Environnement
et économie, les liens sont évidents. Sans la préservation du
premier, la deuxième ne saurait prétendre à une croissance
réelle. Ceci est d’autant plus vrai pour l’Afrique, un continent
qui souffre de pauvreté et qui doit faire face à d’importants
problèmes de dégradation écologique. D’où l’intérêt du deuxième
rapport sur L’Avenir de l’environnement en Afrique, intitulé
AEO-2, our Futur, our Wealth. Le rapport est une sorte
d’évaluation environnementale intégrée qui examine l’état des
ressources existantes et qui accentue les occasions et le
potentiel (actuels et futurs) de ces dernières afin de réaliser
le développement durable, d’éliminer la pauvreté et de réduire
la vulnérabilité, tout en augmentant la durabilité
environnementale.
Conformément à ceci, AEO-2 se concentre sur
plusieurs points, à savoir : Comment et pourquoi l’environnement
est-il important ? Comment l’environnement change-t-il et
pourquoi ? Y a-t-il des éditions spéciales qui affectent
l’environnement et le développement et qui exigent une attention
immédiate ou de nouvelles approches ? Comment les différents
choix de politiques affecteront-ils l’itinéraire vers le futur ?
Qu’est-ce qui peut être fait pour assurer le développement et
pour améliorer la qualité de la vie tout en respectant les
critères écologiques ?
Le rapport révèle que ces dernières années,
beaucoup de pays africains ont ressenti un déclin de la qualité
de vie, comme l’a mesuré l’index humain du développement (selon
le PNUD 2005). La moitié de la population manque d’accès aux
services de santé. Le paludisme, le HIV/sida, la malnutrition et
la mortalité maternelle et infantile demeurent des problèmes
sérieux. Dans des secteurs ruraux, environ 50 % de la population
sont sans accès à l’approvisionnement en eau proportionné, et 70
% sont sans accès à l’hygiène proportionnée ; dans des secteurs
urbains, ces pourcentages sont de 20 et de 40 % respectivement
(OMS et Unicef 2004). Le changement climatique et la pollution
croissante sont d’autres défis liés à l’atmosphère que l’Afrique
envisage avec la désertification comme principal risque. Raison
pour laquelle l’Assemblée générale des Nations-Unies a déclaré
l’année 2006 Année internationale des déserts et de la
désertification.
Le rapport indique que chacun des 53 pays
africains a ratifié l’UNCCD, ou la Convention des Nations-Unies
pour combattre la désertification, et qu’en général, la plupart
des pays se passent de la planification à l’action.
Naissance de l’Initiative de l’AEO
C’est
en avril 2000, à Abuja, au Nigeria, que le PNUE a lancé
l’initiative de la formulation d’un rapport sur L’Avenir de
l’environnement en Afrique. Le secrétariat de la Conférence
Ministérielle Africaine sur l’Environnement (CMAE), bureau
régional du PNUE pour l’Afrique (ROA), a entrepris la mise au
point de ce rapport en collaboration avec la division de
l’alerte rapide et de l’évaluation environnementale du PNUE.
L’AEO est donc le fruit d’une démarche
participative innovante et de l’application de méthodes,
d’outils et d’analyses intégrés d’évaluation de l’environnement.
Le premier rapport de la série avait été
lancé à l’occasion de la neuvième session de la CMAE, tenue à
Kampala, en Ouganda, en juillet 2002. Et voici qu’en juin 2006,
apparaît le deuxième rapport AEO-2 à Nairobi, lors d’un atelier
de travail de deux jours consacré aux journalistes
environnementaux et d’une conférence de presse du nouveau
directeur exécutif du PNUE, Achim Steiner.
« Le rapport AEO-2 est une œuvre des
institutions et des experts de l’Afrique, qui démontre que
l’Afrique a les ressources humaines et les qualifications qui la
rendent capable d’envisager son propre destin et de réaliser le
rêve d’une véritable Renaissance africaine. Tout ce qui est
nécessaire, c’est la volonté politique et l’engagement de
traduire les résultats scientifiques en action sur le terrain.
J’espère que ce rapport inspirera des décideurs, à tous les
niveaux dans la région, comme nous poursuivons nos buts du
développement durable en Afrique », signale le Dr Abdel-Hakim
Rajab El-Waer, président de la CMAE dans sa présentation du
rapport.
Il a ajouté que depuis la publication du
premier rapport en juillet 2002, le PNUE a consacré une
attention continue à la préparation du deuxième rapport de la
série L’Avenir de l’environnement en Afrique.
« Plusieurs réunions et consultations se sont
déroulées et ont groupé différents participants, dont des
experts africains, des représentants des centres de divers
groupements sous-régionaux et d’universités, dans le cadre de la
préparation du deuxième rapport. Il est important de clarifier
qu’une série d’indicateurs de base a été mise au point par le
PNUE en vue de faciliter l’élaboration des rapports sur l’avenir
de l’environnement en Afrique », indique M. Ahmad Abdel-Réhim,
directeur régional du programme de gestion de la connaissance et
directeur de l’unité de l’évaluation environnementale au sein du
Centre pour l’environnement et le développement de la région
arabe et l’Europe (CEDARE). C’est en fait un des centres qui
collaborent avec le PNUE dans la préparation des AEO et qui
couvre la région du Nord de l’Afrique.
En fait, le rapport donne des informations
sur l’environnement à la fois concrètes et crédibles, précieuses
pour tous ceux qui sont chargés d’élaborer les politiques. Se
voulant pertinent à l’échelon sub-régional, il contient aussi
des informations utiles au niveau national. Il permettra à
diverses parties intéressées de prendre des décisions éclairées
et d’agir individuellement, collectivement et ou dans le cadre
d’accords multilatéraux pour mettre l’Afrique sur la voie du
développement durable.
En fait, si l’AEO est en priorité destiné à
la CMAE et à ses membres, il n’est pas moins important pour tous
les Africains, en général, et pour les partenaires du
développement dans la région, en particulier. Les universités,
lycées et écoles, les associations professionnelles et locales,
les organisations de femmes, les syndicats, le secteur privé et
les médias devraient également en tirer profit.
Pour juger de la nécessité de ce genre de
rapport, le PNUE a préparé une brochure faisant état des progrès
réalisés en matière de protection de l’environnement en Afrique
depuis la publication du premier rapport sur L’Avenir de
l’environnement en Afrique, en 2002.
Bref, l’AEO-2 est un guide destiné à
améliorer l’environnement africain et à réaliser les objectifs
du Millénaire pour le développement. Reste que les preneurs de
décisions en profitent, espérons.
Dalia Abdel-Salam