Al-Ahram Hebdo,Invité | Taher Helm
  Président Salah Al-Ghamry
 
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 Semaine du 28 juin au 4 juillet, numéro 616

 

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Invité

Taher Helmi, président de la Chambre américaine de commerce en Egypte, évalue les relations économiques entre Le Caire et Washington et les perspectives d’investissement et de développement en Egypte.

« Les réformes économiques sont purement égyptiennes et sans influence étrangère »

Al-Ahram Hebdo : Etiez-vous déçu par la position des Etats-Unis concernant les négociations sur l’accord de libre-échange avec l’Egypte ?

Taher Helmi : Non, pas du tout car nous connaissions à l’avance la position américaine concernant l’accord de libre-échange. La secrétaire d’Etat américain, Condoleezza Rice, ainsi que Carlos Gutierrez, le secrétaire au Commerce, étaient récemment au Caire. Ils se sont montrés très clairs. Ils ont déclaré que le moment n’était pas propice à la signature de cet accord.

Cependant, il faut noter que dans la plupart des cas, les Américains ont de fausses idées sur l’Egypte. C’est ce que nous avons constaté lors d’une récente visite aux Etats-Unis, où nous avons rencontré de nombreuses parties, notamment de l’Administration américaine, des membres du Congrès et des centres de recherche, ainsi que des organisations des hommes d’affaires et des industriels. Ce afin de préparer le terrain et d’expliquer les réformes économiques et politiques, ainsi que les opportunités d’investissement en Egypte. En effet, nous œuvrons à ce qu’il y ait constamment un dialogue entre les deux parties. C’est un objectif en soi pour maintenir et développer les relations égypto-américaines.

Nous avons à cette occasion organisé une conférence, en présence du président de l’organisme de l’investissement, Ziyad Bahaeddine, pour attirer les investissements directs en Egypte. Ont pris part à cette conférence les banquiers et les responsables des fonds d’investissement des Etats-Unis et du monde entier, ainsi que Ali Awni, le directeur de l’administration des Zones industrielles auprès du ministère du Commerce et de l’Industrie. Cette conférence a été une réussite.

— On dit que les membres de la Chambre américaine du commerce en Egypte sont les hommes des Etats-Unis en Egypte, qu’ils entretiennent des relations spéciales avec Washington, qui parfois peuvent aller à l’encontre des intérêts politiques et économiques de l’Egypte. Qu’en pensez-vous ?

— Ce n’est pas vrai. Les membres de la Chambre sont des Egyptiens. Ils expriment les intérêts égyptiens, que ce soit sur le marché égyptien ou sur la scène mondiale. Le principal objectif des membres de la Chambre est de développer l’économie nationale. Je pense que les décisions économiques égyptiennes sont purement égyptiennes. Il n’y a aucune influence américaine. A la fin, ce sont des décisions du gouvernement. Il y a souvent des différences de points de vue entre l’Egypte et les Etats-Unis sur des aspects de la réforme. Notre rôle en temps que Chambre américaine de commerce est d’expliquer notre point de vue. Accuser la Chambre de prendre la partie des Etats-Unis est une fausse accusation. Les relations entre l’Egypte et les Etats-Unis sont des relations stratégiques et importantes. La Chambre américaine en Egypte est représentée par une majorité d’Egyptiens compétents qui font leur possible pour servir l’économie nationale.

— Quelles sont les remarques américaines sur les dernières mesures de réforme économiques en Egypte ?

— Il n’y a aucune remarque de la part de l’Administration américaine, des membres du Congrès ou des centres de recherches américains sur les réformes économiques en Egypte. Au contraire, tout le monde a reconnu que ces dernières réformes sont très bonnes et qu’elles auront un impact positif sur l’économie égyptienne. Il en résultera un taux de croissance économique élevé dans les prochaines années. Ce qui créera de nouveaux emplois. En ma qualité de président de la Chambre américaine et mon adhésion pendant 6 ans au Conseil présidentiel égypto-américain, je tiens à confirmer qu’il n’y a aucune remarque sur ce que nous faisons en Egypte et que les décisions de la réforme économique en Egypte émanent de la volonté et de la pensée égyptiennes. Mais, ceci ne signifie pas qu’il n’y a pas de dialogue entre les deux pays sur de nombreuses questions économiques. Nous acceptons parfois favorablement les conseils dans les divers domaines des politiques économiques. Cependant, le processus de réforme en Egypte a été appliqué de manière appropriée dans la société égyptienne.

— Quelle est la vision américaine à l’égard des élections en Egypte, de l’amendement de la Constitution et de l’ajournement des élections municipales ?

