Je
déteste les compliments, surtout quand ils sont adressés à des
dirigeants ou à des personnalités influentes. Dans notre
patrimoine arabe, je n’appréciais point la littérature d’éloges
ni ses poètes d’ailleurs. Ceux-ci ont ancré la culture de
l’hypocrisie dans la mentalité arabe. Ils en ont fait le plus
grand art de la poésie et de la littérature. Un art qui a pris
le dessus sur de nombreux aspects de la vie morale et
intellectuelle et qui a avarié la vie sociale et politique
lorsqu’il a relevé la valeur de l’argent et du pouvoir et a sapé
les autres valeurs comme la franchise, l’honnêteté et la
droiture.
Mais aujourd’hui, quand je parle de Doubaï et
de ses dirigeants, je ne renouvelle pas l’ancienne habitude
arabe des éloges et des compliments. Je voudrais mentionner les
raisons de l’énorme essor qui a transformé Doubaï, ce petit
émirat des Emirats arabes unis, en une perle du Golfe. Un Etat
qui possède un énorme capital et des richesses. Dans ses rues
affluent des milliards de dollars. Il abrite sur son sable et
ses îles artificielles des milliers de gratte-ciel, d’autoroutes
et de ponts au point que l’on se croirait à New York ou à
Chicago. Cet émirat abrite des centaines de projets par lesquels
Doubaï a devancé la majorité des villes arabes et grâce auxquels
il est entré en compétition avec de nombreuses villes
européennes et asiatiques. Ces projets sont desservis par des
télécommunications rapides et une infrastructure électronique
développée œuvrant au service du flux des capitaux et des
Bourses mondiales du Proche-Orient, du centre de l’Asie et de la
presqu’île indienne. Doubaï est devenu un exemple dans la
rapidité d’obtenir la licence de l’installation d’un projet en
quelques heures seulement.
Nombreux sont ceux qui se posent cette
question : Comment est survenu cet essor ? D’où a afflué tout
cet argent ? S’agit-il de blanchiment de fonds ? Comment ce
prince à l’apparence bédouine, Mohamad bin Rached, a-t-il réussi
à fonder cet énorme empire financier qui œuvre aujourd’hui à
attirer des milliards de dollars de capitaux arabes en Europe et
aux Etats-Unis ?
Mohamad bin Rached, qui a reçu son éducation
en Grande-Bretagne, présente son expérience extraordinaire du
développement dans son livre Ma vision. Il explique sa
philosophie de la vie et du travail ainsi que sa recette pour
réussir et relever les défis. On est impressionné de voir
comment les domaines de vision peuvent s’élargir de ce petit
point sur le littoral du Golfe pour englober le monde entier et
profiter d’expériences et de conceptions qui dépassent la
modernité. On s’imaginerait que derrière cet énorme essor se
trouve une institution regroupant les plus grands experts des
finances et de la gestion qui fabriquent ce succès et cette
distinction.
Doubaï semble vraiment dans une course contre
la montre, contre les autres, contre les centres de richesse et
de progrès à Singapour et à Hongkong. C’est une course qui ne
s’arrête pas. Une course que Mohamad bin Rached compare à la
course entre la gazelle et le lion dans la jungle africaine. Le
lion se réveille et réalise qu’il doit courir plus vite que la
gazelle, sinon il finira par mourir de faim. La gazelle aussi se
réveille pour réaliser qu’elle doit être plus rapide que le
lion, sinon il finira par la dévorer. Où en est Doubaï de cette
course ? .