Au début des années 1970, l’économie
égyptienne, comme toute économie naissante, souffrait d’un fort
déséquilibre structurel. Le déséquilibre le plus évident était
entre les ressources humaines et en particulier les ressources
financières et agricoles. Par la suite, l’économie égyptienne a
traversé de nombreuses étapes en commençant par l’ouverture
économique puis la planification à moyen terme au cours des
années 1980. Les années 1990 ont vu le commencement de la
réforme économique et l’adoption des mécanismes du marché.
L’industrie en Egypte a pour but, depuis les années 1930 et
jusqu’à nos jours, de réduire les importations, négligeant
totalement l’exportation comme objectif. Ce qui a eu un impact
négatif sur les exportations industrielles.
Dans ce contexte, il convient d’examiner en
détail les politiques de la réforme économique appliquées depuis
les années 1990/91 lorsque le gouvernement égyptien a signé avec
le FMI et la Banque mondiale le programme de réforme économique
et d’adaptation structurelle.
Ces politiques économiques globales se sont
cristallisées de 1990/91 jusqu’en octobre 98 sur trois étapes.
Durant la première, les réformes monétaires et financières ont
pris le dessus sur les réformes structurelles alors que durant
la deuxième étape, ce sont les réformes structurelles en
revanche qui ont eu la priorité. La troisième étape qui a
commencé le 11 octobre 1996 et qui se poursuit a maintenu le cap
tout en garantissant la stabilité monétaire et financière.
Pour promouvoir notre économie, les
politiques de réforme économique doivent avoir des objectifs
clairs :
— Réduire le taux d’inflation pour parvenir à
la stabilité des prix, y compris les taux de change.
— Réduire le déficit budgétaire pour réaliser
l’équilibre financier pour ne pas augmenter l’inflation.
— Améliorer la balance des paiements
parallèlement à la réduction du volume des dettes extérieures.
— Libérer le commerce extérieur pour réaliser
l’équilibre de la balance commerciale et la restructuration des
exportations égyptiennes dans l’objectif d’augmenter le volume
des exportations et surtout les marchandises.
— Répartir de nouveau les rôles entre le
secteur public et le secteur privé en se dirigeant vers la
privatisation pour que le secteur privé devienne le leader du
processus de développement dans la prochaine étape.
— Encourager l’investissement étranger direct
et indirect afin de réduire l’ampleur de la crise du chômage.
— Augmenter le taux de croissance économique
de 4,7 % à 7 %.
— Augmenter les compétences des institutions
économiques.
Les indices d’application des politiques de
réforme économique 1990 démontrent que la plus grande partie de
l’économie égyptienne n’a pas répondu aux réformes. Par
conséquent, il est indispensable de renforcer les politiques de
réforme économique. De plus, les politiques de privatisation
n’ont pas encore réalisé les objectifs aspirés.
Les investissements n’ont pas suffisamment
augmenté, notamment les investissements étrangers, bien que ces
investissements aient augmenté dans les pays en développement.
Bref, dans la période à venir, il est indispensable de
concentrer les réformes sur trois axes.
L’amplification de la production, de la
productivité et notamment de la capacité concurrentielle de
l’économie égyptienne.
L’augmentation des exportations et en
particulier l’exportation des marchandises.
L’augmentation des investissements et surtout
les investissements étrangers directs.
Tous ces objectifs ne peuvent se réaliser que
par l’application d’une politique de réformes structurelles.
C’est là notre véritable défi économique.