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 Semaine du 3 au 9 mai 2006, numéro 608

 

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Arts

Musique . L’Egypte aussi célèbre Mozart, en présentant un de ses plus célèbres opéras en arabe, dans une miseen scènede Walid Aouni.

Don Giovanni à l’égyptienne

Un peu partout dans le monde, on célèbre le 200e anniversaire de la naissance du grand compositeur autrichien. Une floraison de livres, de disques, de DVD et naturellement de concerts lui est consacrée (parfois, il faut le dire à des fins purement commerciales).

L’Egypte n’a pas voulu être en reste, et se manifestera sous forme d’une production en langue arabe de son célèbre opéra Don Giovanni, dans une mise en scène de Walid Aouni.

Les avis sont partagés sur la question de traduction des opéras en langue étrangère. Les uns y sont farouchement opposés arguant que le compositeur et le librettiste ont collaboré étroitement pour associer la musique et les paroles, et que transposer celles-ci dans une langue étrangère trahit l’esprit de l’œuvre.

Imagine-t-on Verdi en allemand et Wagner en italien ? D’autres pensent qu’utiliser la langue du pays où cet opéra est représenté facilite la compréhension du texte par le public comme le dit bien Mohamad Aboul-Kheir, responsable de la direction d’acteurs de la production égyptienne, que les chanteurs s’identifient mieux à leurs personnages s’ils chantent dans leur propre langue. Sur la scène de l’Opéra du Caire, les sous-titres seront en anglais.

Walid Aouni est conscient des difficultés de cette transposition de l’italien à l’arabe : « Lorsqu’on m’a proposé de mettre en scène Don Giovanni en arabe, j’ai réalisé que je devrais faire face à quatre genres de problèmes : problèmes de langues, de lieu, d’époque et de costumes ». En ce qui concerne la langue, Walid Aouni rend hommage à la traduction du Dr Ali Sadeq qui tient compte de la différence dans l’expression des relations humaines entre l’italien et l’arabe surtout que le drame de Don Giovanni contient à lui seul toutes les formes possibles de relations humaines : l’amour, la haine, le meurtre, l’ambition, la solitude, la trahison, etc.

Quant aux autres problèmes, Aouni a remarqué, en étudiant les productions de Don Giovanni réalisées par certains grands metteurs en scène comme Peter Brook ou Peter Sellars, que ceux-ci prenaient des libertés avec les éléments du décor, des costumes, etc. Par conséquent, il pouvait se permettre de faire de même.

« En ce qui concerne le lieu de l’action, J’ai préféré que le décor ne l’identifie pas de façon trop précise. Quant aux costumes, j’ai réuni les mondes mozartien et arabe, et j’ai conçu un mélange qui va de l’Asie à l’Europe de l’Est ».

Il faut donc s’attendre à une production des plus originales du chef-d’œuvre de Mozart. Les solistes sont ceux de la troupe de l’Opéra du Caire, avec en alternance Réda Al-Wakil et Moustapha Mohamad dans le rôle de Don Giovanni. L’orchestre de l’Opéra du Caire sera dirigé par Ivan Filev.

Sélim Sedanoui

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Don Giovanni, du 7 au 11 mai à 21h, grande salle de l’Opéra du Caire.

 




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