— Les Etats-Unis considèrent l’Egypte comme un pays central et que tout ce qui s’y passe influe sur l’ensemble de la région. Le principal objectif des politiques américaines est de répandre la démocratie et la liberté dans le monde, comme l’un des principaux moyens de lutte contre le terrorisme. Par conséquent, ils suivent avec intérêt tout ce qui se passe en Egypte. Au cours de notre dernière visite aux Etats-Unis, nous avons engagé de nombreuses discussions avec la partie américaine à Washington. Ce qui nous a permis d’expliquer les différentes mesures de la réforme politique en Egypte.

— Pensez-vous que les résultats de la réforme économique sont satisfaisants ?

— Ils sont très positifs et prédisent un avenir prometteur dans le domaine économique. Le taux de développement économique a atteint 6,1 %. C’est un bon chiffre. Je pense que ce chiffre peut atteindre plus de 7 % avant la fin 2007. Il est indispensable de doubler les taux de développement pendant les prochaines années, afin de réaliser un essor économique.

— Pensez-vous que le secteur privé parviendra-t-il à jouer le rôle qui lui est imparti dans le cadre du programme des réformes ?

— Je pense qu’il est déjà parvenu à faire des progrès qui se sont traduits dans les dernières réformes des politiques financières, notamment la loi des impôts, ainsi que de nombreuses autres législations, comme la loi sur la protection de la concurrence et la loi sur la protection du consommateur, qui complètent le programme des réformes économiques. Nous avons réalisé beaucoup de choses, mais il y a encore beaucoup à faire.

— Ceci signifie-t-il que les horizons d’investissement en Egypte sont plus favorables qu’ils ne l’étaient auparavant ?

— Bien sûr. Le climat de l’investissement est attrayant et s’améliore constamment. L’Egypte possède aujourd’hui la base nécessaire pour attirer de nombreux investissements, ou pour créer des projets dans divers domaines. Les domaines du pétrole et du gaz naturel ont réalisé un essor considérable. Ils attireront des investissements étrangers en terme de milliards de dollars.

— Existe-t-il aujourd’hui une confiance dans l’investissement en Egypte ? Que peut-on faire pour l’améliorer ?

— Il existe actuellement une grande confiance dans l’investissement en Egypte. La preuve en est l’augmentation des taux d’investissements étrangers. Mais il reste beaucoup à faire pour améliorer le climat d’investissement : en fixant les lois et les législations et en accordant une pleine confiance aux investisseurs étrangers. Il ne faut pas oublier qu’il y a une concurrence planétaire acharnée actuellement. La mondialisation nous oblige à améliorer nos conditions en permanence, afin de naviguer de concert avec les mutations qui se passent autour de nous.

— Que pensez-vous de l’accord du Qiz que l’Egypte a signé avec les Etats-Unis et Israël ?

— Cet accord a prouvé son efficacité. Plus de 550 compagnies égyptiennes ont été enregistrées en vertu de cet accord. En 2006, les exportations égyptiennes ont atteint 306 millions de dollars. Je pense que les exportations vers le marché américain en vertu de cet accord réaliseront des chiffres records durant les prochaines années. Le Qiz se place dans le cadre de l’ouverture du marché américain aux produits égyptiens, sans barrières douanières. Le marché américain est le plus grand consommateur du monde. Si le marché américain s’ouvre aux produits égyptiens dans les 7 régions convenues sans aucune contrainte, ceci aura un impact positif sur l’économie égyptienne. Par conséquent, le Qiz contribuera à l’augmentation de l’exportation. Ce qui aura un impact positif sur les producteurset les exportateurs et bien sûr sur la création d’emplois.

— En tant que président de la Chambre américaine de commerce en Egypte, comment voyez-vous les relations entre l’Egypte et les Etats-Unis ?

— Les relations égypto-américaines étaient très solides pendant les 25 dernières années. L’Egypte est le plus grand pays de la région, et il y a des intérêts conjoints entre les deux parties. Chaque partie tient à maintenir cette relation malgré les différences d’opinions concernant les politiques au Proche-Orient. Mais, à la fin, il y a des relations stratégiques entre les deux. D’ici émane l’importance du rôle de la Chambre américaine de commerce en Egypte qui se résume dans le renforcement des relations économiques et commerciales entre les deux pays. La Chambre de commerce accueille aussi les membres du Congrès américain lors de leur visite en Egypte. Nous saisissons aussi l’occasion de leur présence en Egypte pour leur préparer un programme intensif de rencontres avec les hauts responsables car c’est ainsi qu’ils pourront se former une image réelle du pays loin de la presse occidentale mal intentionnée.

Magda Barsoum

 




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