Al-Ahram Hebdo, Opinion | Mohamad Helmi
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 Semaine du 3 au 9 mai 2006, numéro 608

 

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Opinion

 Comment développer notre économie
Mohamad Helmi
Economiste

Au début des années 1970, l’économie égyptienne, comme toute économie naissante, souffrait d’un fort déséquilibre structurel. Le déséquilibre le plus évident était entre les ressources humaines et en particulier les ressources financières et agricoles. Par la suite, l’économie égyptienne a traversé de nombreuses étapes en commençant par l’ouverture économique puis la planification à moyen terme au cours des années 1980. Les années 1990 ont vu le commencement de la réforme économique et l’adoption des mécanismes du marché. L’industrie en Egypte a pour but, depuis les années 1930 et jusqu’à nos jours, de réduire les importations, négligeant totalement l’exportation comme objectif. Ce qui a eu un impact négatif sur les exportations industrielles.

Dans ce contexte, il convient d’examiner en détail les politiques de la réforme économique appliquées depuis les années 1990/91 lorsque le gouvernement égyptien a signé avec le FMI et la Banque mondiale le programme de réforme économique et d’adaptation structurelle.

Ces politiques économiques globales se sont cristallisées de 1990/91 jusqu’en octobre 98 sur trois étapes. Durant la première, les réformes monétaires et financières ont pris le dessus sur les réformes structurelles alors que durant la deuxième étape, ce sont les réformes structurelles en revanche qui ont eu la priorité. La troisième étape qui a commencé le 11 octobre 1996 et qui se poursuit a maintenu le cap tout en garantissant la stabilité monétaire et financière.

Pour promouvoir notre économie, les politiques de réforme économique doivent avoir des objectifs clairs :

— Réduire le taux d’inflation pour parvenir à la stabilité des prix, y compris les taux de change.

— Réduire le déficit budgétaire pour réaliser l’équilibre financier pour ne pas augmenter l’inflation.

— Améliorer la balance des paiements parallèlement à la réduction du volume des dettes extérieures.

— Libérer le commerce extérieur pour réaliser l’équilibre de la balance commerciale et la restructuration des exportations égyptiennes dans l’objectif d’augmenter le volume des exportations et surtout les marchandises.

— Répartir de nouveau les rôles entre le secteur public et le secteur privé en se dirigeant vers la privatisation pour que le secteur privé devienne le leader du processus de développement dans la prochaine étape.

— Encourager l’investissement étranger direct et indirect afin de réduire l’ampleur de la crise du chômage.

— Augmenter le taux de croissance économique de 4,7 % à 7 %.

— Augmenter les compétences des institutions économiques.

Les indices d’application des politiques de réforme économique 1990 démontrent que la plus grande partie de l’économie égyptienne n’a pas répondu aux réformes. Par conséquent, il est indispensable de renforcer les politiques de réforme économique. De plus, les politiques de privatisation n’ont pas encore réalisé les objectifs aspirés.

Les investissements n’ont pas suffisamment augmenté, notamment les investissements étrangers, bien que ces investissements aient augmenté dans les pays en développement. Bref, dans la période à venir, il est indispensable de concentrer les réformes sur trois axes.

L’amplification de la production, de la productivité et notamment de la capacité concurrentielle de l’économie égyptienne.

L’augmentation des exportations et en particulier l’exportation des marchandises.

L’augmentation des investissements et surtout les investissements étrangers directs.

Tous ces objectifs ne peuvent se réaliser que par l’application d’une politique de réformes structurelles. C’est là notre véritable défi économique.

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