Al-Ahram Hebdo, Monde Arabe | L’enlisement
  Président Salah Al-Ghamry
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
Nos Archives

 

 Semaine du 28 juin au 4 juillet, numéro 616

 

Contactez-nous Version imprimable

  Une

  Evénement

  Enquête

  Dossier

  Nulle part ailleurs

  Invité

  Egypte

  Economie

  Monde Arabe

  Afrique

  Monde

  Opinion

  Kiosque

  Société

  Arts

  Livres

  Littérature

  Visages

  Environnement

  Voyages

  Sports

  Loisirs

  Vie mondaine

  Echangez, écrivez



  AGENDA


Publicité
Abonnement
 
Monde Arabe
Palestine . Avec la décision israélienne de mener des incursions et des opérations d’envergure, les perspectives d’une amélioration de la situation semblent plus éloignées que jamais.

L’enlisement

Israël met à mal tout espoir d’une relance de la paix. Les menaces et les opérations militaires de grande envergure sont la réponse choisie par les Israéliens à une attaque contre un poste frontalier au sud de la bande de Gaza au cours de laquelle un soldat a été enlevé et deux autres tués dimanche à l’aube. Une attaque revendiquée par le groupe armé palestinien, les Comités de la résistance populaire. Un porte-parole de ce groupe, Abou-Moujahid, a affirmé que l’attaque avait été menée en représailles à l’élimination par l’armée israélienne le 8 juin du chef du groupe, Jamal Abou-Samhadana.

Bien que l’attaque ne soit en fin de compte que le résultat de la politique israélienne de liquidation, Israël n’y voit qu’une chance pour embraser la situation et ce en rejetant sur les dirigeants palestiniens la responsabilité de l’attaque, la première de ce type depuis le retrait israélien de Gaza en septembre.

« L’Etat d’Israël considère l’Autorité palestinienne sous la direction du président Mahmoud Abbass et le gouvernement palestinien dirigé par le Hamas comme responsables de cet événement avec tout ce que cela implique », a notamment déclaré le premier ministre israélien, Ehud Olmert. Lundi, le ministre israélien de l’Habitat, Meir Sheetrit, a souligné que l’Etat hébreu exige la libération immédiate de son soldat. « Il n’y aura pas de négociations avec ses ravisseurs. Nous exigeons sa libération sans conditions », a-t-il déclaré à la radio militaire israélienne. « Il n’y aura pas d’échange de prisonniers, nous espérons le ramener bientôt chez lui et l’option militaire reste ouverte », a-t-il encore dit.

Dans un communiqué officiel, le cabinet s’est notamment dit « décidé à user de tous les moyens » à cette fin, et a aussi donné son feu vert à une série d’opérations d’ampleur dans la bande de Gaza et étalées dans le temps. Toujours selon ce communiqué, « le cabinet de sécurité a par ailleurs entériné les recommandations des responsables de la sécurité visant à préparer les forces nécessaires en vue d’une opération militaire d’urgence rendue nécessaire pour contrer les actions et les objectifs de l’Autorité palestinienne ».

Dans ce cadre, l’armée israélienne a lancé dimanche une importante incursion dans le sud de la bande de Gaza en représailles. Deux hélicoptères israéliens qui survolent la bande de Gaza avaient ouvert un feu nourri dans le secteur de l’attaque tandis que d’importantes forces étaient concentrées près du point de passage de Kerem Shalom. Il s’agit de la plus importante opération terrestre israélienne dans la bande de Gaza depuis le retrait d’Israël de ce territoire en septembre 2005.

Dans une tentative de contenir la situation avant qu’elle ne s’expose davantage, une délégation sécuritaire égyptienne dans la bande de Gaza a établi un contact avec les ravisseurs, a indiqué lundi la radio publique israélienne. Cette délégation, arrivée dimanche dans la bande de Gaza, a établi le contact par des tiers avec les ravisseurs, a précisé la radio.

Interrogé par la radio de l’armée israélienne, le porte-parole du gouvernement palestinien, Ghazi Hamad, issu du Hamas islamiste, a indiqué : « Nous sommes en contact avec de nombreux éléments, y compris des Egyptiens, et j’espère que nous trouverons une solution satisfaisante pour tous » à propos du soldat.

Le dialogue interpalestinien menacé

L’opération anti-israélienne de dimanche risque de sonner le glas du dialogue national palestinien. Venu à Gaza pour donner une nouvelle impulsion aux discussions sur un document d’entente nationale destiné à sortir de la crise politique, M. Abbass a eu, dimanche soir, une rencontre secrète avec le premier ministre Ismaïl Haniyeh pour discuter de la situation sécuritaire.

La présidence de l’Autorité palestinienne, dirigée par Mahmoud Abbass, a condamné dimanche l’opération anti-israélienne. « Cette opération est contraire à tout ce que nous avons entendu et une violation des accords donnés par les dirigeants avec lesquels nous nous sommes réunis » lors des rencontres avec les mouvements palestiniens dans le cadre du dialogue national, a-t-elle indiqué dans un communiqué. « Nous avons toujours mis en garde contre le danger pour certains groupes ou factions de sortir du consensus national et faire des opérations dont le peuple palestinien payera le prix, et qui nous coûteront de nombreux sacrifices et accentueront le siège international », a poursuivi le communiqué.

Côté Hamas, le vice-premier ministre, Nasser Shaher, a lui aussi affirmé dans une conférence de presse à Ramallah (Cisjordanie) qu’il exigeait la libération « immédiate » du soldat. « Ses ravisseurs doivent veiller à sa santé et à sa vie », a-t-il dit.

Le Hamas, dont la branche armée, les Brigades Ezzedine Al-Qassam, a participé à l’attaque, a assuré que l’opération était sans lien avec le dialogue et a appelé à sa poursuite. « L’opération martyre est intervenue après la poursuite des crimes israéliens et n’est pas liée au dialogue. Le dialogue est une affaire interne destinée à renforcer l’unité nationale », a affirmé le porte-parole du Hamas, Sami Abou-Zouhri. Pour le porte-parole du gouvernement Ghazi Hamad, l’attaque « n’affectera pas le dialogue qui continuera entre les factions jusqu’à ce que nous arrivions à un projet commun ».

Pourtant, la participation à l’attaque des Brigades Ezzedine Al-Qassam semble avoir contribué à une nouvelle détérioration des relations entre M. Abbass et le mouvement islamiste, qui n’étaient déjà pas au beau fixe.

Raison pour laquelle, le porte-parole de la présidence Nabil Abou-Roudeina s’est montré très pessimiste sur la poursuite des pourparlers, qui avaient connu quelques avancées au cours des derniers jours, sans percée significative. « Ce qui s’est passé nous ramène au point zéro dans les négociations. Nous demandons à tout le monde d’en porter l’entière responsabilité », a-t-il dit.

Si aucun accord n’est trouvé entre les groupes palestiniens sur le document d’entente nationale, élaboré par des cadres politiques détenus en Israël, M. Abbass entend le soumettre à référendum le 26 juillet. Et ce, au grand dam du Hamas qui considère cette consultation comme une tentative de court-circuiter le gouvernement.

Rania Adel

Retour au sommaire

 




Equipe du journal électronique:
Equipe éditoriale: Névine Kamel- Howaïda Salah - Chourouq Chimy
Assistants techniques: Karim Farouk - Dalia Gabr
Webmaster: Samah Ziad

Droits de reproduction et de diffusion réservés. © AL-AHRAM Hebdo
Usage strictement personnel.
L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la Licence

de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.