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 Semaine du 3 au 9 mai 2006, numéro 608

 

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Palestine . Le gouvernement Hamas entretient des rapports tendus avec le président de l'Autorité palestinienne, qu'il soupçonne de vouloir entraver son action et d'empiéter sur ses prérogatives.

Le nouveau front

Le processus de paix étant au point mort depuis des années, les Palestiniens ont semble-t-il oublié leur conflit avec les Israéliens pour s'occuper de leurs propres différends. C'est ce qui prévaut en tout cas depuis l'arrivée au pouvoir du Hamas. Difficile en effet d'œuvrer pour la relance des négociations avec Israël avec des Palestiniens qui n'arrivent même pas à s'asseoir à la même table. Le dialogue national palestinien, prévu cette semaine pour tenter de trouver une issue à la crise politique et financière, a été reporté en raison de différends entre le Hamas et le Fatah. Selon Abdallah Abdallah, le président de la commission politique du Parlement palestinien, le gouvernement des islamistes du Hamas et le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbass du Fatah n'ont pas réussi à se mettre d'accord sur la personnalité présidant la conférence. « Abou-Mazen a envoyé des invitations pour cette conférence qu'il devait présider, mais nous avons appris que le premier ministre, Ismaïl Haniyeh, et son gouvernement voulaient être en charge de ce dialogue eux-mêmes », a ajouté M. Abdallah, également député du parti Fatah de M. Abbass.

En revanche, le Hamas a argué d'un manque de préparation, nécessaire selon lui pour la « réussite » d'une telle initiative. « Afin de réussir, tout dialogue doit être bien préparé. L'ordre du jour et les mécanismes de sa tenue doivent être acceptés par tous les groupes, ce qui n'est pas le cas pour le moment », a affirmé le porte-parole du Hamas, Sami Abou-Zouhri. « Je pense que nous avons besoin d'une semaine ou deux pour préparer et présenter des propositions », a expliqué pour sa part le porte-parole du gouvernement, Ghazi Hamad. M. Abbass avait adressé samedi des invitations pour un dialogue national, le 2 mai. Les participants devraient discuter « de la protection de l’Autorité nationale, du renforcement de l’unité nationale, des moyens de faire face au blocus imposé à notre peuple et de la réactivation du rôle de l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP) ».

En réponse à cette invitation, le premier ministre Ismaïl Haniyeh avait répliqué : « Nous n’entamons pas ce dialogue avec le sentiment d’être dans l’impasse. Le peuple palestinien est un peuple décidé et le gouvernement a été élu ».

En outre, il a prédit une solution rapide à la crise qui empêche son gouvernement de payer les salaires des 165 000 fonctionnaires de l’Autorité. Héritier d’une dette de 1,3 milliard de dollars et privé de fonds directs par l’Occident depuis son accession au pouvoir, le Hamas n’a pas été en mesure de régler ces salaires en mars et en avril. M. Haniyeh, considéré comme un dirigeant modéré du mouvement islamiste, n’a pas précisé comment la crise des salaires allait être réglée. On croit savoir néanmoins, de source parlementaire, que les fonctionnaires palestiniens recevraient directement leurs salaires de la Ligue arabe, sans passer par le ministère des Finances, aux mains du Hamas. La ligue s’apprêterait à verser les salaires de mars et d’avril, soit quelque 300 millions de dollars.

M. Haniyeh a par ailleurs souligné que la mise en quarantaine financière de son gouvernement et le blocus israélien avaient provoqué une pénurie de médicaments et de denrées de base. « J’invite les pays arabes et islamiques ainsi que toutes les organisations sanitaires régionales et internationales à intervenir immédiatement pour faire cesser cette crise sanitaire », a-t-il dit.

Le gouvernement palestinien a par ailleurs rejeté un appel du président français Jacques Chirac sur la création d'un compte à la Banque mondiale pour financer les Palestiniens. Ghazi Hamad a indiqué que l'appel de M. Chirac désignait « le gouvernement comme une partie peu importante vis-à-vis de la situation palestinienne, des salaires et de la responsabilité sur l'argent ». « Si l'organisation internationale contrôlait le processus de transfert de l'argent, notre économie serait placée sous leurs politiques et cela deviendrait une affaire sérieuse ».

Pendant ce temps, Israël profite de la détérioration des rapports entre Abbass et Haniyeh et de la persistance de la crise financière. Tel-Aviv a décidé dimanche d'accélérer la construction du mur de séparation controversé en Cisjordanie.

Rania Adel

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