévère pour les Eléphants. Placée dans le groupe qui rassemble l’Argentine et les Pays-Bas, cette équipe avait des chances quasi nulles de se qualifier pour le second tour, vu l’énorme fossé qui sépare la Côte-d’Ivoire de ses rivaux. Malgré tout, les Ivoiriens ont constitué un rival de taille et posé beaucoup de problèmes à leurs adversaires.

Les coéquipiers de Didier Drogba ont refusé de quitter le Mondial sans garder de bons souvenirs. Ils ont battu La Serbie-Monténégro 3-2 lors de la troisième journée. Cette sélection promet un bel avenir.

La Tunisie, décevante

Avec un nul contre l’Arabie saoudite 2-2 et deux défaites successives contre l’Espagne 1-3 et l’Ukraine 0-1, la sélection tunisienne a quitté le Mondial plus tôt que prévu. En effet, la performance des Aigles de Carthage lors de ce Mondial fut décevante vu les grands espoirs que suscitait cette sélection. Bien que les Tunisiens se soient présentés comme une équipe très organisée sur le terrain, notamment en défense, son grand problème se situe dans le côté offensif, inefficace. ’absence du buteur de la Tunisie, Francileudo Dos Santos, pour cause de blessure a beaucoup nui à la puissance offensive de l’équipe. Reste à dire qu’une sélection qui participe à une compétition majeure comme la Coupe du monde ne doit jamais dépendre d’un seul joueur.

L’Angola, performances solides

L’Angola a gardé ses chances jusqu’au bout. Difficilement battus par le Portugal 0-1 en match d’ouverture du groupe D, les Palencas Negras ont pu tenir la puissante équipe mexicaine en échec 0-0 lors de la deuxième journée. Il leur fallait une victoire contre l’Iran, malheureusement ils ont concédé un nul de 1-1 et l’attaquant d’Ahli, Flavio Amado, est entré dans l’histoire en ayant marqué l’unique but de son pays dans ce Mondial. L’Angola a donc terminé troisième du groupe (2 points) mais en ayant montré de solides performances et des jeux collectifs. Il leur faudra développer leurs qualités offensives dans le futur.

Le Togo, trois défaites consécutives

Ravagé par les problèmes de prix et changements de sélectionneur, le Togo a enregistré le plus mauvais bilan de ce Mondial. Les Eperviers ont concédé trois défaites consécutives contre la Corée du Sud 1-2, la Suisse 0-2 et la France 0-2. Le sélectionneur allemand, Otto Pfister, avait quitté son poste à trois jours de leur match contre la Corée, en protestation au non paiement des primes, et les joueurs avaient menacé de boycotter les matchs. La crise fut résolue lorsque la FIFA a décidé de verser les primes de participation directement aux joueurs et non à la Fédération. Et pourtant, les coéquipiers d’Emmanuel Adebayor ont montré un niveau de jeu assez respectable alors qu’on s’attendait à une totale débandade.

 




Equipe du journal électronique:
Equipe éditoriale: Névine Kamel- Howaïda Salah - Chourouq Chimy
Assistants techniques: Karim Farouk - Dalia Gabr
Webmaster: Samah Ziad

Droits de reproduction et de diffusion réservés. © AL-AHRAM Hebdo
Usage strictement personnel.
L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la Licence

de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.