La rivalité entre le président palestinien
Mahmoud Abbass et le gouvernement issu du Hamas semble tourner
au vinaigre, avec la création de forces de sécurité concurrentes.
Le ministère de l’Intérieur, contrôlé par le Hamas, enrôle des
activistes dans un appareil de sécurité que conteste Mahmoud
Abbass, dont le parti, le Fatah, a créé sa propre force pour
contrecarrer celle des islamistes.
Regroupant des activistes des différents
groupes armés, notamment le Hamas et les Comités de résistance
populaires, une nouvelle force, dont la création avait été
annoncée le 20 avril dernier par le ministre de l’Intérieur Saïd
Siam, a commencé à entraîner ses premiers éléments comme si de
rien n’était. Les membres de la nouvelle force, qui doit à terme
compter quelque 3 000 hommes — dont quelque 2 000 combattants
ont été déjà recrutés —, reçoivent pour le moment un
entraînement « secret » au maniement des armes et doivent suivre
un stage policier lorsque leur nombre sera au complet. La mise
en place de cette force se poursuit en dépit de l’annulation de
la décision portant sur sa création par M. Abbass, ce qui a
donné lieu à une épreuve de force entre le gouvernement Hamas et
la présidence de l’Autorité palestinienne contrôlée, comme
l’ensemble des services de sécurité palestiniens existant, par
le Fatah. Celui-ci s’oppose à la création de cette force,
soupçonnant le mouvement islamiste de vouloir s’en servir pour
court-circuiter les services de sécurité présents. D’ailleurs,
aucun membre du Fatah, ni des groupes armés qui en sont issus,
n’a participé à la force constituée par le Hamas.
Dans un apparent souci de contrecarrer la
force du Hamas, le Fatah a décidé de mettre sur pied sa propre
force. Celle-ci, dont un premier noyau de 80 combattants est
opérationnel depuis mercredi dernier, aura pour tâche principale
de défendre les institutions du mouvement, ses dirigeants ainsi
que la présidence de l’Autorité palestinienne. Les 80
combattants, masqués et munis d’armes légères, ont participé à
leur première parade militaire mercredi, à Rafah, dans le sud de
la bande de Gaza. Cette force serait, à terme, composée de 2 000
combattants.
La création des deux forces de sécurité
illustre un conflit de pouvoir qui, dans le climat de méfiance
et de rivalité entre le Hamas et le Fatah, risque de dégénérer
en confrontation armée, contribuant ainsi à exacerber un chaos
sécuritaire que les deux forces sont censées enrayer. Ce conflit
a déjà provoqué de nombreux affrontements entre les partisans
des deux formations, qui ont fait plus d’une trentaine de
blessés récemment .