Depuis sa dernière édition, en novembre
dernier, le Festival international du film du Caire fait couler
beaucoup d’encre. La Commission de la culture et de
l’information, auprès de l’Assemblée du peuple, a récemment tenu
une réunion à ce sujet, pour donner suite à la pétition soumise
par le député Hicham Moustapha Khalil.
Les membres de la Commission parlementaire
ont souligné que le festival a connu une vraie régression ces
dernières années, due notamment aux carences budgétaires et
organisationnelles. « Les problèmes qu’affronte le festival
n’ont pas manqué d’influencer négativement toute l’industrie du
cinéma. De quoi multiplier les chances d’autres festivals arabes
comme celui de Doubaï », indique le député wafdiste, Moustapha
Cherdi, ajoutant : « En tant que représentants du peuple, nous
avons le droit de savoir où passent les revenus des ventes des
billets durant le festival, et si ces revenus sont utilisés pour
le développer. Si l’Etat persiste à ne pas verser l’argent
nécessaire à la survie du festival, mieux vaut l’annuler ».
Chérif Al-Choubachi, président du Festival du
Caire, n’a pas manqué à la réunion, faisant remarquer : « Le
festival souffre d’un déficit budgétaire de 4 millions de L.E.,
au moment où le budget d’un nouveau festival comme celui de
Doubaï table autour de 7 millions de dollars ». Crise de
production, qualité artistique qui laisse à désirer, timing du
festival qui intervient en fin d’année, … Tous ces aspects ont
été débattus.
Certains cinéastes et cinéphiles avaient même
proposé, l’an dernier, de réduire le nombre de festivals de
cinéma en Egypte, afin de pomper l’argent nécessaire à la survie
du Festival du film du Caire, étant le seul à caractère
international. La proposition est sérieusement étudiée par le
ministère de la Culture.
Mais le dossier du festival soulève aussi le
rôle limité de l’Etat dans la promotion de l’industrie
cinématographique. Le ministère de la Culture devrait-il
contribuer de manière plus efficace au financement du festival ?
Car celui-ci ne verse actuellement que 500 000 L.E., lesquelles
servent à couvrir les frais d’hébergement et de transport des
invités du festival.
Un dossier bien chargé donc qui a été soumis
au ministre de la Culture afin d’émettre son opinion, après
examen.
Yasser Moheb