Malgré des difficultés croissantes, le
président américain George W. Bush cherche à transformer le
handicap de la guerre en Iraq en atout d’ici les élections
parlementaires aux Etats-Unis, en novembre prochain. Car la
guerre, de plus en plus impopulaire aux Etats-Unis, promet
d’être un des principaux sujets d’affrontement entre
l’opposition démocrate et la majorité républicaine.
Accusant l’Administration républicaine du
président Bush de ne pas savoir gérer le conflit en Iraq qui,
outre des milliers de blessés, a déjà coûté la vie à plus de 2
500 soldats américains, l’opposition démocrate espère
reconquérir la majorité à la Chambre des représentants et au
Sénat.
La tâche du président Bush s’annonce ardue.
Le nombre de soldats américains morts en Iraq pèse effectivement
sur ses efforts à tirer parti de quelques « bonnes » nouvelles,
comme la formation complète du gouvernement iraqien et la mort
du chef d’Al-Qaëda en Iraq, Abou-Moussab Al-Zarqaoui. Selon le
général Carter Ham, numéro deux pour les opérations régionales à
l’état-major interarmées, les attaques avec des engins explosifs
artisanaux, la première cause de mort parmi les soldats
américains en Iraq, étaient en hausse.
L’accroissement continu du nombre de morts
des soldats américains et l’impact de ces décès aux Etats-Unis
ont contribué à l’érosion du soutien des Américains à la guerre
en Iraq. Cependant, la mauvaise situation sur le terrain empêche
les Etats-Unis de réduire leurs troupes stationnées en Iraq.
Selon le Pentagone, 127 000 soldats américains sont déployés en
Iraq, une baisse — par rapport au chiffre officiel de 138 000 —
due aux rotations et non à une volonté délibérée de diminuer les
effectifs sur le terrain. Le Pentagone a même annoncé la semaine
dernière que 21 000 hommes stationnés aux Etats-Unis avaient
reçu l’ordre de se préparer à partir pour l’Iraq avant la fin de
l’année.
Au coût humain s’ajoute le coût financier. Le
Congrès américain a définitivement approuvé un collectif
budgétaire comprenant une enveloppe de près de 66 milliards de
dollars pour financer les opérations militaires en Iraq et en
Afghanistan. Au total, il porte à 438 milliards de dollars le
coût de la « guerre contre le terrorisme » engagée par
l’Administration Bush au lendemain des attentats du 11 septembre
2001, dont plus de 70 % pour l’Iraq .