Al-Ahram Hebdo,Monde Arabe | Heurts de cohabitation
  Président Salah Al-Ghamry
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
Nos Archives

 

 Semaine du 10 au 17 mai 2006, numéro 609

 

Contactez-nous Version imprimable

  Une

  Evénement

  Enquête

  Dossier

  Nulle part ailleurs

  Invité

  Egypte

  Economie

  Monde Arabe

  Afrique

  Monde

  Francophonie

  Opinion

  Kiosque

  Société

  Arts

  Livres

  Littérature

  Visages

  Environnement

  Voyages

  Sports

  Loisirs

  Vie mondaine

  Echangez, écrivez



  AGENDA


Publicité
Abonnement
 
Monde Arabe

Palestine . De nouveaux affrontements internes attisent les tensions entre le Hamas et le Fatah et jettent de l’ombre sur le dialogue national prévu le 23 mai.

Heurts de cohabitation

Les affrontements qui ont lieu dimanche entre partisans du Fatah et du Hamas, et qui ont fait trois morts et onze blessés, ont mis de l’huile sur le feu, alors que la lutte au pouvoir entre les deux factions est loin d’être réglée. Au lendemain de ces affrontements, le gouvernement issu du Hamas a appelé « tout le monde au calme ». « Le premier ministre, Ismaïl Haniyeh, suit la situation de près et a donné des ordres aux responsables pour prendre les mesures nécessaires et mettre fin aux événements », a affirmé le porte-parole du cabinet Ghazi Hamad, qui a qualifié ces troubles « d’incidents effrayants ».

Le Hamas a rejeté la responsabilité des heurts sur le Fatah. « Le problème a commencé au début de la nuit de dimanche à lundi, quand un groupe de la Sécurité préventive a kidnappé trois membres d’Ezzeddine Al-Qassam », la branche armée du Hamas, a affirmé son porte-parole, Sami Abou-Zouhri. « Nous avons essayé de mettre fin aux affrontements en entrant en contact avec des responsables du Fatah mais il n’y a pas eu de réponse positive de leur part », a-t-il ajouté.

Les relations entre les deux mouvements sont tendues depuis plusieurs semaines et ces incidents ne sont pas les premiers. Le 22 avril dernier, des heurts entre partisans des deux groupes avaient déjà fait plus d’une trentaine de blessés, après que le chef du Hamas en exil à Damas, Khaled Mechaal, eut accusé M. Abbass de « comploter » contre le gouvernement du Hamas pour obtenir sa chute.

Ils sont intervenus après l’échec des discussions entre le gouvernement d’Ismaïl Haniyeh et M. Abbass pour sortir de la crise politique et financière provoquée par la suspension des aides directes internationales. Des ministres du gouvernement du Hamas et des représentants du dirigeant Mahmoud Abbass se sont réunis dimanche soir sans parvenir à trouver une issue à la crise financière palestinienne.

La veille, le premier ministre Ismaïl Haniyeh et le président de l’Autorité palestinienne s’étaient rencontrés sans parvenir à une solution sur ces questions. Chacun s’était contenté de faire un constat de la crise, qui s’accroît chaque jour davantage après la suspension des aides directes par l’Union Européenne (UE), principal pourvoyeur de fonds des Palestiniens, et des Etats-Unis, ainsi que l’arrêt du versement par Israël de taxes dues à l’Autorité palestinienne. Les quelque 160 000 fonctionnaires de l’Autorité palestinienne n’ont pas été payés depuis le mois de mars. Cette masse salariale représente un budget de 120 millions de dollars par mois, un argent qui permet de faire vivre près d’un quart de la population palestinienne. « Nous avons l’argent, mais le problème est comment faire entrer cet argent » dans les territoires palestiniens, avait indiqué le premier ministre.

La Ligue arabe a collecté environ 70 millions de dollars au profit des Palestiniens, mais les banques sont réticentes à transférer cet argent, craignant des sanctions de la part de Washington. Les Etats-Unis, qui considèrent le Hamas comme une organisation terroriste, prohibent tout contact avec lui.

Le ministre palestinien des Affaires étrangères, Mahmoud Al-Zahar, de retour à Gaza après une tournée dans les pays arabes destinée à lever des fonds, a affirmé que ceux-ci se sont engagés à aider financièrement les Palestiniens. M. Zahar a d’autre part indiqué qu’il comptait entamer une tournée asiatique à la fin du mois de mai. Concernant l’Europe, il a prédit également un effritement du front européen contre le Hamas. « Avec le temps, qui ne sera pas long, la position des Européens se disloquera », a-t-il estimé, affirmant qu’il avait rencontré lors de sa tournée des responsables des pays européens. « Le but de toutes ces rencontres est de court-circuiter les pressions américaines », a ajouté M. Zahar.

De son côté, la Commission européenne s’apprête à proposer aux Etats membres de l’UE de débloquer 34 millions d’euros en aide humanitaire pour les territoires palestiniens, a confirmé vendredi un porte-parole de l’exécutif européen, Louis Michel. Pour éviter tout contact au niveau politique avec le gouvernement du Hamas, l’Union européenne cherche aussi à rediriger son aide vers les services du président palestinien.

Israël examine secrètement

Alors que les Palestiniens sont occupés par leur lutte intestine et leur crise pécuniaire, Israël en profite pour procéder à des retraits unilatéralaux. Des officiels israéliens examinent secrètement l’aspect juridique du plan de retraits unilatéraux de Cisjordanie du premier ministre Ehud Olmert, a indiqué lundi le journal israélien Haaretz.

Ces officiels de haut rang représentant divers ministères ont été nommés par l’ex-premier ministre Ariel Sharon et sont à l’œuvre depuis six mois dans le cadre d’un comité interministériel, a précisé le quotidien qui cite des sources gouvernementales à Jérusalem.

Cette équipe a notamment pour tâche d’évaluer les coûts d’application du plan des retraits de Cisjordanie et des démantèlements de colonies isolées, ainsi que les moyens d’obtenir un soutien international à ce projet.

Toujours de même source, M. Olmert — dont le nouveau cabinet a tenu dimanche sa première séance — a prévu de discuter cette semaine avec ses principaux ministres de ce plan de retrait et des relations israélo-palestiniennes, en vue de sa rencontre, le 23 mai à la Maison Blanche, avec le président américain George W. Bush. L’objectif de la visite est d’obtenir un soutien américain à son plan de retrait partiel en Cisjordanie et de maintien de blocs de colonies, après avoir obtenu l’investiture de la Knesset.

Selon son programme gouvernemental, M. Olmert ambitionne de fixer, d’ici à 2010, les frontières permanentes d’Israël, avec ou sans l’accord des Palestiniens.

Rania Adel

Retour au sommaire

 




Equipe du journal électronique:
Equipe éditoriale: Névine Kamel- Howaïda Salah - Chourouq Chimy
Assistants techniques: Karim Farouk - Dalia Gabr
Webmaster: Samah Ziad

Droits de reproduction et de diffusion réservés. © AL-AHRAM Hebdo
Usage strictement personnel.
L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la Licence

de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.