Al-Ahram Hebdo, Voyages | Un temple livre ses secrets
  Président Salah Al-Ghamry
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
Nos Archives

 

 Semaine du 3 au 9 mai 2006, numéro 608

 

Contactez-nous Version imprimable

  Une

  Evénement

  Enquête

  Dossier

  Nulle part ailleurs

  Invité

  Egypte

  Economie

  Monde Arabe

  Afrique

  Monde

  Opinion

  Kiosque

  Société

  Arts

  Idées

  Littérature

  Visages

  Environnement

  Voyages

  Sports

  Loisirs

  Vie mondaine

  Echangez, écrivez



  AGENDA


Publicité
Abonnement
 
Voyages

Patrimoine. Madinet Madi, dans le Fayoum, a témoigné d’importantes découvertes permettant de mieux connaître l’architecture religieuse au Moyen Empire.

Un temple livre ses secrets

Une équipe archéologique égyptienne présidée par Abdel-Rahmane Al-Ayedi, directeur du département des fouilles archéologiques au sein du Conseil Suprême des Antiquités (CSA), vient de découvrir une série de constructions dans la ville du Fayoum, au sud du Caire. Des greniers, des bâtiments administratifs et des résidences viennent d’être révélés autour du fameux temple de Madinet Madi qui remonte à la XIIe dynastie (1991-1783 av. J.-C.). En fait, cette série de découvertes pourrait, selon les spécialistes, donner des informations essentielles sur la construction du temple de Madinet Madi, qui a été achevé pendant le règne du pharaon Amnemhat IV (1808-1799 av. J.-C.) et qui est le seul temple encore intact du Moyen Empire.

« Cette découverte peut être considérée comme l’une des plus importantes au Fayoum, car elle révèle les restes de tous les éléments architecturaux qui composaient le temple de Madinet Madi », a affirmé Zahi Hawas, le secrétaire général du CSA. En fait, ce site, depuis près de trois mois, s’était transformé en ruche et depuis, les découvertes ne cessent de se poursuivre presque tous les jours. En deux mois et demi et après avoir déblayé le site, les annexes architecturales du temple ont commencé à émerger. « Nous avons aussi trouvé la muraille qui encerclait les temples et leurs annexes », affirme Achour Khamis, un inspecteur du site. Cette dernière, bien qu’elle soit partiellement dégagée, fait à présent quelque 400 mètres de long. Elle sépare en fait deux mondes : le sacré représenté par le complexe religieux et les maisons des citoyens qui vivaient sur le site. « Cette distinction apparaît clairement à travers les deux côtés de la muraille : du côté de la ville, il n’y a aucune peinture, alors que l’autre côté est décoré par des représentations de divinités à l’instar de la déesse des moissons Renenoutet, Hathor et les dieux Sobek et Horus », explique l’inspecteur.

Les greniers et les bâtiments administratifs découverts auraient appartenu aux prêtres du temple, qui était dédié à Renenoutet, déesse des moissons, ainsi qu’au dieu-crocodile Sobek et au dieu-faucon Horus. La découverte permet de comprendre comment les Anciens Egyptiens avaient construit le temple avec des briques de boue et placé des carreaux de pierre calcaire sur le sol du monument, flanqué de chaque côté de statues ressemblant au sphinx.

« Les murs de la plupart de ces pièces conservent encore leurs peintures. Par ailleurs, les peintures des autres sont tombées peut-être à cause des tremblements de terre qui ont secoué le site », affirme Khamis. Pour lui, ces couleurs et ces dessins ont besoin d’être étudiés pour déterminer leurs caractères symboliques.

Dans les bâtiments administratifs, les membres de la mission égyptienne ont découvert un tas de papyrus en démotique et grec « qui composent les archives du temple ptolémaïque », explique l’inspecteur, de même que des sceaux utilisés par les prêtres de Renenoutet comportant des inscriptions hiéroglyphiques, une statue sans tête en pierre calcaire, une statue d’une femme en bronze. Certains des papyrus découverts contenaient des correspondances royales, comme celle entre la femme de Ptolémée Ier et le prêtre du temple de Renenoutet, « le remerciant de la splendeur des services du temple », a indiqué M. Hawas. La mission a dégagé de même des monnaies, des lampes et des ostraca sur lesquels sont inscrits les échanges commerciaux quotidiens entre Madi et les autres villes du Fayoum, notamment Teptynis et Bakhias, à savoir que Madinet Madi a été pour longtemps l’une des plus importantes stations sur la route des caravanes commerciales entre le Soudan et la Syrie.

Le sceau de Renenoutet

La mission a en plus dévoilé plusieurs greniers voûtés et un four qui produisait le pain pour le temple en principe et le reste fut vendu aux villes voisines.

Parmi les découvertes les plus importantes pour Al-Ayedi est celle d’un sceau en or sur lequel est inscrit le nom du prêtre de la déesse Renenoutet qui est d’une forme rectangulaire de 3,5 cm de longueur x 2,5 cm de largeur, celui-ci pèse 33,5 grammes. « C’était le même poids que la monnaie grecque, la drachme », ajoute Al-Ayedi. Ce sceau a été trouvé dans les vestiges de l’une des plus belles pièces que les spécialistes supposent être le bureau du grand prêtre, dont les murs portent beaucoup de dessins et de peintures différents des autres. En outre, la mission a dévoilé le dromos de 116 x 9 mètres. A l’instar de l’allée des béliers du Karnak, le temple d’Amnemhat III est précédé de deux rangs de statues de lions au lieu des moutons.

Les récentes découvertes ont mis au jour un autre temple grec derrière celui d’Amnemhat III. A cet endroit, il y avait un tas de blocs de calcaire éparpillés. « Nous les avons reconstruits et nous avons constaté que ces blocs composaient des colonnes qui entouraient une grande salle », reprend Al-Ayedi. Pour les spécialistes, c’était la salle publique du rassemblement du peuple pour écouter les conseils du prêtre. Celle-ci est précédée d’une autre salle plus étroite et dont l’entrée est de l’est. Si ce nouveau temple est bien identifié pour les experts, l’étroite salle reste toujours ambiguë. Par ailleurs, « ces nouvelles découvertes ont modifié les anciennes planifications du site réalisées par le papyrologue Achille Vogliano », commente Al-Ayedi .

Doaa Elhami

Retour au sommaire

 




Equipe du journal électronique:
Equipe éditoriale: Névine Kamel- Howaïda Salah - Chourouq Chimy
Assistants techniques: Karim Farouk - Dalia Gabr
Webmaster: Samah Ziad

Droits de reproduction et de diffusion réservés. © AL-AHRAM Hebdo
Usage strictement personnel.
L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la Licence

de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.