Non, pas du tout car nous
connaissions à l’avance la position américaine concernant
l’accord de libre-échange. La secrétaire d’Etat américain,
Condoleezza Rice, ainsi que Carlos Gutierrez, le secrétaire au
Commerce, étaient récemment au Caire. Ils se sont montrés très
clairs. Ils ont déclaré que le moment n’était pas propice à la
signature de cet accord.
Cependant, il faut noter que dans la plupart
des cas, les Américains ont de fausses idées sur l’Egypte. C’est
ce que nous avons constaté lors d’une récente visite aux
Etats-Unis, où nous avons rencontré de nombreuses parties,
notamment de l’Administration américaine, des membres du Congrès
et des centres de recherche, ainsi que des organisations des
hommes d’affaires et des industriels. Ce afin de préparer le
terrain et d’expliquer les réformes économiques et politiques,
ainsi que les opportunités d’investissement en Egypte. En effet,
nous œuvrons à ce qu’il y ait constamment un dialogue entre les
deux parties. C’est un objectif en soi pour maintenir et
développer les relations égypto-américaines.
Nous avons à cette occasion organisé une
conférence, en présence du président de l’organisme de
l’investissement, Ziyad Bahaeddine, pour attirer les
investissements directs en Egypte. Ont pris part à cette
conférence les banquiers et les responsables des fonds
d’investissement des Etats-Unis et du monde entier, ainsi que
Ali Awni, le directeur de l’administration des Zones
industrielles auprès du ministère du Commerce et de l’Industrie.
Cette conférence a été une réussite.
— On dit que les membres de la Chambre
américaine du commerce en Egypte sont les hommes des Etats-Unis
en Egypte, qu’ils entretiennent des relations spéciales avec
Washington, qui parfois peuvent aller à l’encontre des intérêts
politiques et économiques de l’Egypte. Qu’en pensez-vous ?
— Ce n’est pas vrai. Les membres de la
Chambre sont des Egyptiens. Ils expriment les intérêts égyptiens,
que ce soit sur le marché égyptien ou sur la scène mondiale. Le
principal objectif des membres de la Chambre est de développer
l’économie nationale. Je pense que les décisions économiques
égyptiennes sont purement égyptiennes. Il n’y a aucune influence
américaine. A la fin, ce sont des décisions du gouvernement. Il
y a souvent des différences de points de vue entre l’Egypte et
les Etats-Unis sur des aspects de la réforme. Notre rôle en
temps que Chambre américaine de commerce est d’expliquer notre
point de vue. Accuser la Chambre de prendre la partie des
Etats-Unis est une fausse accusation. Les relations entre
l’Egypte et les Etats-Unis sont des relations stratégiques et
importantes. La Chambre américaine en Egypte est représentée par
une majorité d’Egyptiens compétents qui font leur possible pour
servir l’économie nationale.
— Quelles sont les remarques américaines sur
les dernières mesures de réforme économiques en Egypte ?
— Il n’y a aucune remarque de la part de
l’Administration américaine, des membres du Congrès ou des
centres de recherches américains sur les réformes économiques en
Egypte. Au contraire, tout le monde a reconnu que ces dernières
réformes sont très bonnes et qu’elles auront un impact positif
sur l’économie égyptienne. Il en résultera un taux de croissance
économique élevé dans les prochaines années. Ce qui créera de
nouveaux emplois. En ma qualité de président de la Chambre
américaine et mon adhésion pendant 6 ans au Conseil présidentiel
égypto-américain, je tiens à confirmer qu’il n’y a aucune
remarque sur ce que nous faisons en Egypte et que les décisions
de la réforme économique en Egypte émanent de la volonté et de
la pensée égyptiennes. Mais, ceci ne signifie pas qu’il n’y a
pas de dialogue entre les deux pays sur de nombreuses questions
économiques. Nous acceptons parfois favorablement les conseils
dans les divers domaines des politiques économiques. Cependant,
le processus de réforme en Egypte a été appliqué de manière
appropriée dans la société égyptienne.
— Quelle est la vision américaine à l’égard
des élections en Egypte, de l’amendement de la Constitution et
de l’ajournement des élections municipales ?
— Les Etats-Unis considèrent l’Egypte comme
un pays central et que tout ce qui s’y passe influe sur
l’ensemble de la région. Le principal objectif des politiques
américaines est de répandre la démocratie et la liberté dans le
monde, comme l’un des principaux moyens de lutte contre le
terrorisme. Par conséquent, ils suivent avec intérêt tout ce qui
se passe en Egypte. Au cours de notre dernière visite aux
Etats-Unis, nous avons engagé de nombreuses discussions avec la
partie américaine à Washington. Ce qui nous a permis d’expliquer
les différentes mesures de la réforme politique en Egypte.
— Pensez-vous que les résultats de la réforme
économique sont satisfaisants ?
— Ils sont très positifs et prédisent un
avenir prometteur dans le domaine économique. Le taux de
développement économique a atteint 6,1 %. C’est un bon chiffre.
Je pense que ce chiffre peut atteindre plus de 7 % avant la fin
2007. Il est indispensable de doubler les taux de développement
pendant les prochaines années, afin de réaliser un essor
économique.
— Pensez-vous que le secteur privé
parviendra-t-il à jouer le rôle qui lui est imparti dans le
cadre du programme des réformes ?
— Je pense qu’il est déjà parvenu à faire des
progrès qui se sont traduits dans les dernières réformes des
politiques financières, notamment la loi des impôts, ainsi que
de nombreuses autres législations, comme la loi sur la
protection de la concurrence et la loi sur la protection du
consommateur, qui complètent le programme des réformes
économiques. Nous avons réalisé beaucoup de choses, mais il y a
encore beaucoup à faire.
— Ceci signifie-t-il que les horizons
d’investissement en Egypte sont plus favorables qu’ils ne
l’étaient auparavant ?
— Bien sûr. Le climat de l’investissement est
attrayant et s’améliore constamment. L’Egypte possède
aujourd’hui la base nécessaire pour attirer de nombreux
investissements, ou pour créer des projets dans divers domaines.
Les domaines du pétrole et du gaz naturel ont réalisé un essor
considérable. Ils attireront des investissements étrangers en
terme de milliards de dollars.
— Existe-t-il aujourd’hui une confiance dans
l’investissement en Egypte ? Que peut-on faire pour l’améliorer
?
— Il existe actuellement une grande confiance
dans l’investissement en Egypte. La preuve en est l’augmentation
des taux d’investissements étrangers. Mais il reste beaucoup à
faire pour améliorer le climat d’investissement : en fixant les
lois et les législations et en accordant une pleine confiance
aux investisseurs étrangers. Il ne faut pas oublier qu’il y a
une concurrence planétaire acharnée actuellement. La
mondialisation nous oblige à améliorer nos conditions en
permanence, afin de naviguer de concert avec les mutations qui
se passent autour de nous.
— Que pensez-vous de l’accord du Qiz que
l’Egypte a signé avec les Etats-Unis et Israël ?
— Cet accord a prouvé son efficacité. Plus de
550 compagnies égyptiennes ont été enregistrées en vertu de cet
accord. En 2006, les exportations égyptiennes ont atteint 306
millions de dollars. Je pense que les exportations vers le
marché américain en vertu de cet accord réaliseront des chiffres
records durant les prochaines années. Le Qiz se place dans le
cadre de l’ouverture du marché américain aux produits égyptiens,
sans barrières douanières. Le marché américain est le plus grand
consommateur du monde. Si le marché américain s’ouvre aux
produits égyptiens dans les 7 régions convenues sans aucune
contrainte, ceci aura un impact positif sur l’économie
égyptienne. Par conséquent, le Qiz contribuera à l’augmentation
de l’exportation. Ce qui aura un impact positif sur les
producteurset les exportateurs et bien sûr sur la création
d’emplois.
— En tant que président de la Chambre
américaine de commerce en Egypte, comment voyez-vous les
relations entre l’Egypte et les Etats-Unis ?
— Les relations égypto-américaines étaient
très solides pendant les 25 dernières années. L’Egypte est le
plus grand pays de la région, et il y a des intérêts conjoints
entre les deux parties. Chaque partie tient à maintenir cette
relation malgré les différences d’opinions concernant les
politiques au Proche-Orient. Mais, à la fin, il y a des
relations stratégiques entre les deux. D’ici émane l’importance
du rôle de la Chambre américaine de commerce en Egypte qui se
résume dans le renforcement des relations économiques et
commerciales entre les deux pays. La Chambre de commerce
accueille aussi les membres du Congrès américain lors de leur
visite en Egypte. Nous saisissons aussi l’occasion de leur
présence en Egypte pour leur préparer un programme intensif de
rencontres avec les hauts responsables car c’est ainsi qu’ils
pourront se former une image réelle du pays loin de la presse
occidentale mal intentionnée.
Magda Barsoum